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18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 01:56

Nord Eclair - 14/03/2008

Les candidats en débat face à Nord éclair

 Certes, il y a des divergences de vue entre les trois finalistes de l'élection municipale. René Vandierendonck, Max-André Pick et Slimane Tir, finalistes du second tour, ont répondu aux questions des journalistes de Nord éclair dans un débat, exclusif, animé par Jean-René Lore, rédacteur en chef.


CHRISTELLE JEUDY ET LA RÉDACTION > 

Dans quel état d'esprit êtes-vous à J - 2 du second tour ? Quel bilan tirez-vous de la campagne ?
René Vandierendonck >> L'équipe est fortement mobilisée pour mener un combat démocratique au porte à porte, sur la base d'un programme sur lequel on s'est beaucoup investi. Il n'y a pas eu d'incident de campagne notoire, je m'en félicite. Ce qui nous déçoit en revanche c'est le fort taux d'abstention. Je crois qu'il est imputable à la désillusion née du lendemain de l'élection présidentielle, à la diminution du pouvoir d'achat. Beaucoup de Roubaisiens sont tellement ballottés par la vie qu'ils ont d'autres préoccupations que d'aller voter. Nous avons le secret espoir d'une meilleure participation.
Slimane Tir >> Nous sommes déterminés et confiants. On a fait une belle campagne de contenu, pour convaincre sur un programme clair, précis, chiffré correspondant à ce qu'attendent les Roubaisiens. 82 % d'entre eux veulent le changement . L'abstention est une catastrophe démocratique et c'est dû au chômage, à la précarité, à la discrimination. Il y a d'un côté les intégrés qui votent et les exclus qui s'abstiennent. Mais refuser de voter c'est aussi réclamer un changement de politique municipale. Qu'est devenu l'idéal de démocratie participative dans la ville qui a inventé les comités de quartier ?
Max-André Pick >> L'équipe s'est remobilisée après la déception de dimanche et nous sommes très déterminés, avec l'espoir de voir notre score progresser sensiblement. Mais il faut convaincre ceux qui veulent le changement d'aller voter, ce qui n'est pas évident en raison de l'extrême paupérisation de la population. Une population au bout du rouleau, pour qui les politiques sont tous les mêmes. Il y a un désenchantement envers les politiques, des promesses ont été faites et non tenues. Dommage aussi que l'on nationalise le débat pour faire reculer la discussion locale. Et où est l'idéal roubaisien de faire intervenir les habitants ?

Vos premières mesures si vous êtes élu dimanche ?
R.V. >> Préparer le 3e tour à la présidence de la communauté urbaine et veiller à ce qu'elle exerce sa compétence sur l'habitat ; qu'elle s'implique plus fortement dans un grand plan d'insertion par l'économie et sur les conditions d'accès à l'emploi. Une fois le conseil municipal élu, le programme sera mis en oeuvre mais le budget devra être réexaminé car l'État vient de réduire d'1 million d'E la dotation de solidarité urbaine.
S.T. >> Mettre en place un grand plan de lutte contre le chômage, la précarité et la discrimination. Le maire doit être en première ligne sur cette question et la communauté urbaine doit aussi s'engager, y compris sur le logement. Il faut d'ici la fin de l'année lancer la construction de 700 logements, aux normes Haute qualité environnementale (HQE) et pour les gens qui en ont besoin.
M-A.P. >> Réclamer au président du Conseil régional un plan d'urgence de la formation professionnelle et continue. Je réorganiserai la police municipale, qui se déplacera à pied et jusque dans les quartiers où l'on doit revoir des policiers en uniforme. Je ne resterai pas claquemuré dans mon bureau et décentraliserai les conseils municipaux dans les quartiers.

Nord Eclair - 14/03/2008

Logements et mixité sociale : quel type d'habitat et pour qui ?

 Slimane Tir : l'ANRU j'ai voté mais c'est un projet technocratique.
Dans vos programmes respectifs, il est fortement question de la politique de l'habitat et de lutte contre l'habitat indigne. Quelles solutions proposez-vous ?
René Vandierendonck
 >> En 1994, je me souviens que je me suis retrouvé mis en minorité à la Communauté urbaine sur un projet de lutte contre l'exclusion. En 2005, LMCU inscrivait la politique de l'habitat parmi ses compétences. Encore faut-il que la Communauté urbaine assume pleinement cette compétence et choisisse d'atteindre ses objectifs en matière d'habitat social... Nous sommes tous les trois d'accord sur la nécessité d'améliorer la qualité des logements et d'en augmenter le nombre. La convention ANRU porte sur 5.000 logements, le plan de lutte contre l'habitat indigne dont nous sommes les initiateurs va nous permettre de contrôler un millier de logements dont les meublés. C'est également Roubaix qui est à l'initiative de la politique communautaire de réhabilitation des courées.
Slimane Tir >> C'est insuffisant. Proposer la continuité c'est refuser de répondre à la question. Pour ce qui est du logement social et très social, il n'y a pas eu grand-chose entre 2001 et 2008. Certes, il y a eu quelques programmes de Roubaix-Habitat, aujourd'hui intégré à Lille Métropole Habitat mais sans rapport avec les besoins. Le projet ANRU, je l'ai approuvé parce que c'était le seul moyen d'avancer. Mais c'est un projet technocratique. On ne peut construire sans les gens. La Ville ne peut systématiquement offrir ses terrains aux investisseurs privés. 92% des logements de Roubaix sont privés. L'hôtel de ville ne doit pas être une succursale de promoteurs.
Max-André Pick >> Le logement est pour nous trois une priorité, mais il y a chez nous des appréciations différentes.
Pourquoi vouloir à tout prix développer le logement social et très social ? On peut passer son tour, faire une pause. On a déjà 900 logements d'urgence et deux hôtels réquisitionnés par la préfecture, on ne peut pas accueillir toute la misère. Est-il nécessaire d'ouvrir davantage le robinet quand d'autres communes ont tendance à le fermer ? Si j'ai approuvé le projet ANRU, j'émets des réserves quand à son contenu. Si je suis maire, je proposerai des amendements. Quitte à moins reconstruire, je souhaite obtenir mille démolitions de plus que ce qui est prévu et en premier lieu pour des logements vacants.
Cette Ville respire mal et a besoin d'espaces verts.
R.V. >> S'il est vrai que pour l'opération Les Muséales, nous avions été amenés à vendre le terrain à un prix relativement bas, il n'est pas possible d'affirmer que nous bradons des parcelles aux promoteurs privés. Que l'on ne vienne pas me dire que je suis un bétonneur. Nous avons considérablement aéré Roubaix. On ne peut à la fois me reprocher de construire trop et trop peu de logements sociaux. Nous avons été classés premiers au palmarès 2008 du logement social avec 246 logements. Qu'on me laisse aussi recréer du logement privé au nom de la mixité sociale.
S.T. >> Le discours de Max-André Pick est caractéristique de la droite hémiplégique. Comment prétendre qu'on fait trop de logements sociaux quand ses amis dans d'autres communes refusent d'en construire ? En 2008, on n'a programmé que 80 logements très sociaux dans la métropole. Nous aussi nous sommes pour la mixité sociale. Notre programme parle de maisons qui rapportent c'est-à-dire construites ou rénovées ne produisant que peu de charges. Nous proposons de réorienter les primes au ravalement de façade vers l'isolation et le solaire.
M.A.P. >> Je n'ai jamais soutenu les communes qui refusent de construire des logements sociaux.
Je pense moi aussi que la politique communautaire de l'habitat constitue une garantie d'équilibre et je pense également qu'il y a également des efforts d'investissements à consentir pour ce qui est des économies d'énergie. Il est anormal que les charges pèsent parfois plus sur le budget des familles que les loyers.

Nord Eclair - 14/03/2008

Une exigence communautaire

 R. Vandierendonck juge le projet de grand stade «scandaleux».
Pour vous, quelle place doit ou devrait avoir Roubaix au sein de la métropole ? Pour qui vous prononceriez-vous au moment de l'élection à la présidence de LMCU et à quelles conditions ?  
René Vandierendonck  >> J'ai toujours pensé que le conseil de communauté devrait être élu au suffrage universel direct. Ce que j'attends de celle ou de celui qui sera désigné à la tête de LMCU ce sont des engagements précis sur son implication dans la construction de logements sociaux et dans un grand plan d'insertion par l'économie. Pour ce qui est de la présidence, je me déterminerai sur un programme, pas sur une personne.
Slimane Tir  >> Les Verts ont été les seuls à définir un programme au niveau communautaire. Martine Aubry ayant pour sa part su élargir sa majorité aura mon soutien mais j'attends d'elle des garanties au niveau de l'emploi, de la lutte contre les discriminations ; j'attends d'elle que la Communauté urbaine assume ses responsabilités en matière d'habitat social, qu'elle construise plus, mieux et partout. J'accorde, a priori, ma confiance à Martine Aubry.
Max-André Pick  >> Je suis également favorable à l'élection des conseillers communautaires au suffrage universel direct. Il serait sain de définir au sein de LMCU une majorité et une opposition. S'il n'y a pas de basculement, on va se taper une présidence Aubry et ce n'est pas ce qui me réjouit le plus. Je m'interroge tout autant sur ce que peut attendre Roubaix d'une présidence Daubresse. Moi je n'accorde pas ma confiance "a priori". Cela m'embête de donner un chèque en blanc. J'attendrai de voir ce que l'on me propose avant de voter... À mon sens, les treize conseillers communautaires de Roubaix qui seront désignés, toutes tendances confondues, devraient se concerter régulièrement, pour définir, une approche roubaisienne commune.

Tous trois, au Conseil de communauté, vous avez émis des réserves sérieuses à l'égard du projet de Grand Stade à Villeneuve d'Ascq.
René Vandierendonck
 >> Il m'est apparu scandaleux que LMCU oublie ses priorités . Il me semble évident que les 700 millions d' E d'investissements pour le Grand stade vont faire passer au second plan des priorités autrement plus importantes, des priorités cruciales pour Roubaix.
Slimane Tir  >> Certes il fallait un stade. Mais le projet retenu est inacceptable. Je le considère même comme un casus belli.
Max-André Pick  >> J'étais tout à fait d'accord avec un nouveau stade couvert.
Avec 300 à 350 millions, je pense qu'on pouvait s'en sortir de façon satisfaisante pour le LOSC mais 700 millions c'est proprement déraisonnable. En optant pour cette construction, on fait une croix sur le projet de palais omnisports qui était envisagé sur la zone de l'Union.

Nord Eclair - 14/03/2008

Sortir de la spirale du chômage

 Max-André Pick réclame un conseil économique et social.
Parmi les interpellations que vous comptez adresser à la Communauté urbaine, il y a l'emploi. Comment appréhendez-vous la situation roubaisienne ?
René Vandierendonck >> Je compte désigner Arnaud Verspieren adjoint aux affaires économiques et Nadia Belgacem, conseillère déléguée à la formation professionnelle. La gestion prévisionnelle des effectifs a fait ses preuves à l'hôpital : elle permet d'anticiper les libérations de postes. C'est un système qui pourrait être mis en place au niveau de la Ville. Quand je suis devenu maire, les différences sociologiques de Roubaix n'étaient pas apparentes au niveau des emplois publics. J'y ai remédié. Ma volonté est de mettre en place une politique volontariste de l'accès à l'emploi public. Je pense aussi que la MIE (1) et la mission locale doivent davantage s'orienter vers les jeunes diplômés sans emploi. Il faut aussi que la mobilité professionnelle ne fasse plus peur.
Slimane Tir >> Tout au long de ce mandat, les Verts se sont battus contre la précarité et pour l'emploi. La MIE c'est leur idée. LMCU doit à présent clairement se prononcer en matière d'insertion. 700 agents communautaires vont partir dans les cinq ans à venir. Il faut que leur remplacement tienne compte de la diversité. L'apprentissage aussi peut constituer un excellent gisement. L'activité économique constituant la principale priorité, il est anormal que celle-ci soit déléguée à un adjoint et non au maire lui même.
Max-André Pick >> Si quelqu'un s'est battu contre la discrimination c'est bien André Diligent et je m'étonne qu'on puisse dire qu'avant 1994 rien n'avait été fait en mairie. Je m'étonne aussi de ce que le maire sortant se montre aujourd'hui plus discret concernant ce qu'il appelait autrefois la discrimination positive. J'approuve la nomination d'un adjoint aux affaires économiques. Mais il faudrait aussi un conseil économique et social qui permettrait de mieux connaître le tissu économique et connaître les besoins des entreprises. Je préconise aussi l'accompagnement individualisé par un cabinet privé des jeunes diplômés ne trouvant pas d'emploi. •  (1) : la maison d'initiative et de l'emploi

 

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Published by Nord Eclair - dans Campagnes électorales
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