Le " paquet fiscal " de la nouvelle majorité, c' est 15 milliards d' euros qui ciblent les riches et les catégories sociales les plus aisées de notre pays.
" J’ai résisté ici à la tentation de décrire l’inconnu. En revanche, on peut savoir si une politique est salutaire ou nocive.
Rien n’indique, notamment, que des réductions d’impôts comme celles qui ont été préconisées et décidées ces derniers temps aient un effet positif sur la récession. On a supposé que l’investissement, la production et l’emploi seraient stimulés par le supplément de revenus après impôt ainsi promis aux entreprises, à leurs directeurs et aux actionnaires financièrement bien lotis, sous la forme d’un allégement de la ponction fiscale sur les dividendes touchés par les riches. Tous les directeurs sont convaincus, comme les économistes, qu’un afflux d’argent chez eux sert l’intérêt général. Mais rien ne prouve que ces sommes offertes aux cadres supérieurs prospères auront un effet positif – qu’elles seront dépensées. Pour cette petite élite, la réduction d’impôts accroît des revenus déjà plus que substantiels. Et trop c’est trop, même pour les riches. Impossible d’être sûr que les revenus supplémentaires dus à la réduction d’impôts seront réellement dépensés. La mesure risque donc de n’avoir aucun effet....................( pages 84,85 ) "
Dans le monde économique, il y a des idées bien établies, qui peuvent soutenir une politique, soit positive, soit négative. Combattre la
récession exige de maintenir le pouvoir d’achat, en particulier des nécessiteux qui dépenseront leur argent. L’effet est assuré, mais on répugne à cette solution, assimilée à de la compassion
inefficace. Or, ce qui est inefficace, ce sont les mesures profitant aux cadres supérieurs. Ces catégories socialement influentes bénéficieront le plus souvent d’avantages financiers sous forme
d’allègement d’impôts. En l’absence de besoins, ces sommes ne seront pas forcément dépensées. On refuse aux nécessiteux l’argent qu’ils dépenseraient sûrement, on accorde aux riches un revenu
qu’ils risquent d’épargner. ( page 86)......
Ainsi s' exprime J.K. GALBRAITH, célèbre économiste américain dans un corrosif essai publié en 2004
" Les mensonges de l' économie " ( Grasset ) à propos de la politique économique de G.W. BUSH.
L' intérêt économique, ajoute t il, a été souvent aux antipodes de la politique économique.
L' alignement "atlantiste " s' est révélé sur la question irakienne avec les déclarations bellicistes du rallié B. BUSHNER ( de la guerre ), précédées de la hot-dog Party de
Wolfboro.
On apprécie ici à quel point le modèle américain dans son déclinaison conservatrice est au coeur du projet sarkozyste pour la France. Avec ou sans BUSH. Base des Prés du Hem, Armentières, Mosaïc ; Jardin des Cultures, friches industrielles, Ugine Kulhmann,
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En 2002, on attendait Malek Boutih, président de SOS Racisme, comme secrétaire d’Etat d’un gouvernement de droite. Après avoir longuement hésité, il n’avait refusé que d’un « chouia », car Monsieur voulait un ministère et pas un simple secrétariat d’Etat, le PS surenchérissant sur l’offre droitière en le cooptant du jour au lendemain au secrétariat national du parti « aux questions de société ».
C’est donc finalement une autre « créature exotique » de Julien Dray (porte parole du PS), Fadéla Amara, présidente des « Ni putes ni soumises », qui fait son entrée, en 2007, dans le 2ème gouvernement de l’ère Sarkozy. A croire, qu’aujourd’hui, la politique de la diversité pratiquée par la direction du Parti socialiste consiste principalement à former des « Beurs sur-mesure » pour le compte de la droite. Le PS, « université sécuritaire » pour Beurs et Beurettes en mal de notoriété ?
Une évolution de carrière somme toute logique quand on sait que SOS Racisme et les NPS ont contribué à légitimer ces dernières années un discours catastrophiste et islamophobe sur les banlieues, en totale harmonie avec la rhétorique sécuritaire de Nicolas Sarkozy. Pour comprendre, cette nomination « surprise » - qui, en réalité, n’en est pas une, - la rédaction de Oumma.com a choisi de publier un extrait de l’ouvrage d’Aziz Zemouri et Vincent Geisser, Marianne & Allah, La Découverte, 2007, qui aborde précisément le « cas Fadéla Amara ».
Les créatures exotiques de « Juju » : des antidotes laïques pour « banlieues islamiques »
Malek Boutih, entré à SOS-Racisme dès sa création en 1984, en devient président en 1999 (jusqu’en 2003). Fadéla Amara, l’une de ses proches, est élue à la tête de la Fédération nationale des maisons des potes (FNDMP) la même année. En avril 2003, cette dernière lance officiellement le mouvement des « femmes de quartiers » sous l’intitulé « Ni putes ni soumises ».
En juin, Malek Boutih est nommé secrétaire national du PS chargé des questions de société. Mais au-delà de la similarité des trajectoires et de leurs liens personnels – qui ne présentent guère d’intérêt pour notre analyse –, les deux leaders associatifs sont emblématiques d’une évolution sécuritaire de certains « Beurs socialistes », qui vont être conduits progressivement à instrumentaliser la question de l’islamisation des banlieues à la fois comme cheval de bataille associatif et comme ressource de légitimité individuelle auprès des pouvoirs publics[1].
Dès lors, les deux « protégés beurs du PS » adopteront une posture qu’ils sauront faire fructifier : se présenter comme des « musulmans modérés » – aucun des deux ne déclare d’ailleurs ouvertement son agnosticisme ou son athéisme – pour mieux faire passer leur vision caricaturale et anxiogène de l’activisme musulman dans les quartiers populaires.
Leur discours a d’autant plus de portée auprès des instances dirigeantes du PS qu’ils se présentent comme des « enfants des banlieues », ayant directement vécu la montée de l’islamisme et ses effets ravageurs sur la jeunesse issue de l’immigration – à l’instar de ces élites indigènes sous l’Algérie française qui prétendaient « mieux connaître » leurs coreligionnaires musulmans. Cette problématique de la supériorité-intimité ne renvoie plus au complexe idéologique de l’instituteur socialiste face à son élève musulman, mais davantage à celui de l’indigène éclairé et émancipé par rapport à ses coreligionnaires obscurantistes : j’ai vécu, j’ai vu, je m’en suis sorti et, donc, je suis en droit de vous dire que… les islamistes sont en train de conquérir les banlieues de l’Hexagone.
Un sarkozysme de « gauche » : une vision sécuritaire des quartiers « impopulaires »
Il est vrai que, de manière complémentaire, Malek Boutih et Fadéla Amara ont largement contribué à diffuser et à légitimer dans les instances du PS et chez les sympathisants socialistes une représentation sécuritaire des banlieues françaises qui n’a plus rien à envier désormais aux discours de droite et d’extrême droite. Ainsi Malek Boutih, en mai 2002 : « Les violences, les chambres de torture dans les quartiers : on ne voit pas qu’on a affaire à des barbares, et non pas à de pauvres paumés. Je ne parle pas des adolescents qui traversent une période de trouble. Je parle de ceux qui font profession de leurs actes de barbarie, qui en vivent bien et qui sont assez structurés et intelligents pour jouer sur le sentiment de culpabilité des autorités. On n’a pas voulu voir que des petits Le Pen étaient en train de pousser dans les quartiers[2]. »
En pratique, le discours de SOS comme celui des NPNS aboutissent à renverser la hiérarchie des dangers pour la cohésion nationale et le modèle républicain : à leurs yeux, l’ennemi politique, ce n’est plus le Front national (composé finalement de « bons Français » égarés), mais d’abord les « islamistes » – il faut entendre par là l’UOIF et Tariq Ramadan. Le 6 février 1990, alors qu’il n’est encore que vice-président de SOS-Racisme, Malek Boutih déclare sur TF 1, dans l’émission ludique « Ciel mon mardi » : « L’extrême droite, en France et ailleurs, tous courants confondus, ne représente pas de quoi remplir une cabine téléphonique[3]. » Cécité ou stratégie politique ? Dix ans plus tard, Malek Boutih et Fadéla Amara récidivent en montrant que le « véritable fascisme » n’est pas celui que l’on croit (le FN, le MNR ou le mouvement de Philippe de Villiers), mais, en premier lieu, les « islamistes ».
On doit notamment à la présidente de NPNS le succès médiatique de la formule du « fascisme vert » pour désigner les nouveaux activistes musulmans dans les banlieues françaises et en particulier les filles portant le foulard islamique : « À propos du voile, affirme-t-elle en 2004, je peux définir trois catégories de femmes qui le portent. Il y a d’abord les filles qui le revêtent pour se protéger de la violence des cités. Il y a ensuite celles qui sont en crise d’adolescence et qui se cherchent une identité. Il y a enfin celles que je déteste : les soldates du fascisme vert, couleur de l’islam [souligné par nous]. Ce sont des femmes cultivées, diplômées et très structurées dans leur pensée. Elles sont des militantes de terrain efficaces, sillonnent les cités, vont chez les familles pour délivrer leur discours. Nous, on est en train de faire la même chose, on passe derrière[4] ! »
Ce reproche d’être « cultivées » adressé à de jeunes Françaises voilées peut apparaître comme contradictoire, sinon paradoxal, dans le discours des NPNS, qui prônent l’émancipation des filles des cités par l’école républicaine. Mais à y regarder de plus près, on retrouve là l’une des ambivalences fondamentales de la gestion indigène ou néo-indigène des « populations musulmanes » : l’émancipation ne peut se faire que selon des normes culturelles et idéologiques préalablement définies par le système dominant. La femme cultivée et universitaire, revendiquant pleinement sa foi et sa pratique musulmanes et, qui plus est, fréquentant régulièrement des organisations islamiques, ne peut être qu’une « rebelle », ou pire, une « apprentie terroriste ».
Vincent Geisser, AzizZemouri, Marianne & Allah. Les politiques francaiss face à la « question musulmane », La Découverte, 2007, p. 146-48.
Les Verts ont aujourd’hui quatre députés : François de Rugy à Nantes (52,03%), Yves Cochet (57,2%) et Martine Billard à Paris (54,25%), Noël Mamère 62,82%. Quatre Verts au second tour, autant d’élus. Une situation qui nous réjouit, mais qui n’empêche pas de nous demander : quid de la représentation d’une écologie politique toujours trop minoritaire pour être décisive ? Quid d’une gauche qui continue de parler de l’augmentation du pouvoir d’achat comme premier projet politique ? Sans parler d’une droite toute puissance qui a perdu, à la première secousse, son super-ministre à l’environnement...
En un mot, les Verts sont contents d’avoir un représentant de plus à l’assemblée nationale et de voir réélu-es ses député-es sortants. Ils en remercient leurs électeurs et électrices.
Ils sont rassurés de voir que la chambre bleu horizon n’est pas à l’ordre du jour et que la gauche est sortie renforcée de ces élections.
Mais il rappellent que la recomposition politique en cours, en particulier à gauche, ne pourra se faire sans la dimension écologiste, donc non productiviste au coeur de son projet, sous peine d’être tout à fait incapable de répondre aux enjeux du 21ème siècle indissolublement liés à l’urgence écologique.
Dans cet objectif, un scrutin proportionnel permettant une juste représentation des idées écologistes, pourra seul donner un nombre d’élu-es susceptibles de changer profondément notre fonctionnement et notre société pour un meilleur partage et respect des ressources naturelles, de lutter contre les lobbies destructeurs de notre démocratie et de notre planète, comme les Verts l’ont déjà fait à plusieurs reprises, et de mettre en oeuvre des politiques permettant une véritable autonomie de chacun-e.
Pour écouter l'interview : http://www.regards.fr/file/audio/jeangadrey.mp3
Il revient tout d'abord sur la période néolibérale de ces vingt dernières années, initiée par Reagan et Tatcher, et diffusée ensuite dans toute l'Europe. Les idées du néolibéralisme économique et financier ont influé sur Mitterand et ses premiers ministres, mais le tournant décisif est selon lui le gouvernement Jospin. Dès l'automne 1997, celui-ci se lance dans un programme de privatisations avec ses ministres de l'économie successifs (Strauskahn, Sauter et Fabius), qui ont réalisé un montant de vente d'actifs publics plus important que les différents gouvernements de droite auxquels ils ont succédé. Il pointe également les différentes baisses d'impôts à partir de 2000, qui ont profité à 70 % aux plus riches, ou le fait que 2000 fut la plus mauvaise année au niveau de la mise en chantier de logements sociaux depuis 1960. Tout ceci constituant « un glissement idéologique qui explique largement la catastrophe du 21 avril 2002 ».
Cercles d'influence et affaiblissement des contre-pouvoirs
Jean Gadrey* insiste sur le fait que cela n'est pas de la responsabilité de quelques acteurs. C'est un ensemble de réseaux d'influence, au niveau des médias, des économistes, des institutions, qui réussit « à convaicre la gauche de gouvernement qu'il n'existe pas d'alternatives aux politiques néolibérales, à quelques ajustements sociaux près ». Un réseau dans lequel les politiques de gauche finissent par adhérer, eux-mêmes faisant parti de la bourgeosie voire de la haute bourgeosie. Et cela est imputable au manque ou à l'affaiblissement de contre-pouvoirs syndicaux, associatifs ou citoyens. Dérégulations et privatisations deviennent alors inéluctables.
« Persistance des valeurs de gauche chez les militants »
On peut alors se poser la question : « ce glissement existe-t-il aussi à la base ? ». A quoi il répond : « j'ai toujours été frappé par la persistance des valeurs de gauche, fermement égalitaires, redistributives, chez les militants, les adhérents, souvent désorientés par leurs propres dirigeants ». Il y a une « coupure avec les élites, qui évoluent dans leurs réseaux sociaux, des « clubs » souvent liés à une fraction du grand patronat, avec une très forte influence d'une pensée économique unique produite par des cercles d'économistes". "Des gens qui tous appellent à la réforme à corps et à cris, faisant comme si il n'y avait qu'une seule réforme possible, dans le sens de la mondialisation libérale avec un léger accompagnement social et compassionel ». Ajoutant : « Et tout montre que cette réforme sociale-libérale est une réforme de classe en faveur des détenteurs de capitaux et des catégories les plus aisées ».
Développement humain, universalité des droits et biens communs
Au niveau du language, du vocabulaire employé, il pense qu'il est nécessaire d'utiliser de nouvelles expressions, et en même temps, de requalifier des concepts existants. Le capitalisme, par exemple, « existe bel et bien, mais il a changé, il est devenu ce capitalisme financier ». La bourgeosie "existe toujours comme classe sociale, et surtout la haute bourgeosie, la seule classe aujourd'hui vraiment « pure »". Il faut ensuite « une reformulation des mots clefs qui peuvent constituer l'identité d'un projet de gauche, comme le développement humain, l'universalité des droits, le bien commun, etc ». Il insiste également sur le fait que s'il y a un déficit de productions intellectuelles mobilisatrices, « tout ne doit pas venir de celles-ci, leur influence sera limitée si des collectifs décentralisés, liés aux mobilisations locales, ne s'en emparent pas ». Un nouveau projet de gauche devrait d'après lui « associer experts et non experts, élus et non élus, etc ». Un idée qui « ne fera pas forcément l'unanimité parmi les intellectuels de gauche »...
* Jean Gadrey est professeur d'économie à l'Université de Lille I et membre du Conseil Scientifique d’Attac. Il a participé à la création de l'indicateur des inégalités en France dit « BIP 40 » (contraction de l'inverse du sigle PIB et du CAC40).
Quelques livres récents :
Nouvelle économie, nouveau mythe ? ; suivi de Que reste t-il de la nouvelle économie ? Paris, éditions Flammarion, 2001
Emergence d'un modèle du service avec Philippe Zarifian, 2002
Socio-économie des services, 2003
Les nouveaux indicateurs de richesse, avec Florence Jany-Catrice, édition La Découverte, 2005
Pauvreté et inégalités : Ces créatures du néolibéralisme, Edition Fayard-Les Editions de minuit, 2006
En finir avec les inégalités, éditions Mango Littérature, 2006
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