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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 11:57

C’est  ROUBAIX que les VERTS ont choisi pour l’accent final de leur campagne législative. Et c’est avec grand plaisir que nous accueillons nos leaders nationaux et européens, aux côtés des habitants et des militants de cette ville à l’histoire édifiante.

Ici aussi, c’est la ville des gens qui se lèvent tôt :

-         tôt parce que certains ont un emploi, loin, avec transport

-          tôt parce que d’autres n’ont pas d’emploi, donc beaucoup de travail ; c’est énorme le travail qu’il faut fournir pour s’en sortir sans emploi.

-         tôt parce que toute la nuit a été prise de tête à ressasser les injustices

-         ou tôt parce qu’il y en a marre de dormir dans la même pièce avec les petits.

C’est là que je suis née, dans l’usine textile MOTTE-BOSSUT, et c’est là que je trouve mes forces, même quand nous essuyons des revers, parce que ce qui se vit ici donne aussi à comprendre le monde.

 

UNE HISTOIRE

 

Dans la ville aux mille cheminées, en 1880, on évoque des ouvriers « suffoqués de misère » et des « immigrés dans les quartiers les plus déshérités, isolés par leur statut et leur ignorance de la langue ».

Au Centre des Archives du Monde du Travail, on peut lire les contrats « de gré à gré » où le patron fixait librement le salaire, avec un livret de l’ouvrier contrôlé par le commissaire de police, avec les déplacements antérieurs. FILLON aimerait qu’on en revienne au contrat de gré à gré.

 

On peut aussi y voir des règlements de filature de 1837 : « pour les enfants de 6 ans, l’entrée se fait à 5 h 30 et la sortie à 19 h 30 ». DASSAULT veut abaisser l’âge d’entrée dans l’emploi.

 

Comment s’étonner de voir un tisserand licencié, Henri CARETTE, devenir maire de ROUBAIX en 1892 ?

 

Au rythme des grèves, et aussi du paternalisme des rouges patrons chrétiens, c’est ici que l’on vit un projet de loi sur les accidents du travail en 1890,

 

-les premiers « secours mutuels »

-des crèches, des indemnités compensatoires du chômage ou de la maladie.

Xavier BERTRAND rêve d’en finir avec la sécu

 

Alors en 1911 la Chambre de Commerce s’exprima :

-         non aux retraites ouvrières

-         -non à la suppression des amendes

-         -non à la réduction de l’horaire de la journée

-         -non au congé du samedi après-midi.

Presque du PARISOT.

 

Un patron entra en politique Eugène MOTTE, et malgré les acquis de gauche, il fut élu.

 Un historien dit :

 «il s’imposa par son parler imagé, directement compris par un public populaire »… à qui il proposa :

-         l’allègement de la fiscalité

-         le réveil des valeurs patriotiques ( en pleine période Dreyfus)

-         des mesures de crédit pour l’accession à la propriété du milieu ouvrier…

 

du SARKOZY dans le texte…

 

Il s’opposa en revanche au Ministre BRIAND estimant « qu’il n’y avait pas besoin de réglementer les conventions collectives, pour que les chefs d’industrie conscients de leur responsabilité obéissent à ce grand mouvement de solidarité qui entraîne le monde moderne »

 

 on dirait du DEVEIDJAN.

 

 

Un autre grand  patron, Jean PROUVOST, de l’entreprise la LAINIERE, trouva opportun d’avoir des liaisons étroites avec la presse :

 Il fonda PARIS SOIR, avec beaucoup d’images et de sensationnel : on dirait du TF1, ou un directeur de campagne UMP passant à TF1.

 

Jean PROUVOST devint HAUT COMMISSAIRE à l’information sous PETAIN et participa à la charte de VICHY sur l’interdiction du pluralisme syndical…

 

 

Ces petits exemples ne relèvent pas d’un logiciel dépassé, ils sont notre histoire : la relire nous donne des outils pour comprendre le présent, et dans un monde en pleine mutation, mesurer combien les propositions du Président et du futur gouvernement sont éculées. Plus d’un siècle de retard : le projet de SARKOZY était écrit dès 1910.

 

A nous, les VERTS, de ne pas tomber dans le panneau : il nous faut démasquer cette dérive rétrograde, même parée des plumes de la modernité. Et le rôle de la gauche n’est pas de  toiletter une organisation sociale et économique injuste en confectionnant quelques pare-feux.

C’est quoi ROUBAIX avec moitié moins de pétrole ? C’est quoi les AUCHAN sans énergie pour les camions des fournisseurs, les voitures des clients et les KW des congélateurs ? C’est quoi les Trois Ponts en hiver sans chauffage ?

Mais c’est quoi un atelier qui revit parce que la confection n’arrive plus de Chine. C’est quoi la formation des jeunes pour toutes les embauches de l’isolation du bâti ? C’est quoi le réveil de marchés locaux avec des producteurs bios de préférence ?

Les VERTS font le choix du futur : ils s’inscrivent avec les gens dans de nouvelles formes de lutte et d’imagination pour demain, plutôt que dans un retour vers le passé.

 

NOUS SOMMES ICI DANS UN CREUSET

 

Tous les défis sont présents : la rénovation urbaine, les mémoires croisées, la nature malmenée, les usines qui ferment, les rares embauches noircies par la discrimination.

 

Le CENTRE s’est ici essayé à la pondération de la férocité du libéralisme : André DILIGENT  fut un maire apprécié par sa proximité, et sa prise en considération de la mixité culturelle de sa ville : il disait : « je ne le verrai peut-être pas, mais je sais qu’un jour le maire de ROUBAIX sera le fils d’une famille de l’immigration »… et il me disait avec malice «  mais il ne faudrait quand même pas que SLIMANE croit que ce sera lui ! ».

 

Ce centre attentif à tous restait néanmoins imperturbablement dans le camp de la droite, des chefs d’entreprises plus ou moins paternalistes, des investissements bâtis plutôt que des associations de quartier indépendantes.

 

Les élus verts de ROUBAIX s’exercent au travail municipal commun avec son successeur, passé du CENTRE au PS, mais mesurent chaque jour que leurs projets sont soit arrachés de haute lutte, soit concédés : l’écologie politique n’a pas encore la place que l’état de la planète exige.

Tout comme SLIMANE engagé de longue date pour l’environnement, le social et la démocratie, doit gagner ses voix unes à unes dans un espace à gauche où la voie n’est pas libérée.

Cette fois-ci nous partons donc sous nos seules couleurs, mais nous avons de quoi prouver aux électeurs qu’il y a matière à nous soutenir.

 

Les Roubaisiens attachés à leur canal de tout temps (ici, contrairement à LILLE on n’a pas recouvert les voies d’eau) reprennent espoir de le retrouver navigable, élément phare de la reconquête des trames vertes,  des espaces sensibles, des espaces à vivre sans voitures, avec la famille, quels que soient le niveau de vie.

 

Président de l’Espace Naturel Métropolitain, SLIMANE s’est attaqué à la friche KUHLMANN, a réinscrit le mythique PARC BARBIEUX, joli leg d’une famille du patronat textile dans un maillage cohérent de milieux riches en flore en faune, et accueillants aux promeneurs, tandis que l’on rêve de revisiter le béton d’un boulevard, d’un parc à l’autre.

 

Mais de ces réalisations, c’est à la méthode qu’il faut le plus porter attention :

 

C’est ici que Paul DESTAILLEUR, syndicaliste historique a créé le GADE, groupement d’action pour les demandeurs d’emploi, lieu de paroles, de revendications, mais aussi de proposition dans ce bassin d’emploi durement touché : je pense par exemple à cette idée de contrat social, mentionnant au passage le service public de l’ANPE et ce n’est pas du luxe, puisque nous sommes terre d’expériences douteuses de privatisation de l’accueil et du placement de chômeurs triés sur le volet, moyennant de fortes sommes d’argent public englouties par un cabinet privé.

 

Ici les Verts causent, discutent, entendent, modifient leurs plans, infléchissent leurs projets et les enrichissent parce que Pierre, Mauricette, Khadidja, ou Mohamed leur ont dit que telle heure pour l’ouverture de la salle ne leur convenait pas, que tel aménagement était dangereux pour les enfants, ou que l’on pourrait en profiter pour réaliser tel cheminement sous les arbres

 

Ce creuset exceptionnel qu’est ROUBAIX, dans la fête comme dans les luttes, au café un soir de braderie, ou au tribunal quand les salariés amiantés gagnent contre ALSTHÖM, ce creuset nous a donné un candidat vert et de chez nous, actif et porteur de toute cette diversité et de toute cette richesse et je demande à ma ville de cœur, au nom aussi de tout le travail fait avec ses acteurs quand nous avions la Présidence de la Région de voter pour lui dimanche.

Parce quand on lui dit ECOLOGIE, il dit EFFICACE, il dit POPULAIRE

          quand on lui dit DIVERSITE, il dit RICHESSE

          quand on lui dit mandat, il dit UNIQUE, pour une obligation de résultat,

 

          Et moi quand me dit communautarisme, je dis « pas chez mes amis»,

 

En revanche il y a un endroit à PARIS, qui m’inquiète : s’y regroupent des individus très, très majoritairement masculins, clairs de peau, dont les agissements sous la houlette d’un seul mentor sont quasi unanimes, qui plus est dangereux pour la France, c’est l’ASSEMBLEE NATIONALE.

 

 

Alors je vous propose de la verdir et de la métisser.  

 

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