Je publie ci dessous la trame de ma courte interview telephonique réalisée par Youenn Martin de la rédaction de Nord Eclair/Voix du Nord, au sujet de la première année du mandat du maire de Roubaix P. DUBOIS
Que pensez-vous de la première année du mandat de Pierre Dubois ?
En premier lieu, sur la forme :
Incontestablement il y a un changement de style. Pierre DUBOIS est présent –il ne cumule pas-, il est à l’écoute et fait montre d’ouverture.
Il y a aussi un changement du fonctionnement démocratique du Conseil Municipal ( il a mis fin à l’ineptie de la commission unique, créé 3 commissions municipales ).
Il est dans la gestion des affaires courantes mais il y a aussi une volonté de réfléchir à un projet sur le long terme et l’avenir de la ville (ex : Roubaix 20x40)
En deuxième lieu, sur le fond :
Il s’inscrit dans la continuité d’un mandat qu’il prend en cours, en tant que Maire, dans une ville, dans laquelle les effets de la crise sont toujours plus lourds et plus graves qu’ailleurs, en chômage et en marginalisation.
Il est à la tête d’une majorité municipale à bout de souffle, exsangue, dans laquelle beaucoup ont jeté l’éponge ou sont inexistants dans leur délégation.
A l'instar de la situation du commerce ou de la politique « jeunesse » qui est en déshérence , les associations de jeunesse ont pratiquement toutes disparues.
A l’exemple aussi de S.E.S, qui est manifestement un exemple du mélange des genres, du conflit d’intérêt, voire du népotisme. Il faut trancher dans ce dossier vite et avec fermeté.
Il est aussi clair que les divisions au sein du PS local tirent la ville vers le bas.
Ce mandat sera marqué par le décrochage de notre ville dans le concert métropolitain.
Question : Vous êtes donc d’accord avec l’idée que Roubaix est trop soumise à M. Aubry et à
Lille ?
Il faut que Roubaix retrouve une place plus juste. Il faut affirmer que Roubaix ne sera pas la 5ème roue du carrosse de l’intégration métropolitaine.
Ce qu’on ne voit pas aujourd’hui, c’est le projet d’avenir, l’élan nouveau qu’il faudra donner à notre ville.
Question : Qu’allez vous faire en 2014 ; Allez-vous partir dans une alliance au premier tour avec le PS, après l’épisode des législatives ? D Baert, R Olzewski et P. Dubois étaient récemment ensemble.
Il est évident que l’accord de 2012 est caduc. J’aurai des choses à dire et je m’exprimerai le moment venu.
CONSEIL MUNICIPAL ROUBAIX, Mercredi 13 FEVRIER 2013
Intervention de Slimane TIR
Président du Groupe OuVertement
Monsieur le Maire, chers collègues,
La situation de l’association Solidarité Emploi Service, défraie la chronique locale depuis plusieurs semaines et dérive de façon préoccupante.
J’ai demandé au cours du conseil municipal du 20 décembre 2012 la confirmation de l’existence d’un audit financé par la ville et de nous en communiquer la teneur.
C’est sur la base de ce seul document que vous nous avez transmis, que je fais cette intervention au nom du groupe « OuVertement à Gauche ».
Nous abordons cette situation avec 3 principes :
- Nous sommes très attachés à l’autonomie associative et à la libre gouvernance des associations loi 1901. Il convient donc en tant qu’élus municipaux et groupes politiques d’éviter l’ingérence dans les affaires internes de l’association considérée.
- Nous devons aussi écouter et entendre la souffrance des salariés de cette structure présents sur les bancs du public ce soir, comme nous devons exiger que soit appliqué très précisément le droit du travail, dans le respect qui est dû aux personnes.
- Enfin, nous estimons que le service « para-public » de sécurisation des sorties d’école roubaisiennes est indispensable pour les enfants, comme les familles et qu’il doit donc être préservé.
La presse locale a récemment qualifié cet audit « d’accablant ». Pourtant, il s’agit d’un réquisitoire, dont les termes et les constats même mesurés, disqualifient la gouvernance et la direction opérationnelle de cette association.
Il pointe des dysfonctionnements dans tous les secteurs d’activités d’une structure d’insertion travaillant avec des deniers publics provenant de la ville, comme de la solidarité nationale.
Sur la base des quelques informations financières qu’il contient (insuffisantes), il apparait que la ville y consacre plus de 700 000 € par an, au travers d’un marché public.
Il y a donc un problème majeur de pilotage, de supervision et de responsabilité de la part de la ville.
Quand on connaît les dispositifs mis en œuvre afin de suivre le fonctionnement de la moindre association roubaisienne, on ne peut que s’étonner de l’absence d’alertes voire des carences dans le contrôle d’un marché public, de la part des services municipaux, comme des adjoints successifs en charge de la délégation de la sécurité.
Il s’agit là du domaine municipal, nous demandons donc, que toute la transparence soit faite, que les responsabilités de chacun soient établies.
Cette association mobilise aussi des fonds importants, au titre de l’insertion et du subventionnement des contrats aidés : entre 950 000 € et 1 100 000 € par an, entre 2010 et 2012 (60% de ses recettes).
Nous vous demandons, Monsieur le Maire, d’interpeller la Préfecture du Nord et de saisir la direction du travail et de l’emploi (DIRRECTE Nord ) ainsi que l’Inspection du Travail afin :
- d’obtenir des réponses sur les éventuels carences ou défauts du contrôle public
- de faire diligenter les inspections nécessaires quant à la régularité de l’usage des fonds publics alloués, comme du respect de l’application des dispositions du code du travail par l’employeur.
Pour conclure, je veux rappeler que nous sommes préoccupés de la dégradation de la situation sociale dans cette structure.
Nous devons entendre les salariés en souffrance qui attendent des réponses de la ville, comme nous devons garantir la continuité du service de sécurisation aux portes de nos écoles.
Je vous remercie.
CONSEIL MUNICIPAL DU13/02/2013, BUDGET 2013
Nous voici donc avec le budget 2013, le dernier budget du mandat.
Le vote du budget est traditionnellement et banalement considéré comme la manifestation de l'unité de la majorité autour de son projet.
Je ne répéterais pas mon intervention de l'année dernière et j'irais directement à sa conclusion, toujours valable : le groupe « ouVERTement à gauche » ne fait pas partie de la majorité municipale, il n'a pas participé à la confection de ce budget, sans surprise donc, il ne participera pas à son vote.
Et l'explication est valable pour les autres délibérations financières importantes concernant 2013, soit la 54 pour les subventions, la 55 pour les tarifs et la 58 pour les emprunts.
Nous entrons dans la dernière ligne droite de ce mandat.
C'est le temps du bilan.
Sur le plan financier, ce mandat aura été celui de la normalisation des ressources de la commune.
Les péréquations et essentiellement l'évolution de la Dotation de Solidarité Urbaine ont permis que la ville dispose, dans des conditions à peu prés équivalentes à celles des communes de même importance, des ressources que sa population ne peut lui apporter par la fiscalité.
Ce mandat aura été aussi celui du paradoxe.
Cette normalisation, et par ailleurs les importants investissements effectués auraient du jouer à plein.
Pourtant, les indicateurs sociaux restent mauvais, l'avenir, la place, le rôle de notre commune restent soumis au doute.
Comme si un territoire qui a été une ville dans toute sa complexité et sa diversité, et il y a me semble t il encore consensus politique à ce qu'elle le reste, se voyait durablement renvoyer à un avenir de quartier, difficile qui plus est.
C'est aussi le temps du projet.
Ou plus exactement des projets qui vont être proposés l'année prochaine aux suffrages de nos concitoyens, dans un débat contradictoire.
Quelle leçon tirer du paradoxe ?
D'abord, qu'il faut changer de méthode dans la gestion de la ville.
Investir, pourquoi pas, mais il faut aussi remettre les habitants au cœur de l'action publique.
Ensuite, qu'il faut changer de méthode dans nos relations avec notre environnement, et en particulier avec l'intercommunalité, Lille Métropole.
Construire une grande métropole, la question peut se poser, mais que cela soit au prix de quartiers de relégation n'est pas supportable.
Enfin, intégrer qu'une politique de réparation des dégâts nous condamne à un éternel recommencement et qu'il s'agit bien, à notre modeste place certes, de la production d'un nouveau mode de développement, pour une ville durable et l'égalité des territoires, pour l'égalité tout simplement.
La sempiternelle opposition entre le social et l'écologique est plus que jamais sans objet, les exemples foisonnent, de l'explosion des coûts de la mobilité à la précarité énergétique.
La crise est profonde, nous n'avons plus de temps à perdre.
J'ai presenté ce voeu lors demandant le retour de l iInspection du travail sur notre ville, du Conseil Municipal du 20 décembre 2012. Il a été voté à l unanimité des conseillers présents.
CONSEIL MUNICIPAL DU 20 /12/2012 –
Vœu présenté par le Groupe OuVertement à Gauche
"Implantée depuis plus de 30 ans au sein de la Tour Mercure, l'Inspection du Travail de Roubaix-Tourcoing a quitté ses locaux pour cause de travaux.
Installés dans un premier temps rue Gambetta à Lille, les services ont rejoint depuis mars dernier d'anciens locaux rue Jules Guesde à Villeneuve d'Ascq.
Cette situation serait toutefois temporaire puisqu'un nouveau déménagement serait promis pour fin 2012 premier trimestre 2013.
L'Inspection de Roubaix-Tourcoing est constituée de 5 sections du travail et d'un service "Renseignements" dans lequel sont affectés 2 contrôleurs qui assurent l'accueil des usagers sans rendez-vous et leur donnent des informations relatives à la législation du travail. Le reste de l'équipe est composé de 5 secrétaires, 1 agent chargé de l'accueil et de 15 agents de contrôle.
Il s'agit d'un véritable service public de proximité gratuit et accessible pour l’ensemble des habitants du bassin d’emploi Roubaix Tourcoing Vallée de la Lys.
L’implantation de l'Inspection du Travail avait pour objectif de faciliter l'accès aux services des habitants et de permettre aux agents d'être en contact quotidiennement avec la population.
Le sort réservé par les différents gouvernements aux inspections du travail depuis plusieurs années contribue à générer des situations de souffrance pour leurs personnels et à affaiblir ce service public qui contribue à faire respecter les lois de la République.
Les nombreux déplacements auxquels sont confrontés les services vont à l'encontre d'un service public de proximité.
Les habitants de notre secteur, ont besoin de l’Inspection du Travail pour leur garantir l'accès au droit.
Notre territoire a le droit de revendiquer le retour de la présence de ce service public pour ses 400 000 habitants.
Le conseil municipal de Roubaix demande :
- au Ministère du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, et à ses services de la DIRECCTE Nord Pas de Calais de :
- stabiliser dans les meilleurs délais la situation des équipes de l’Inspection du travail de Roubaix-Tourcoing,
- de garantir le maintien de ce service public sur notre territoire.
- d'afficher un calendrier précis de retour de ce service public.
Slimane TIR
Président du Groupe
Vous pouvez lire ci dessous le texte de la tribune d'expression politique, que j ai publiée dans Roubaix Mag de Novembre/ Decembre 2012, au nom du groupe Ouvertement à Gauche.
Notre pays traverse une très grave crise économique, rude, comme son cortège de chômage, d’exclusion, de pauvreté et de tentation du bouc émissaire.
La logique monétariste a mis les Etats aux mains du système financier et de ses emprunts toxiques. Elle prend le risque d’une récession généralisée en Europe, après l’avoir imposée à la Grèce et l’Espagne. L’impératif de redressement des finances publiques ne doit pas différer les adaptations aux défis du changement climatique ni le bouclier social.
C’est dans ce contexte que nos concitoyens les moins aisés attendent d’urgence du gouvernement, pour le gaz, l’électricité et l’eau, une tarification sociale, progressive et différenciée selon les usages.
Il faut aussi, à la communauté urbaine, des tarifs plus équitables pour les utilisateurs du métro et bus. Repousser la tarification basée sur le quotient familial après les municipales de 2014 serait un très mauvais signal.
La réforme de la politique de la ville a été lancée en grande pompe à Roubaix. Nous en attendons principalement une forte réorientation vers une concertation des habitants digne de ce nom, un renforcement de la qualité des services publics, un plan national pour l’isolation thermique des logements dont nous avons tant besoin.
Pour le budget municipal 2013, l’heure devra être à la responsabilité et à la lucidité :
- Eviter de spéculer sur une hausse de la fiscalité locale ou de la dotation de solidarité urbaine
- Fonder les choix sur plus de justice pour l’avenir durable de la ville et la qualité de la vie quotidienne dans les quartiers.
Une intervention du groupe Ouvertement à Gauche demandant une intervention forte de la ville afin de parer aux menaces que porte la départementalisation de la CAF sur les centres sociaux de Roubaix, Wattrelos et Tourcoing.
" Cette délibération acte l'adhésion de la ville au dispositif « Loisirs équitables et accessibles », dit LEA, relatif aux accueils de loisir et qui est proposé ou imposé, c'est selon, par la CAF départementalisée.
Je voudrais attirer l'attention sur le fait que les associations sont également concernées par ce nouveau dispositif et qu'en particulier les Centres Sociaux du secteur de Roubaix Tourcoing en sont fortement pénalisés.
Cela suscite une certaine émotion car ces structures seront bien évidemment fragilisées, même si une période de transition progressive sur 3 ans permettra peut être de passer 2013 sans trop de casse, mais quid pour après ?
Roubaix doit bien évidemment être attentive à la santé des centres sociaux qui jouent un rôle important dans cette ville.
La départementalisation des CAF qui est directement à l'origine de ce nouveau dispositif, change la donne.
D'une part, il y a déplacement du lieu du pouvoir et ce n'est pas du tout indifférent.
De l'autre, l'élargissement géographique, sournoisement couplé à un contexte d'austérité budgétaire, permet sous couvert d'équité le développement d'une certaine uniformité.
Défendre une spécificité du territoire, et la simple description de la réalité sociale suffit à la justifier, me paraît une nécessité et j'aimerai entendre confirmer le soutien de la ville dans cette affaire."
CONSEIL MUNICIPAL DE ROUBAIX DU 20 DECEMBRE 2012
INTERVENTION DU GROUPE OUVERTEMENT A GAUCHE
DEBAT D'ORIENTATION BUDGETAIRE
C'est encore une fois l'occasion de signaler que le débat d'orientation budgétaire est censée être un moment fort du débat sur le projet et l'avenir de la commune.
A Roubaix, il a tendance à devenir un exercice de plus en plus répétitif.
On connaît la base : la situation sociale génère des recettes fiscales faibles compensées par les dotations versées par l'Etat.
Cette compensation a longtemps été insuffisante et on peut légitimement considérer que ce rééquilibrage à peu prés effectif depuis 2008 2009 est trop tardif.
Mais on sait que grâce à la DSU et tant que la DSU vivra, la ville dispose maintenant d'un montant de recette par habitant à peu prés équivalent à celui des communes de même importance.
A partir de là, c'est si j'ose dire, la routine : il faut maîtriser les dépenses et optimiser les recettes afin de dégager l'autofinancement suffisant pour actionner les financements extérieurs et dérouler la liste des investissements qui ont en gros 2 objectifs : maintenir ou remettre à niveau les équipements de base, réaliser suffisamment d'équipements structurant pour transformer la ville.
Une fois cela dit, le débat d'orientation budgétaire est clos, techniquement clos.
J'ai utilisé le mot routine au risque de choquer ceux qui consacrent temps et énergie, et pourquoi pas un certain talent, à faire fonctionner ce système.
Mais il faut bien exprimer le sentiment d'impasse.
La population est aux deux bouts de la chaîne de la gestion financière. Sa situation détermine la capacité de l'institution, défavorablement pour la fiscalité, favorablement pour les dotations.
L'action de l'institution doit en retour améliorer la situation de la population et donc engager en théorie un cycle vertueux qui verra les recettes fiscales augmenter et les dotations baisser.
Alors quel résultat ? Quelle évaluation ?
De quoi disposons nous ?
D'un ressenti forcément contradictoire selon que l'on assiste au vernissage d'une exposition à La Piscine ou que l'on se promène au fin fond d'un quartier.
Les chiffres ne sont malheureusement pas contradictoires mais convergents et on attends avec fatalisme la Nème étude sur la pauvreté ou les inégalités.
Mais le miracle roubaisien n'est il pas de continuer à danser sur un volcan qui n'explose pas ?
La ville court après 2 objectifs.
Celui qui lui est imposé par la réalité, à savoir la gestion d'un territoire que les pessimistes appellent de relégation ( quand les gens restent... ) et que les optimistes qualifient de rebond ( quand les gens s'en vont une fois la tête sortie de l'eau... ).
et le rêve que, protégé par le bouclier d'une action sociale pacificatrice, l'épée d'un aménagement urbain vigoureux finira par amener de nouvelles populations.
Penser résoudre cette contradiction était peut être intellectuellement tenable.
Au présent, elle n'est toujours pas résolue, les chiffres sont là.
Alors, quelle chance y a t il pour qu'elle le soit à l'avenir ?
1er élément
Faut il rappeler la crise, les crises ?
2ème élément
Jusqu'à présent, il faut bien constater que la métropolisation n'a pas empêché mais accompagné l'accroissement des inégalités entre territoires.
En tout cas, des inégalités résidentielles et il est paradoxal qu'une gestion de plus en plus inter communalisée aboutisse à une spécialisation sociologique toujours plus forte des territoires communaux.
Roubaix n'est pas la seule à s'appauvrir mais d'autres s'enrichissent.
Elle a aussi brouillé l'appartenance.
Finalement qui est Roubaisien ? Les gens qui y habitent, les gens qui y travaillent, les gens qui viennent, les gens qui partent, les gens qui restent, les gens qui passent, les gens qui visitent....
Qui profite ou non des politiques menées et qui a la perception que cela améliore sa situation personnelle et la situation de la ville ?
3éme élément
La péréquation des concours de l'Etat est favorable à Roubaix , elle peut - peut être - le rester avec une stabilisation globale de ces concours, le sera elle encore avec une baisse comme annoncée en 2014 et 2015, qui touchera aussi LMCU et les autres collectivités territoriales, département et région, contributives pour Roubaix ?
Que soient envisagées dans ces conditions des charges nette d'investissement de 20 millions en 2014 et de 33 en 2015 me laisse dubitatif.
Au final, je ne vois toujours pas de réelle tentative d'évaluation de ce que j'ai un jour appelé la rentabilité sociale de l'usage de nos ressources.
Je ne vois pas non plus une anticipation aux nouvelles donnes.
Faut il rappeler qu'une fois tous les 6 ans, même si on a parfois l'impression que certains trouve cela archaïque, est roubaisien celle et celui qui y vote ?
Cette échéance va supposer un sérieux effort de réflexion.
ROUBAIX / HOMMAGE
Publié le dimanche 25 mars 2012 à 06h00
De la mairie au canal, près de 80personnes ont marché pour rendre hommage à Abdelrahman, 9ans, mort noyé dans le canal, il y a deux semaines.
De nombreux messages de sympathie ont été adressés au frère (ci-dessus), qui représentait la famille.
Hier après-midi, de nombreux Roubaisiens se sont retrouvés pour rendre un dernier hommage au jeune Abdelrahman mort noyé dans le canal de Roubaix, il y a 15 jours. Ce sont des copains du frère de la victime qui ont pris cette initiative, saluée par la famille et des gens du quartier.
AGNÈS POIZOT > agnes.poizot@nordeclair.fr
Des tee-shirts blancs, un ruban blanc, des roses blanches. C'était leur façon de rendre hommage à cet enfant de 9 ans,
Abdelrahman, mort noyé le 10 mars dernier, après une chute accidentelle dans le canal de Roubaix.
« Je ne suis pas du quartier, je ne connais pas la famille, explique cette dame. Mais quand j'ai entendu qu'il y avait
une marche blanche, j'ai trouvé normal de venir. Par solidarité. C'est dramatique. Tous les jours je partage ça sur mon mur Facebook ». Une autre confie qu' « elle a été secouée
lorsqu'elle a appris l'accident ». Carole a souhaité venir avec sa fille Lucy. Elle était scolarisée dans la même classe qu'Abdelrahman à l'école Quinet-Bert à Roubaix. « Parler de ce
qui s'est passé a été difficile, raconte la maman. Elle m'a demandé où était parti son copain. À l'école, la maîtresse a expliqué, une psychologue était aussi présente ».
« On pense à lui »
Tous ces gens - et parmi eux Slimane Tir, élu à Roubaix - se disent affectés
par la mort du garçon « parti trop tôt » . Et hier après-midi, dans cette marche blanche, ils voulaient non seulement témoigner leur soutien à la famille, mais aussi réclamer
plus de sécurité aux abords du canal. « Le canal est très grand, estime Sabrina. Il est très bien aménagé. Mais la sécurité n'y est pas. Je suis très choquée par ce qui s'est passé. Et ce
serait bien de se dire qu'Abdelrahman n'est pas mort pour rien ». C'est aussi ce que pensent Abdel-Nacer et quelques copains du frère d'Abdelrahman qui ont organisé de A à Z cette marche
blanche. Un parcours d'une bonne demi-heure, de la mairie aux bords du canal, où a eu lieu l'accident. « On voulait dire qu'on pense à lui », dit simplement Abdel-Nacer qui ne
s'attendait pas à voir autant de monde. Il a mené Mohamed, son copain et frère d'Abdelrahman, vers les fleurs blanches, les bougies et les messages déposés au pied d'un arbre face au canal.
« Ce sont eux qui ont tout fait, je n'ai rien à dire », estime Mohamed qui se dit pourtant touché par l'initiative. Discret et pas forcément à l'aise, le jeune homme, après une minute
de silence et une prière, a remercié tout le monde d'être venu.
« C'est très dur, mais il faut accepter », glissera-t-il simplement sur le drame qui touche les siens.w
dimanche 25.03.2012, 05:30 - La Voix du Nord
Hier, vers 13 h 30, une cinquantaine de personnes se sont réunies sur la Grand-place ...
de Roubaix, afin de participer à une marche blanche en soutien à la famille du jeune Abderrahmane, 9 ans, qui s'est noyé dans le canal de Roubaix.
Le tragique accident a eu lieu il y a deux semaines. Le samedi 10 mars, en début d'après-midi, sur les berges du canal de Roubaix, deux cousins s'amusaient sur l'un des pontons du quai de Toulon. L'un d'eux, Abderrahmane, est tombé à l'eau. Il n'a pas réussi à se hisser sur la rive et a malheureusement coulé à pic. Les secours appelés sur place n'ont rien pu faire. Les plongeurs ont remonté à la surface le corps sans vie du jeune garçon.
Suite à ce drame, plusieurs copains d'Abderrahmane ont souhaité lui rendre hommage et apporter publiquement leur soutien à sa famille en organisant la marche blanche d'hier. Parti de la Grand-place, donc, le cortège encadré par la police municipale, s'est rendu à pied jusqu'au canal, sur le quai de Toulon, où s'est produit l'accident.
Parmi les participants, un peu plus nombreux à l'arrivée, se trouvait Slimane Tir, venu d'abord en son nom propre, « profondément touché par la mort du petit Abderrahmane », mais aussi pour « témoigner de la solidarité des élus de la communauté urbaine ». Abdel Nacer Nouri, un ami d'Abderrahmane, a pris les choses en main avec quelques amis proches, et a voulu aussi évoquer, sans lancer de polémique, la question de la sécurité au bord du canal, désormais remis en navigation. Cette portion du cours d'eau (le bief situé entre les rues de la Vigne et Ampère), est équipée de pontons en bois, qui donnent directement sur le canal, et de vieilles barres de métal sont visibles à certains endroits de la rive, en bordure d'eau.
Insuffisant, pour Mohamed, le grand frère d'Abderrahamane, seul membre de la famille présent hier. Sans insister, il faisait tout de même remarquer : « Regardez, il n'y a pas de quoi se rattraper au bord, pour un petit qui tombe à l'eau... » Avant de se disperser, la foule a respecté une minute de silence pour Abderrahmane, et ceux qui le souhaitaient ont également été invités à prier pour l'enfant. • W. H.
PHOTOS PATRICK DELECROIX
Je publie ci dessous le texte de l 'intervention de mon collègue Christian Carlier au Conseil Municipal du 15 Février 2012, au sujet du budget.
Nous étions évidemment attendus par les observateurs, journalistes et acteurs du microcosme sur notre position quant au vote du budget, acte essentiel dans la vie et la cohésion d' une majorité, alors que s' est ouverte une séquence nationale d' accords pour le changment aux sénatoriales et aux législatives.
Voici venu le moment de lever l'insoutenable suspense, l'autre insoutenable suspense de la soirée.
Mais que vont donc faire les élus du groupe « ouVERTement à gauche » à propos du budget 2012 ?
Il est traditionnel, et plutôt banal, de considérer le budget comme l'expression du projet politique de la majorité municipale et son vote comme la manifestation de son unité.
Qu'est ce qu'une majorité ?
Les Verts de Roubaix ont maintenant une longue expérience municipale.
En 1989 et en 1995, ils ont fait liste commune dés le 1er tour avec les forces de gauche, leur représentant a siégé pendant 2 mandats dans la minorité.
En 2001, ils ont fusionné entre les 2 tours avec l'autre liste de gauche, et je me souviens qu'elle était alors particulièrement sourcilleuse sur ce point, et ils ont participé à une aventure majoritaire.
Depuis 2008, ils n'appartiennent pas à la majorité.
Les Verts ont fait preuve de constance sur au moins 2 points.
D'abord dans leur ancrage à gauche et dans leur sens des responsabilités par rapport à cet ancrage.
Cela s'est vu en 89 et 95.
Les mutations sociales qui bouleversaient la ville donnaient de bien vilaines pensées à certains, les incertitudes de l’après Mitterrand faisaient vaciller les convictions de bien d'autres.
La facilité aurait peut être été alors de jouer perso et advienne que pourra de la gauche à Roubaix, ils ont fait alors liste commune.
Cela s'est aussi vu en 2001 où ils ont accepté une fusion qui n'était somme toute pas très équitable pour eux. Mais ce qui était susceptible de se passer à LMCU était important pour l'avenir de la gauche dans l'agglomération.
Nous savons que chacun, à Roubaix et ailleurs, fera preuve à l'avenir d'un tel sens des responsabilités.
Constance aussi dans l'affirmation de leur singularité écologiste et dans leur sens des responsabilités par rapport à cette singularité.
Singularité écologiste née dans l'expérience associative, professionnelle parfois, le terrain pour reprendre un mot galvaudé, expérience conduisant au constat que des valeurs comme démocratie, égalité, ne se traduisaient pas suffisamment en actes dans les politiques publiques.
Singularité développée, car comme le rappelait Eva JOLY, on ne naît pas écologiste, on le devient, par le constat que les crises financières, sociales, écologiques nous conduisent à l’abîme.
La responsabilité, c'est de ne pas accepter l’inacceptable, c'est aussi de refuser l'incantation, c'est de prendre les moyens pour que les choses changent dans le bon sens, en terme d'alliance, en terme de travail, ce qui est réalisé à LMCU et à la Région en atteste, comme ce qui a pu être fait à Roubaix de 2001 à 2008, certes dans la douleur.
Après 30 ans de Politique de la Ville, Roubaix est toujours sur le podium pour la pauvreté et les inégalités.
Tous les indicateurs écologiques passent au rouge et nous avons un président sortant qui n’arrête pas de proclamer que l'environnement, ça commence à bien faire.
C'est dire que des changements politiques s'imposent.
Il faut une expression écologique forte et autonome, c'est bien le sens de la candidature d'Eva Joly, il faut des accords pour travailler dans la rigueur, l'efficacité et le respect, c'est bien le sens de l'accord pour les législatives, après celui des sénatoriales.
Alors qu'est ce qu'une majorité municipale ?
C'est d'abord une liste qui se constitue et élabore son projet et son programme. C'est l'expression des électeurs, aussi, ne l'oublions pas.
Et une fois l'élection acquise, c'est un dispositif de travail qui doit mettre en œuvre le projet et aussi s'adapter aux évolutions et aux opportunités tout en tenant le cap.
A Roubaix, il y a une majorité, qui, de par sa volonté, s'est constitué sans les Verts, qui travaille, qui développe son projet qui n'était pas celui des Verts en 2008 et qui nous présente aujourd'hui son budget 2012, le fruit de son travail.
Et il y a un groupe minoritaire, ouVERTement à gauche, qui, et pour cause, n'a pas participé à ce travail.
La conclusion s'impose : nous ne faisons pas partie de la majorité municipale, nous n'avons pas participé à ce budget, nous ne participerons donc pas au vote.
Et je voudrais pour finir saluer Mme FRANCOIS qui, dans cette majorité qui n'est pas la mienne, s'est chargé d'une tâche toujours ingrate dans un environnement ingrat.
Christian CARLIER
15 février 2012
Conseil Municipal de Roubaix du 22/12/2011
Délibération sur le dispositif service civique
Nous souhaitons saluer l’initiative de la ville sur son adhésion au dispositif service civique.
Le Service Civique permet à tous les jeunes qui le souhaitent de consacrer du temps, de l’énergie et du talent à des missions utiles pour la société.
Le Service Civique c’est
· Un engagement citoyen reconnu et valorisé
· Une chance de vivre de nouvelles expériences
· L’opportunité de se rendre utile et de faire bouger la société et surtout c’est la possibilité pour des jeunes gens issus des quartiers difficiles d’avoir une première expérience.
Ce dispositif peut être pertinent à condition que l’on prenne toutes les mesures en amont et en aval pour permettre une véritable insertion des jeunes ET D’acquérir une formation citoyenne.
La délibération proposée pose un certain nombre d’interrogations :
1- Le nombre de jeunes:
Nous souhaiterions connaitre le nombre exact de jeunes qui vont pouvoir bénéficier de cette mesure. Dans la délibération présentée on nous parle de 17 missions sans nous donner le nombre de jeunes.
2- les missions salariées :
Nous souhaiterions avoir des informations précises sur les missions qui seront dévolues aux jeunes. La délibération prévoit en effet QUE c’est autour de 4 problématiques autour desquelles est structuré le projet.
Mais nous n’avons aucune information sur les taches qui seront proposées aux jeunes.
Notre souci est d’éviter que cette mesure ne se substitue à termes à des emplois existants, qu’elle constitue un réservoir d’emplois peu rémunérateurs pour des personnes en situation précaire.
En effet, autour de l’éducation pour tous. On retrouve dans cet axe la sensibilisation à la sécurité routière aux abords les écoles, il s’agit de missions qui sont déjà dévolues à une association SES en l’occurrence.
-En outre, dans l’axe citoyenneté, on nous parle de l’animation dans des espaces jeunes, l’organisation d’animations citoyennes. Missions qui sont déjà remplies par des animateurs de la ville de Roubaix.
Nous voulons avoir la confirmation que ces postes ne vont pas remplacer des postes d’animateurs et remplacer des embauches traditionnelles.
Nous nous permettons d’inciter car ce genre de dérive qui ont déjà été pointées dans d’autres par le rapport parlement des députés les députés Bernard Lesterlin (SRC) et Jean-Philippe Maurer (UMP) .
Il faut prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter ces écueils, pour cela nous espérons que les syndicats seront associés aux différents recrutements.
3-Concernant la nature des postes proposés :
Bien que le fait de « se rendre utile aux autres » est souvent cité comme très satisfaisant personnellement par les volontaires eux-mêmes, le service civique doit constituer également un atout professionnel.
En effet, à la fin du service civique, la ville doit délivrer à la personne volontaire, une attestation et un document qui décrit les activités exercées et évalue les aptitudes, les connaissances et les compétences acquises pendant la durée du service civique.
Il est donc nécessaire de veiller, dès à présent à identifier des missions précises, des tâches intéressantes et formatrices qui ils pourront valoriser et qui seront surtout valorisables sur le marché du travail.
Nous espérons que les acteurs de terrains, comme les associations de jeunesse, les centres sociaux pourront être associés ou informés aux différents recrutements des jeunes. afin de pouvoir diffuser l’information auprès des jeunes des quartiers
4-La formation des jeunes :
L’intérêt de ce dispositif, réside également dans la formation qui sera donnée aux jeunes. Pourrions-nous rapidement avoir une vision des formations qui seront proposées aux jeunes ;.
5. Quelle citoyenneté dans le service civique ?
Le service civique sera pour de nombreux jeunes leurs premières expériences professionnelles. C'est aussi pour les institutions et les pouvoirs publics locaux une formidable opportunité de créer un lien avec la jeunesse.
Le service civique est une chance pour donner aux jeunes de notre ville le goût de l'engagement citoyen et du service public.
Au moment où notre ville connait des chiffres d'abstention record en particulier chez les jeunes, il faut saisir l'opportunité du SC pour offrir des missions de qualité à ces jeunes dans des domaines importants du développement de notre ville.
Nous pouvons les associer aux grands projets qui l'animent pour l'écoquartier de l'Union, la transformation urbaine, ou encore la culture.
C'est par cette valorisation de leur action que nous en ferons des ambassadeurs de la citoyenneté.
En conclusion, nous pensons que le service civique est une chance pour les jeunes d'accéder à une activité temporaire.
Si nous voulons que ce soit un accès à la citoyenneté, à l'emploi pérenne et un enrichissement pour nos jeunes, il nous faut nous interroger dès maintenant sur la formation, le choix des missions ou encore la sélection des jeunes qui bénéficieront du Service Civique.
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