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4 mai 2008 7 04 /05 /mai /2008 14:17
 

Contribution du groupe des Verts

au projet de mandat 2008-2014






Pour plus de démocratie



Les Verts ont examiné avec beaucoup d'attention le projet « Vivre ensemble notre euro-métropole », et souhaitent apporter au débat la contribution suivante.


Dans le cadre des élections municipales de mars 2008, les Verts dans les différentes communes ont été le seul parti politique à défendre publiquement un projet métropolitain commun, « Manifeste pour une métropole durable et solidaire ». Alors que les campagnes municipales incitent le plus souvent aux tentations localistes ou au rejet vers la Communauté urbaine des maux, des impasses et impuissances communales, les Verts ont voulu exposer, dans un débat public leur vision de l’avenir de la Métropole et leurs propositions pour répondre aux grands enjeux auxquels nous devrons faire face dans le mandat 2008-2014.


Les Verts revendiquent l'élection des Conseillers Communautaires au suffrage universel, mais en attendant que la règle change, nous devons nous interroger sur nos pratiques. Attachés à cette nécessité de plus de transparence dans la définition et la conduite des politiques communautaires, nous déplorons aujourd’hui le manque de perspectives concrètes pour combler le déficit démocratique de LMCU.

Le 1er chantier d'une « nouvelle gouvernance » de l'institution communautaire concerne donc le renforcement de la concertation avec les habitants et de la démocratie participative.

Cette transparence se joue aussi dans l’organisation de débats publics, dans la reconnaissance d'un rôle nouveau du Conseil de Développement, dans un accord politique majoritaire sur les valeurs, les priorités et les objectifs de la mandature, et rendu public.


Le résultat des élections municipales montre, malgré un mode de scrutin défavorable, que la voix des Verts doit davantage être entendue dans la Métropole. Nous sommes prêts à prendre des responsabilités et à participer à la mise en œuvre des politiques communautaires dans le cadre d’un contrat, à la définition duquel nous voulons contribuer.




Le défi du climat



C'est le défi majeur de ce siècle, autour duquel se mêlent des enjeux sociaux, économiques, environnementaux et démocratiques.

Le projet sur lequel nous nous engageons doit répondre à la question de l’anticipation des conséquences du changement climatique et de la fin d’une économie basée sur le pétrole à bon marché.


L'augmentation du coût de l'énergie va peser davantage sur les ménages les plus modestes, également plus vulnérables aux aléas climatiques. La crise écologique fait peser de lourdes menaces sur la démocratie et la paix dans le monde. L'anticiper c'est faire en sorte qu'elle soit la moins douloureuse possible pour nous-mêmes, pour nos enfants, ici et ailleurs.


C'est pourquoi, dans ce mandat qui connaîtra les négociations internationales de l’après protocole de Kyoto en 2012, nous devons définir une véritable stratégie pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre et changer en profondeur notre rapport à l'énergie.



1. Plan Climat Energie territorial : une politique intégrée qui s’appuie sur une compétence


Nous savons que les collectivités locales sont directement responsables de 15% des émissions de gaz à effet de serre, mais de plus de 25% avec les effets de leurs politiques en matière de logement, aménagement urbain, transports, etc. Respecter les objectifs fixés par le protocole de Kyoto doit nous amener à réduire nos émissions de GES de 3% par an, pour atteindre l’objectif de -30% en 2020, puis « facteur 4 » en 2050 (division par 4 de nos émissions de GES). C’est pourquoi, nous avons demandé dans le mandat précédent la mise en œuvre d’un « Plan Climat Energie territorial » et la prise de compétence « énergie » : la loi fixant les orientations de la politique énergétique du 13 juillet 2005 renforce le rôle des collectivités et institue une compétence « de soutien aux actions de maîtrise de l'énergie ».

A partir d’un bilan carbone et d'une large concertation avec les habitants, le Plan Climat devra se décliner de manière transversale dans toutes les compétences communautaires avec des objectifs chiffrés : déplacements, logement, économie, aménagement, etc. La Communauté urbaine dispose déjà des outils nécessaires à travers le PLU, le PDU, le PLH, etc. pour intervenir dans tous ces domaines.

La première économie d'énergie est celle que nous ne consommons pas, c'est pourquoi la maîtrise de nos consommations et la lutte contre le gaspillage d'énergie doit être notre première priorité.

Avec le CVO, nous disposons aujourd'hui d'un bel exemple de production territorialisée d'énergie : nous produisons du gaz pour faire rouler nos bus à partir de nos déchets. Il convient désormais d'amplifier cette démarche et diversifier nos capacités de production énergétique locales, à partir du solaire, de l’éolien, du bois, de la cogénération, du traitement des déchets, etc., mais aussi nos capacités de distribution territorialisée d'énergie à travers les réseaux de chaleur.

Enfin, dans le cadre de l’amélioration de la qualité énergétique des espaces publics, la Communauté urbaine doit pouvoir apporter conseil et accompagnement aux communes pour intervenir sur l’éclairage public et, plus généralement, sur tout le mobilier urbain.


2. Une filière créatrice d'emplois


Ces quelques exemples permettent d'entrevoir le potentiel du secteur énergétique en matière de création d'emplois. Il s'agit à la fois d'emplois industriels et d'emplois en recherche et développement. La Communauté urbaine, à travers sa compétence « développement économique » doit accompagner cette filière avec le même volontarisme qu'elle a su déployer dans d'autres secteurs, en veillant d'une part à l’articulation avec l’insertion et les politiques de formation, et d'autre part, à la place du modèle coopératif (SCIC, coopératives solaires...).


3. La politique de l’ENM au service du climat


Au-delà des objectifs définis lors de la prise de compétence Espace Naturel Métropolitain au début du mandat précédent, cette politique doit aujourd’hui revoir son périmètre et intégrer une capacité d’intervention sur le climat à travers notamment d’une politique ambitieuse de boisement (puits de carbone). Dans une « Métropole du futur », une telle stratégie participerait à la distinction de notre territoire par rapport à d’autres intercommunalités


4. L’animation du territoire


A travers son Agenda 21, LMCU a déjà initié dans ce mandat des politiques de sensibilisation auprès des communes comme du grand public. Cette démarche doit se poursuivre et s’accentuer autour des enjeux climatiques pour aider les habitants à participer à la lutte contre le réchauffement. Pour cela, le Plan Climat est un outil de mobilisation particulièrement intéressant. 


5. La banalisation de l’excellence écologique


Nous construisons aujourd’hui la ville de 2050. La pratique de l'expérimentation est dépassée, il faut sortir de l'exemplarité : désormais l'éco-quartier doit être la norme en aménagement urbain et construction neuve, et la généralisation des objectifs HQE une exigence permanente dans l'action publique.


6. La dimension européenne et internationale à l’agenda


Pour que Lille Euro-métropole puisse « prendre toute sa place dans le concert des grandes cités qui ont un message à faire passer à la planète », elle doit s’engager dans les grandes conférences internationales sur le climat auxquelles participent les grands réseaux des villes.

A bien des égards, la conférence de Copenhague qui aura lieu fin 2009 pourrait intéresser directement l’économie et l’industrie de notre territoire soumises, comme ailleurs en Europe, à la tentation des « fuites de carbone » (stratégie des entreprises qui menacent de délocaliser du fait des normes européennes en matière d’émissions de GES).

Et si nous entendons enfin « jouer notre rôle dans le dialogue nord-sud » et renforcer nos initiatives de coopération décentralisée, c’est véritablement dans l’adaptation au changement climatique que nous pouvons aujourd’hui être le plus utile à nos partenaires du Sud.





3 priorités pour répondre à l'urgence sociale

et lutter contre les inégalités



Le logement, les déplacements et le développement économique doivent être au coeur de nos priorités. A l'articulation d'enjeux sociaux et écologiques majeurs, ce sont les conditions de vie de nos concitoyens qui doivent mobiliser les ressources communautaires. Notre priorité doit être l'amélioration de la vie quotidienne des habitants : il s'agit donc de répondre aux urgences sociales posées par le chômage, la précarité, les discriminations et la pénurie de logements, et de réduire les inégalités entre territoires riches et quartiers pauvres qui continuent de s'accroître.


1. Logement et aménagement urbain


Nous nous retrouvons dans l’idée « d’inventer la forme de l’Euro-Métropole du XXIème siècle », mais aussi de « faire de la qualité la marque de Lille Métropole » ou encore dans la référence à « l’art de vivre ensemble ».

Nous nous félicitons de la confirmation de la stratégie de reconquête de la ville sur la ville comme de la priorité d’une intervention plus massive de la Communauté urbaine sur l’habitat privé ancien.

Des idées portées depuis longtemps par les Verts sont également reprises comme la nécessité de stopper l’étalement urbain, l’optimisation du foncier et la création d’une agence foncière métropolitaine, la validation de nos objectifs de performance énergétique dans la construction neuve, etc.

Au cours du mandat précédent, et notamment à l’occasion des débats sur le Schéma Directeur, les Verts ont défendu ardemment le principe des « 2/3 – 1/3 » finalement inscrit au SDAU. Si celui-ci devait être remis en débat, cela ne pourrait être que dans le sens d’une accentuation de la ville plus agréable et plus facile à vivre, donc une ville plus cohérente et dense (plutôt qu'étalée), organisée autour des moyens de déplacements doux et des transports en commun.

Il faut enfin réaffirmer... et dépasser les objectifs du PLH ! Répondre à l'urgence sociale c'est répondre en particulier aux 30000 demandes de logements HLM en attente sur la Métropole, sachant que 80% des demandeurs ont des revenus inférieurs aux plafonds PLAI. Il faut pour cela construire plus de logement social, réparti dans toutes les communes. C'est aussi défendre le droit au logement et répondre à tous ceux qui ont des difficultés à se loger (précaires, étudiants…) ou qui occupent un logement inadapté (insalubre, trop petit, trop cher...) et améliorer l’accueil et l’accompagnement des gens du voyage.


2. Mobilité


En matière de transports également, certaines de nos analyses sont aujourd'hui largement partagées comme l’abandon de l’A24 et reconnaissance de l’inutilité des nouvelles voiries pour lutter contre la congestion automobile, ou encore la nécessité d'envisager nos réseaux de transports en commun à l’échelle de l’eurométropole. Mais nous insistons sur la mise en place rapide de propositions qui seront des signes de cette nouvelle approche de la mobilité en direction des habitants : lancement du tram-train, 5000 vélos en libre service et un véritable réseau cyclable sécurisé sur toute la métropole, 500 voitures en auto-partage, l'amélioration du maillage territorial en bus, l'amélioration de l'intermodalité et la création d'un pass-mobilité...


3. Economie


Pour les Verts, l'insertion, la lutte contre le chômage et les discriminations sont une des finalités de l'intervention publique en matière économique. Pour que la Communauté urbaine puisse intervenir efficacement dans ces domaines, les contours d'une nouvelle compétence sont donc à définir.

La réduction de l'empreinte écologique des activités économiques passe par le développement des éco-filières et des éco-entreprises (bâtiment, traitement des déchets et des eaux, recyclage, mobilité, énergie...), mais aussi par une politique d'aménagement du territoire qui vise à réduire les temps de transports domicile-travail, améliorer les dessertes, mettre en place des PDE...

Par ailleurs, l'économie sociale et solidaire, secteur créateur d'emplois non délocalisables et de richesses, doit être confirmée comme un pôle d’excellence communautaire et reconnue comme un modèle économique à part entière. L'insertion par l'activité économique en est une composante par sa plus value sociale, et par la recherche de conciliation entre impératif économique et lutte contre les exclusions dans les entreprises solidaires.




Protéger nos ressources naturelles,

nos campagnes, nos cultures, nos liens sociaux



• Dans le mandat précédent, les Verts sont régulièrement intervenus sur les enjeux de l'eau et l'assainissement, proposant une approche économe, écologique et soucieuse de l'intérêt général. Nous ne pouvons donc que nous féliciter de constater que nos idées ont fait leur chemin :

  • la « sanctuarisation » de la ressource en eau et du territoire des champs captants,

  • la question des modalités juridiques du système de production et de distribution de l'eau potable : le retour en régie publique que nous défendons n'est aujourd'hui plus un tabou,

  • la tarification progressive et sociale, et la systématisation des économies d'eau,

  • la remise en cause de l'efficacité des « cathédrales souterraines » et la promotion des techniques alternatives en matière d'assainissement et de lutte contre les inondations, etc.


• Notre politique d'Espace Naturel Métropolitain doit également être poursuivie avec détermination pour atteindre les objectifs de la « Trame verte et bleue », en particulier les 10000 hectares de nature à l'horizon 2015 et la réalisation effective du « réseau vert » pour permettre le retour de la nature en ville, relier les parcs urbains à la couronne verte des grands parcs, la ville à la campagne par des liaisons écologiques.


• Le foncier est une ressource rare à préserver. L'agriculture péri-urbaine doit ici être davantage valorisée dans cette politique qui participe efficacement à la lutte contre l'étalement urbain. La moitié de la surface de notre métropole est occupée par cette activité, c'est un atout considérable en termes d'environnement mais qui est insuffisamment pris en compte au plan économique : nous devons soutenir l'agriculture biologique, des filières de distribution en circuits courts pour permettre l'approvisionnement des habitants et des villes de la métropole en produits locaux, de qualité, bio et de saison. Une attention particulière devra être portée à la maîtrise du foncier agricole pour soutenir des initiatives citoyennes et coopératives (comme par exemple les Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne).


• Notre diversité culturelle, nos liens sociaux, font partie de nos ressources, car les Verts défendent une approche de la culture en terme de démocratie, de citoyenneté et d'épanouissement, plus qu'en termes de rayonnement. Si certaines idées semblent faire consensus, comme par exemple la création d'une chaine télé métropolitaine, d'autres mériteraient des débats plus approfondis. C'est pourquoi les Verts ont proposé l'organisation dès 2008 des Etats généraux métropolitains de la Culture, associant l'ensemble des structures culturelles, les pouvoirs publics, notamment les municipalités, les artistes, techniciens, enseignants et les citoyens, pour débattre et redéfinir une nouvelle vision partagée de la culture.


• Démarche d’échange et d’ouverture au monde, la coopération internationale constitue également un enjeu de culture et de citoyenneté. Nous soutenons la volonté d'élargir ces échanges et partenariats en Afrique, en Amérique latine, au Proche-Orient et en Asie, également en lien avec les pays d'origine des habitants de la Métropole.


• La création d'une délégation à l'égalité des chances et aux droits de l’homme a largement sa place dans cette vision du rapport au monde.





Sortir de la compétition entre les territoires



A quel prix devient-on une « ville globale » ou une ville qui compte « dans le concert des grandes cités » ? La forme actuelle de la mondialisation met les territoires en concurrence pour attirer des entreprises internationales, poussant à une course effrénée, entre les pays, entre les régions, entre les métropoles européennes, entre les villes et les territoires d'une même région, entre voisins. Pendant ce temps, les inégalités se creusent à l'échelle mondiale, entre le Nord et le Sud, entre les territoires qui tirent le mieux leur épingle du jeu et ceux qui sont laissés à l'abandon. Face à cette logique de compétition, nous devons affirmer des objectifs de coopération : coopération internationale pour une réelle solidarité Nord-Sud, coopération transfrontalière et métropolitaine avec l'approfondissement de l'euro-métropole.


Les Verts défendent l'idée d'une métropole équilibrée, privilégiant la redynamisation des centres villes anciens, c’est pourquoi nous nous opposons à l’extension de l'aéroport de Lesquin ou à l’implantation d'une 3ème gare à Seclin, qui pourraient avoir des conséquences désastreuses en terme de développement péri-urbain vers le Sud de l'agglomération, comme sur les secteurs et centralités faisant l'objet de reconquête urbaine et sociale.


Notre position sur le grand stade a le mérite de la cohérence et de la constance ! Qu'il faille avoir une des 15 premières équipes européennes (et le stade qui va avec !) pour compter parmi les « villes globales » participe de cette compétition entre les territoires que nous dénonçons. Ainsi, au-delà du problème du coût démesuré du stade et des aménagements pour son accessibilité, qui risquent de peser sur les politiques communautaires prioritaires au service des habitants, nous maintenons que la jauge du projet est surdimensionnée.


L'ensemble de ces priorités plaide pour la mise en chantier rapide du Schéma de Cohérence Territoriale. Il nous permettra d’approfondir publiquement ces débats et sortir de la logique de compétition entre les territoires qui pousse au toujours plus, instrumentalisant la culture ou le sport au service d'une politique de rayonnement, et ne peut conduire qu'à l'impasse. L'euro-métropole transfrontalière doit être l'occasion d'inventer de nouveaux rapports dans l'espace européen, plus solidaires et plus responsables vis à vis de la planète et de ses habitants. C’est par le dialogue avec les collectivités voisines de l’aire métropolitaine transfrontalière, que nous pourrons mettre en place à travers le SCOT, un outil au service d’une stratégie de développement plus coopérative.

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