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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 17:09

 

COLLOQUE INTERNATIONAL

L’INTERCULTUREL A TRAVERS LES DISPOSITIFS D’AIDE A LA SCOLARITE

ET L’ENSEIGNEMENT DES LANGUES MINORITAIRES EN FRANCE

JEUDI 16 AVRIL 2009 – MAIRIE HELLEMMES -

 

C’est avec beaucoup de plaisir et d’intérêt que je réponds en qualité d’élu, vice-Président à Lille Métropole Communauté Urbaine et Président du Groupe Les Verts dans cette assemblée, à l’invitation des organisateurs de votre colloque international consacré à l’inter culturalité et à l’enseignement des langues minoritaires.

 

D’abord parce que je soutiens de longue date la C.R.I (Coordination Régionale de l’Immigration) dans ses actions militantes et sa volonté de faire prendre en considération tout le potentiel et l’apport des populations immigrées à la construction nationale française, sur le plan économique, social, culturel et citoyen. Je connais l’excellent travail mené sur les quartiers de Mons en Baroeul par l’association AMIFA et son érudit Président Monsieur Hamid BELHADJ qui assure avec brio l’organisation de ce colloque.

 

En second lieu, parce qu’à ma connaissance, votre manifestation est une première dans notre Région, sur un sujet difficile si l’on tient compte des évolutions les plus récentes de notre société.

 

En effet, notre société nationale, comme notre Région sont travaillées par des formes nouvelles de conservatisme, de crispation identitaire, qui, je le crois ont réactivé l’idée d’une nouvelle « fierté nationale » qui tourne le dos, non seulement à l’ouverture au monde, mais surtout à la compréhension d’un monde qui se « mondialise », d’un monde qui se globalise. Vous en connaissez la forme politique exacerbée qu’est le Front National, dont les thèses se sont largement diffusées dans le corps social et le corps politique français.

 

Je viens avec l’intention d’assister toute cette journée à vos travaux, et écouter vos nombreuses et diverses communications, qui m’apparaissent comme autant d’approches et de confrontations de différents univers (le scientifique, le militant, le politique, l’institutionnel..) et de différentes régions du monde (France, Algérie, Maroc, Grande Bretagne).

 

C’est une belle illustration de l’intérêt, mais aussi des difficultés de l’approche interculturelle. Mais c’est aussi, cette volonté et cette détermination face à ces difficultés, qui en constitue plus que la saveur, l’essence.

 

J’assiste à vos travaux, en espérant des réponses ou des approches nouvelles à trois catégories de questions :

 

  • disposer d’un état des lieux et d’un bilan sur la situation des langues minoritaires en France, (de leur pratique, comme de leur enseignement) et notamment de l’apprentissage de la langue arabe.

 

  • comprendre aussi comment se définissent et s’adaptent les stratégies pédagogiques applicables à une éducation interculturelle à l’époque du numérique

 

  • disposer enfin d’un bilan sur les 30 dernières années, de la prise en compte de la question interculturelle en France, dans l’éducation, la formation, l’enseignement .

 

J’ai, le souvenir précis de la mise en place des ELCO (enseignement de langues et cultures d’origine), de l’avancée symbolique qu’ils ont constitués, mais aussi des régressions qu’ils ont produit tant du point de vue des principes républicains, de la disqualification des enseignements apportés dans ces dispositifs face aux enseignements fondamentaux, et au final d’une forme de ghettoïsation des cultures et langues « de minorités » qu’ils étaient censés valoriser (notamment la langue arabe). Vous reviendrez certainement sur ces points dans vos discussions, au cours de la journée.

 

Je participe à vos travaux, en quelque sorte, armé de trois convictions :

 

1/ - la compétence interculturelle est un atout considérable dans notre « village monde ». C’est donc un formidable potentiel à valoriser par notre société, dès lors, que l’on considère ces savoirs, la maîtrise de ces langues comme autant de capacités individuelles et collectives à développer, à initier, à mettre en résonance avec d’autres groupes, avec les autres parties du monde. C ‘est à mes yeux, une « compétence d’humanité » comme on pouvait le dire durant les siècles derniers.

 

2/ - la compétence interculturelle comme une ressource, qui a des prolongements et des traductions dans le monde de la création artistique, dans l’économie réelle, le commerce international, dans l’activité politique et diplomatique, bref, dans les échanges économiques et les rapports sociaux mondiaux.

 

3/ - la compétence interculturelle et son développement entrent, je crois, aussi, dans la catégorie des « antidotes » face aux tentations régressives, violentes, hégémoniques qui traduisent un inclination humaine conduisant à de nouveaux drames collectifs. Antidote, dans la mesure où elle participe et stimule des modèles collaboratifs et coopératifs, fondés sur le dialogue, sur la re-connaissance des différences, l’égalité des acteurs, dans la production de décisions politiques environnementales, sociales, économiques qui concernent la totalité de la population mondiale.

 

Je vous livre cela à partir de mon point de vue sur lequel je fonde la plénitude de mon engagement politique : le militant de la biodiversité est aussi et en même temps un militant de la diversité.

 

Pour en revenir spécifiquement aux ELCO et à la situation de l’apprentissage de la langue arable en France, vous vous livrerez à un bilan certainement précis et détaillé. Permettez-moi, cependant, d’y contribuer modestement au delà du simple témoignage, comme un acteur qui y fut impliqué.

 

Je crois que le ELCO ont plutôt contribué à marginaliser les élèves auxquels ces programmes ont été dispensés, disqualifiant encore plus certaines langues, principalement l’arabe, présenté et vécu singulièrement, non comme langue française minoritaire, mais comme « langue de minorités en France ».

 

Je crois que l’esprit d’ouverture et de générosité de la circulaire de 1978 instituant les ELCO et les activités interculturelles dans une perspective universelle d’offre à la population scolaire des apprenants, a été très vite abandonné et marginalisé.

 

Dans la pratique, l’éducation interculturelle dans le système éducatif est restée liée à la scolarisation des enfants de migrants ou perçus comme tels, dans les établissements qu’ils sur-fréquentent, dans les quartiers qu’ils « sur-habitent ».

 

La compréhension et l’intégration de la diversité dans un nouveau paradigme éducatif, proposé par J. Berque en 1985, a réaffirmé une perspective humaniste et républicaine d’éducation à la « pluralité des civilisations du monde ». Elle ne trouvera malheureusement que peu de débouché sur le plan politique et institutionnel, tant le terrain scolaire est rapidement devenu l’espace d’une nouvelle conflictualité identitaire dans laquelle nous sommes encore, dont la dimension problématique se fixe sur les affaires du foulard et leurs conséquences.

Je constate, enfin, avec tristesse, que l’apprentissage de la langue arabe, langue de civilisation, de culture, est singulièrement marginalisée, voit ses effectifs d’apprenants fondre comme « neige au soleil », dans l’institution scolaire, qui la néglige manifestement.

 

Pourtant, le besoin, le désir d’apprentissage et de maîtrise linguistique sont là.

 

Ainsi donc, j’ai le sentiment et la crainte que, faute de volonté politique forte d’intégrer cette offre d’apprentissage dans une continuité de cursus scolaire et des établissements valorisants, voire de prestige par bassin éducatif, nous assistions, par indifférence, et certainement plus par mépris, à une forme de sous traitance de cet apprentissage dans le domaine associatif et plus encore cultuel qui multiplient l’offre et l’accueil des apprenants et des locuteurs.

 

Ainsi, curieusement, notre vertueux modèle républicain et laïc si vanté et déclamé, aboutirait paradoxalement sur son sol, à faire d’une langue mondiale, une langue de « minorités » plutôt cantonnée à la connaissance d’un livre Saint. Ce qui est certes positif car notre société a besoin de croyants éclairés mais néanmoins très insuffisant au regard du potentiel ainsi négligé.

 

Sur toutes ces questions, je suis en attente de vos contributions et approfondissements et je vous souhaite des échanges intelligents, vifs et fructueux.

 

 

Slimane TIR

Vice Président LMCU

Président du groupe Les Verts LMCU

 

 

LE MONDE
 Après le Centre Pompidou à Metz et le Louvre à Lens, une antenne de l'Institut du monde arabe (IMA), célèbre centre culturel parisien logé en bordure de Seine, pourrait voir le jour à Roubaix. C'est le souhait du président du conseil régional Nord-Pas-de-Calais, Daniel Percheron (PS). "L'idée a germé à la suite de nos rencontres avec Dominique Baudis, président de l'IMA, quand notre région cofinançait l'exposition "Bonaparte et l'Egypte", explique M. Percheron. Roubaix, la ville aux cent nationalités, constitue l'emplacement idéal."

 

Selon l'IMA, sa petite soeur roubaisienne aurait une double activité : "D'abord un espace d'exposition, ensuite le voyage de notre centre de langue et civilisation, nos débats, nos spectacles vivants... Le président Percheron est très intéressé par un support pédagogique, des programmations musicales..."

Le maire de Roubaix, René Vandierendonck (PS) n'aurait pas caché sa surprise, quand il a découvert ce projet, "dans un entrefilet de la presse locale, il y a deux semaines", rapporte Thibault Brodin, directeur culture et économie à la ville.

L'IMA dit avoir besoin de 600 à 3 000 m2 pour "exporter" ses expositions. "Nous pouvons étudier un espace au sein de notre site culturel La Condition publique. Ou alors un autre bâtiment disponible dans le même îlot", répond M. Brodin.

Prendre les mesures

Une solution d'attente est avancée par les deux parties : l'IMA possède en effet une structure transportable, un bâtiment démontable de 1 200 m2 qui ne demande qu'à se poser quelque part. Il lui faudra alors trouver une friche. L'Institut précise que les services de la région sont déjà venus prendre les mesures de cet édifice imaginé par Architecture Studio, qui a conçu l'Institut du monde arabe avec Jean Nouvel.

Cette antenne serait une aubaine pour le Centre culturel du monde arabe roubaisien (CCMA), qui se consacre surtout à l'apprentissage de la langue arabe, et qui est "logé dans de mauvaises conditions", selon M. Brodin. Slimane Tir, leader des Verts à Roubaix, dénonce d'ailleurs que l'arabe soit devenu "une langue de ghetto ! Le chinois est plus enseigné ! En conséquence, les mosquées ont pris le relais...". Un regroupement entre le CCMA et l'IMA est envisagé, ce dernier entendant "appuyer l'enseignement de l'arabe sans tomber dans la récupération communautaire".

Geoffroy Deffrennes (correspondant)
Le proche entourage de Dominique Baudis confirme : "Nous avons apprécié la coproduction du Nord-Pas-de-Calais pour l'expo Bonaparte, présentée à Paris puis à Arras. Leurs équipes ont contribué notamment à une scénographie intéressante. Nous travaillons à d'autres expositions possibles, par exemple "Mille et une nuits", mais l'idée d'une antenne régionale nous séduit."

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Published by Slimane TIR - dans Société
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