LE PROJET DE CONCESSION POUR LE RESEAU DE CHALEUR
INTERVENTION AU CONSEIL MUNICIPAL DU 9 OCTOBRE 2008
Le contrat de délégation du service public pour l’exploitation du réseau de chaleur expire en 2009, après 40 ans de concession au même délégataire.
Après une telle durée et compte tenu des nouveaux enjeux en matière d’énergie et de réchauffement climatique, une remise à plat est donc salutaire, les enjeux sont très importants.
Un réseau de chaleur en milieu urbain dense peut avoir un grand intérêt écologique. Une ou un tout petit nombre de chaufferies performantes permet l’utilisation d’une énergie renouvelable à moindre coût, parfois difficile à mettre en œuvre en milieu urbain, un meilleur rendement énergétique, une meilleure maîtrise des rejets, en tout cas bien meilleur que dans des centaines de chaufferies dispersées et a fortiori des milliers d’installations individuelles. De gros avantages donc sous réserve bien sur que la distribution de la chaleur sans déperdition soit correctement maîtrisée.
L’enjeu social est aussi important car les ensembles collectifs de logements sociaux sont les clients naturels de ces réseaux, ce qui a une forte incidence sur les charges supportées par les locataires.
Enjeu pour la commune qui est aussi client pour ses équipements.
La délibération qui nous est proposée est le point de départ de la procédure, elle fixe cependant un cadre juridique, une délégation de service public par concession pour 24 ans, et quelques éléments d’un futur cahier des charges.
Ces éléments, le passage au gaz des 2 chaufferies actuellement au fioul lourd et la construction d’une chaufferie bois avec objectif de plus de 60 % d’énergie renouvelable, apparaissent positifs et nous y reconnaissons l’opiniatre obstination dont Denise Bouchez a fait preuve pendant le précédent mandat.
Nous aurions cependant apprécié des développements plus précis.
Les arguments en faveur de la concession nous semblent par ailleurs plus fatalistes que véritablement dynamiques.
La commune n’a pas la technicité, évidemment à force de déléguer au privé, on perd une technicité et on ne risque pas de la retrouver en persistant, le manque de moyens financiers, et de toutes façons, toutes les communes font pareil.
Nous espérons que les négociateurs ne se montreront pas aussi fatalistes devant les arguments des sociétés de ce secteur qui sont généralement des filiales des gros distributeurs d’énergie fossile.
Le problème avec ces contrats, c’est qu’ils sont longs. En 24 ans, on est déjà certain qu’il y aura de très fortes évolutions sur le coût des énergies, on peut aussi espérer des progrès en capacités techniques, rappelons que le soleil et le vent sont renouvelables et gratuits pour qui sait s’en servir, ainsi que dans la diminution des besoins avec des bâtiments plus sobres et même passifs. Il serait souhaitable de ne pas être muet sur ces évolutions futures et de poser quelques exigences en matière d’adaptabilité.
Enfin, les consultations du Comité Technique Paritaire et de la Commission Consultative des Services Publics ont été régulièrement et formellement faites, certes.
Mais sur un objet qui engage pour si longtemps, 24 ans, avec des conséquences si importantes tant au niveau global, l’empreinte écologique d’une ville de 100 000 habitants n’est pas négligeable, qu’au niveau local sur la vie quotidienne et les finances de bien de nos concitoyens, nous nous permettons de suggérer qu’il soit pris les moyens de l’information et de la transparence sur ce dossier.
Au final, nous estimons à ce jour que nous ne disposons pas d’un dossier suffisamment précis pour nous engager. Nous ne participerons pas au vote.
Christian CARLIER
9 octobre 2008
LE MUSEE DANS LE RAPPORT DE LA CHAMBRE REGIONALE DES COMPTES
INTERVENTION AU CONSEIL MUNICIPAL DU 9 OCTOBRE 2008
Le rapport d’observations définitives de la Chambre Régionale des Comptes devrait être un document précieux pour tout citoyen attentif à la vie de sa commune. Car c’est finalement le seul audit fait par une autorité extérieure qui a obligation à être régulièrement rendu public.
Ce rapport aborde bien des sujets et il ne serait pas raisonnable de vouloir les traiter tous ce soir, conseillons donc au citoyen attentif de ne pas oublier son existence après ce conseil.
Je voudrais quand à moi, souligner quelques unes de ses remarques sur le musée.
La chambre souligne bien évidemment son succès et ses réussites et je m’en réjouis, des succès et du constat de la chambre.
Elle signale aussi, elle est là dans son rôle, un certain nombre de désordres sur les quels je ne m’étendrai pas, je n’ai pas de raison de douter qu’il y sera remédié rapidement si cela n’a pas déjà été fait.
Plusieurs points méritent cependant un questionnement plus politique.
La chambre nous produit un ratio qui n’est pas sans intérêt, le coût final par visiteur. Ce ratio qui était de 5 euros en 2002 se dégrade constamment depuis, à l’exception de l’année 2004 dont la fréquentation a été dopée par l’exposition Picasso dans le cadre de Lille 2004, pour atteindre 16 euros en 2006.
La chambre souligne que la fréquentation semble liée à l’importance et la variété des expositions temporaires et insiste sur cette programmation dynamique. Chacun sait que cet effort s’est poursuivi après 2006 puisque 2007 a vu d’importantes expositions et que pas moins de 6 expositions temporaires simultanées sont programmées pour la saison qui commence la semaine prochaine.
Des explications à cette dégradation, il peut en avoir de vertueuses comme les entrées gratuites, les activités hors visite, voir hors murs.
Mais on peut s’inquiéter sur la spirale qui se dessine et de ses conséquences. Dans la concurrence entre les musées et les expositions spectacle, la fréquentation doit être maintenue, à grands frais, point d’interrogation, par une ambitieuse politique d’expositions temporaires.
La question finira par se poser : jusqu’à quand Roubaix pourra t il suivre ?
D’autant plus que la chambre remarque que les horaires d’ouverture pourraient, devraient ?, être élargis et l’encadrement renforcé. On imagine bien que l’éventuelle correction de ces insuffisances aura un coût.
La chambre constate d’autre part à plusieurs reprises et avec une malicieuse insistance que le fonds textile était la principale raison d’être du musée et la priorité du projet scientifique initial de 1995, elle souligne le retard pris dans l’exploitation et la valorisation de ce fonds textile dont la mise en valeur reste à faire.
Il est vrai que le musée s’est découvert depuis une forte légitimité dans la sculpture, on y reviendra, mais le non-respect de cet objectif initial laisse à penser.
Enfin, la chambre souligne que la commune n’a pas fixé d’objectif particulier, ni arrêté d’indicateur de nature à informer l’assemblée délibérante sur le fonctionnement du musée.
Si on comprend bien, la chambre semble donc penser qu’il ne serait pas inopportun que le conseil puisse débattre de la vie des grands équipements culturels de la commune et peut être pourquoi pas finalement, des enjeux de la politique culturelle de la ville et de ses effets.
Effectivement, ce serait bien.
Dans votre réponse, monsieur le Maire, vous annoncez pour novembre 2008 un projet stratégique global pour le musée avec la sculpture en priorité, ce qui est une façon de légitimer à postériori cette initiative malencontreuse, manifestement pas suffisamment réfléchie et qui apparaît de plus en plus comme une erreur politique, à savoir ce fameux «musée Bouchard » qui a été récemment consacré dans la presse comme priorité du mandat à venir.
Nous les Verts, nous n’avons aucune hostilité pour le musée, ni bien sur pour ceux qui l’animent.
Et c’est bien parce que son développement solidaire et raisonnable, son développement durable en quelque sorte, nous importe, que nous pensons qu’il mérite des choix judicieux appuyés sur une réflexion disons, plus collective.
Nous avons à Roubaix des ressources limitées, nous avons par contre de gros besoins, dans tous les domaines, nous avons aussi de lourdes obligations, un patrimoine à préserver et à valoriser, et bien heureusement aussi des richesses à faire partager, et je pense dans le domaine des arts plastiques à l’œuvre de ce que l’on appelle le groupe de Roubaix, et nous devons aussi encourager les créateurs d’aujourd’hui et de demain.
Il faudra bien un moment faire des choix.
« Grandeur et décadence d’un artiste officiel de le IIIème république » cela peut être le sujet d’une passionnante monographie mais cela ne justifie pas un musée permanent à Roubaix aux frais des roubaisiens.
Christian CARLIER
9/10/2008
« Nous nous étonnons qu’il soit donné une place aussi importante et aussi singulière à un artiste au sujet duquel nous apprenons qu’il a été l’un des rares artistes ayant été interdit d’enseignement dans les écoles de l’état après la guerre par un arrêté du 22 janvier 1945 ; cette interdiction semble avoir été motivée du fait de son attitude affichée de collaboration dite artistique jusqu’à la fin de la guerre, comme l’atteste un article de sa part sur Arno Brecker dans la revue Illustration de février 1942 et un rapport du 30 juin 1944 de la Propaganda Abteilung »
On lira avec intérêt cet extrait d'' un article publié sur le site Yad Vashem France qui apporte un éclairage supplémentaire sur une
décision lamentable pour notre ville que d' aucuns n' ont pas hésité à considérer qu' elle relevait d' un état d' esprit " révisionniste "
..........................Dans une étude publiée au Seuil sous le titre : "L'art de la
défaite. 1940-1944", Laurence Bertrand Dorléac, elle, n'avait pas laissé Henri Bouchard dans l'ombre et le flou artistique.
Au contraire, elle y précisait la personnalité de ce sculpteur et son comportement sous la double férule de Vichy et des occupants. Une (re) lecture s'impose pour retrouver les hommes et les faits qui ont marqué cette époque où d'aucuns perdirent toute dignité devant les uniformes allemands.
Interrogée sur l'article de Clarisse Fabre publié dans "Le Monde", Mme Bertrand Dorléac ne se range pas derrière les suspicions des Amis du Musée relayées par "La Voix du Nord" (chercher à nuire à un nouveau Musée). Pour ce blog, elle commente :
- "A vrai dire, je n'ai vraiment rien à ajouter. L'article du Monde ne fait pas état de la participation du sculpteur au groupe Collaboration mais pour le reste, il résume bien la situation."
Car effectivement, Henri Bouchard était membre d'un groupement au nom devenu synonyme de bassesse devant l'occupant : "Collaboration". Fondé fin 1940 par Alphonse de Châteaubriand, ce groupe fut autorisé début 1941 par Otto Abetz .
Contrairement à ce qui se dit et s'écrit actuellement à Roubaix, la "collaboration" de ce groupe ne fut pas "uniquement artistique". Comme le prouvent ses statuts, cette "collaboration" se voulait pleinement idéologique :
- "1. Pour rassembler les Français de bonne volonté qui souhaitent sincèrement établir une France nouvelle dans une Europe nouvelle ;
2. Pour réaliser ce dessein tel qu'il a été exposé dans les divers messages du maréchal Pétain ;
3. Pour soutenir la politique extérieure et intérieure de la France telle qu'elle a été définie par le Message du Chef de l'Etat du jeudi 10 octobre 1940, et au besoin pour le défendre ;
4. Pour établir dans les rapports franco-allemands cet esprit de collaboration tel qu'il a été défini et préconisé par l'entrevue de Montoire et pour mieux faire connaître aux Français l'Allemagne réelle."
A Roubaix, ce sculpteur va bénéficier d'une reconnaissance et d'une mise en valeur dans une nouvelle aile. Comme trop souvent, d'une part s'accumulent les discours appelant au "devoir de mémoire", à la nécessité de ne pas "banaliser" l'occupation et ses zones d'ombres... tandis que d'autre part, les faits contredisent voire trahissent concrètement ces intentions publiques.....................
Hommelet sports culture, un champion encombrant ?dimanche 06.07.2008, 05:37 - La Voix du Nord L'équipe première d'Hommelet sports culture sera, dès la reprise des championnats de football, la mieux classée de toutes les équipes roubaisiennes dans les hiérarchies régionale et nationale. Pourtant, l'OMS (office municipal des sports) refuse toujours d'accueillir HSC en son sein. Injustice ? Frilosité ? Ou difficultés de compréhension ? PAR OLIVIER HENNION Cette fois, ça y est : Hommelet sports culture culmine au sommet du football roubaisien. Son accession en division d'honneur régionale, le club d'André Lazaoui l'a obtenue au titre de meilleur deuxième de promotion d'honneur régionale. Suffisant pour laisser derrière les deux rivaux roubaisiens, Barbe d'or et le SCO, qui restent en promotion. « Pourtant, nous ne sommes toujours pas reconnus en qualité de club sportif de haut niveau puisqu'on n'est pas à l'OMS ».
L'office municipal des sports serait-il allergique au succès d'HSC ? Non, d'après Henri Planckaert, adjoint aux sports mais il
faut d'abord qu'HSC renonce à sa « polyvalence ». Club sportif, association culturelle, centre d'aide aux devoirs, organisateur d'événements et même lobby politique
proche des Verts, l'association-phare de l'Hommelet est « touche à tout » et le revendique. « On a toujours agi en fonction des demandes des habitants : du sport,
de la culture, de l'aide aux devoirs, de l'accueil des jeunes... On nous reproche de faire trop de choses, mais qui les fera si nous recentrons davantage nos actions sur le foot
? » Surtout, les succès d'Hommelet sports culture et cette façon de mélanger beaucoup de domaines de compétences agacent la concurrence : le SCO, club « historique » de
Roubaix, en quête de son lustre passé accepte très mal l'avènement d'un club qualifié de « communautariste ». Une critique récemment reprise en conseil municipal par l'UMP
Max-André Pick. « On accueille tout le monde, on est tout sauf communautariste », s'amuse André Lazaoui qui cite, en contrepoint, les clubs portugais ou italiens qui fleurissent à Roubaix sans que personne y trouve à redire. « S'il faut scinder l'association en deux, ou même changer de nom pour être plus fédérateurs, nous y sommes prêts » affirme André Lazaoui. Parce qu'il faut reconnaître qu'une ville de 100 000 habitants dont le meilleur club de foot n'est pas reconnu comme association sportive, ça fait un peu désordre. • |
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Intervention sur :
Le plan local d'application de la charte locale nationale d'insertion;
La loi est parfois nécessaire pour obliger à avancer dans des domaines essentiels, la parité en est exemple, l’accès à l’emploi un autre. C’est l’exemple qui nous est présenté ici à travers un principe aussi louable que celui qui conduit à cette charte d’insertion.
Cette délibération appelle néanmoins un certain nombre de remarques :
Le nombre de bénéficiaires du dispositif :
Il est dommage que cette charte ne s’applique qu’à une proportion infime des demandeurs d’emploi Roubaisiens. Bien que le chiffre mentionné de 155 343 heures d’insertion soit assez impressionnant au final il n’y a que 17 personnes en équivalents temps plein ou 30 personnes en CAE par an qui pourront bénéficier des mesures de cette charte.
Elle ne concerne que 0,1 pour cent des demandeurs d’emploi roubaisiens (pour mémoire la ville de Roubaix compte 11 183 demandeurs d’emploi).
La charte reprend le minimum demandé par l’ANRU. : un nombre d’heure de travail en insertion lié au montant total des marchés de travaux.
Nous pouvons aller plus loin et, dans les critères de choix des entreprises, favoriser celles qui prévoient encore plus d’heures d’insertion.
Information sur le dispositif :
Cette charte prévoit un plan important de « mobilisation des publics et des intermédiaires de l’emploi » par le biais de différentes réunions et outils de communication.
Au regard du nombre de personne visées par le dispositif ne faut-il pas prendre garde au risque de sur-informer et de créer beaucoup d'attentes et déceptions auprès des Roubaisiens. Souvenons nous des espoirs déçus de l'installation de l'usine Camaïeu dont on annonçait la création de 1000 emplois pour les quartiers. Le bilan de cette entreprise citoyenne est aujourd’hui extrêmement mitigé.
Lourdeur du dispositif :
Le plan d'accompagnement proposé organise essentiellement des systèmes d'information et de coordination entre les multiples acteurs, c'est peut-être nécessaire, mais ne pensez vous pas que la lourdeur du dispositif ne soit préjudiciable au résultat poursuivi qui est la remise à l’emploi de 17 personnes.
La problématique de l’emploi :
Ce dispositif ne touche pas le fond du problème, problématique qui est indiquée sur votre rapport à savoir « le paradoxe de l’existence simultanée d’un taux de chômage anormal et des tensions fortes sur les métiers où de nombreux postes de travail ne sont pas pourvus tels que le bâtiment et l’hôtellerie restauration ».
Nous savons que le bâtiment recrute et ne trouve pas de main d'oeuvre. Le problème n'est pas tant l'absence d'emplois que les moyens et
les méthodes de médiation à l'emploi pour, avec les entreprises, construire des emplois durables et lever les critères de discriminations à l'embauche qui touchent en premier lieu les
roubaisiens.
L'immense majorité des demandeurs d'emploi y compris de longue durée ou au RMI est employable s'ils peuvent bénéficier d'un accompagnement qui redonne confiance, c'est à dire qui les mette directement en contact avec plusieurs offres d'emploi, qui assure un rôle d'interprète auprès du futur employeur, qui ne soit pas dans le contrôle, la dévalorisation et la stigmatisation (vous êtes sous qualifiés, pas assez mobile, en insertion etc...).
Aujourd’hui cette charte ne nous donne aucun gage sur la remise à l’emploi de manière durable de ces personnes mais ouvre un espoir. La charte précise que « l’entreprise s’engage à établir un bilan qualitatif et quantitatif de l’opération et à apporter un avis sur les possibilités d’évaluation professionnelle des personnes concernées ».
Aucune garantie sur la pérennisation de tel ou tel poste ou mission n’est assurée par cette charte.
Comment opère-t-on cette transformation globale et fondamentale de nos dispositifs d'insertion?
Quels moyens et outils supplémentaires donne-t-on aux agents d'insertion pour redynamiser l'accompagnement et la médiation à l'emploi? Ce débat doit être central dans une ville comme la nôtre et ne peut se résumer à la délibération qui nous est proposée ce soir.
Avec l'ensemble des forces sociale, politiques et les acteurs de la société civile il nous faut construire une nouvelle stratégie, un nouveau plan d'action qui soit à la hauteur des attentes des roubaisiens...
Pour les prémisses d’avancée sociale nous voterons cette délibération.
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