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22 septembre 2007 6 22 /09 /septembre /2007 15:38
Il est tout à fait utile, maintenant que les masques tombent, d' attirer votre attention sur le "décryptage" méthodique d' une manipulation politique, au travers d' une contre enquête à la prose publiée dans Valeurs Actuelles, qui se situe dans le droit fil d' un nauséabond ouvrage de Philippe AZIZ, " Le Paradoxe de Roubaix", publié dans les années 90.
 A une époque où l' agitation permanente comme politique  et l' incontinence médiatique comme amplificateur, empêchent la réflexion, il est bon faire un  "ARRET SUR IMAGES", pour tenter de comprendre comment les choses ont pû se jouer.
 Je vous propose ci dessous un " ARRET SUR ECRAN ", pour prendre vos distances avec les opérations de propagande. Bonne lecture.
 

Les Verts de ROUBAIX :

Une présence de musulmans qui dérange.


Contre enquête.


Il existe manifestement un gros malentendu entre les Verts de ROUBAIX et certains « républicains ». Chrétiens, cultureux, agnostiques, jeunes, athées, sportifs, et musulmans se retrouvent chez les verts. Ils y font de la politique. C’est ce qu’on fait dans un parti politique.

En dehors, chacun fait ce qu’il veut dés lors qu’il respecte les principes républicains que naturellement tous les militants respectent. Chacun milite donc où il veut : associations de solidarité, associations culturelles, associations sportives, associations de quartier, associations de jeunes, …

La plupart des engagements ne font l’objet d’aucun commentaire de la part de quiconque. Ce qui fait visiblement débat, c’est le fait que des musulmans qui s’assument et se déclarent comme tels soient militants Verts. Il y a aussi chez les Verts de ROUBAIX des chrétiens et des athées qui s’assument comme tels mais apparemment cela n’intéresse personne.

La question a été largement agitée par Messaoud BOURAS, un roubaisien qui se défini comme « dissident vert » et « musulman laïc ». Son histoire personnelle contribue certainement à expliquer ses ressentiments (il parle d’un divorce, d’une femme musulmane, de problèmes de garde d’enfants…). Il est très écouté par des personnes telles que Caroline FOUREST.

Localement, sur le plan politique, il est relayé ou accompagné ou amplifié par Christian MAES, conseiller municipal MRC de ROUBAIX.

Il communique beaucoup par e-mail et certaines personnes lui ont accordé une oreille attentive à diverses occasions.

Le nœud du débat tourne autour de deux positions :


  • Globalement, les Verts de ROUBAIX estiment qu’il est bon que le groupe des Verts soit un lieu où se rencontrent toutes les diversités roubaisiennes. Ils pensent donc notamment que la participation de jeunes musulmans à un parti politique « classique » participe à la sécularisation de l’engagement militant de ces jeunes1. En d’autres termes, ils pensent qu’un(e) bon(ne) musulman(e) peut faire un(e) bon(ne) militant(e) et un(e) bon(ne) élu(e), et que c’est bon pour la République.


  • Les détracteurs des Verts de ROUBAIX pensent qu’un musulman qui fait de la politique c’est l’islam politique en marche. Ils pensent qu’ils sont l’aile politique des islamistes et qu’ils mettent en péril la laïcité et la République.


Après les rumeurs locales, les rumeurs Internet, la presse locale, c’est maintenant la presse nationale qui s’attaque à la question du particularisme des Verts Roubaisiens.

Libération a ouvert la marche par un entretien avec Messaoud BOURAS.

Marianne a suivi par un dossier.

Valeurs Actuelles consacre un dossier de six pages à une enquête de Benjamin Mathieu intitulée : Des « Verts » tendance islam.2

 Les éléments du Dossier de Valeurs Actuelles

Les éléments :
Le dossier est composé d’un article général et de trois encadrés3.

Huit photos présentent les personnes dont on parle4. :

Quatre photos visent à contextualiser le dossier. Avant de s’attacher à l’étude du texte, elles méritent qu’on leur consacre un peu d’attention :


Des photos qui posent un certain contexte :

Une photo du Coran prise par-dessus l’épaule d’un homme qui le lit.

La légende qui figure sous cette photo est « FINANCEMENT PUBLIC DU PROSELITISME  Les associations subventionnées par la municipalité remplissent-elles leurs obligations statutaires ?

La légende n’a rien à voir avec la photo. Le message escompté est donc une association des deux. Une question est apparemment posée avec une photo qui induit une idée de la réponse.

Une Photo dont la légende est : « l’église Saint Martin ».

Sur cette photo, on voit au premier plan une musulmane qui traverse dans le passage pour piétons. Elle pousse une poussette.

Les ombres portées et la couleur de la lumière montrent que l’on doit se trouver vers la fin de l’après-midi, aux environ de l’été. La disposition des bacs avec les arbustes permet de situer la période aux environs de l’été 2005.

L’endroit où se trouve la dame est la grand-place de ROUBAIX, non pas du côté de l’église mais du côté de la mairie. Il n’y a que là qu’on peut voir des bordures de trottoir comme celles que l’on voit de part et d’autre du passage pour piétons sur lequel elle se trouve.

La photo a été prise depuis la mairie (devant la mairie, près de la sortie du parking). Cette photo n’est pas une photo d’agence, elle est indiquée comme étant la propriété de « VA » (Valeurs Actuelles, le revue qui publie le dossier). Si le photographe avait voulu une photo de Saint-Martin, de l’endroit où il était il pouvait en prendre une belle. La proportion entre la taille de la dame et celle du morceau de façade de l’église montre que le journaliste de Valeurs Actuelles a zoomé la dame sur fond d’église.

Cette photo ne représente pas simplement « l’église Saint-Martin ». On peut raisonnablement penser qu’elle a pour rôle d’alimenter certaines représentations particulières d’un lectorat orienté. Toujours rien à voir avec les Verts….


Une Photo d’une musulmane dans la manifestation contre le spectacle d’Enrico MACIAS, à ROUBAIX.


Il s’agit d’une dame du quartier de l’Hommelet (association de parents d’élèves, comité de quartier,…). Cette photo est encore un élément choisi de contextualisation, mais une contextualisation bien étrange et partiale dans un article qui titre sur les Verts.

Ceux qui ont suivi cette affaire qui remonte au 26 novembre 2000 5 savent que si Verts il y avait ce jour là, c’était dans la salle pour défendre l’artiste et non parmi ceux qui voulaient l’empêcher de s’exprimer. Slimane TIR notamment était dans la salle. C’est une fois encore où il condamnait - cette fois-ci en acte - des amalgames honteux et indignes. Le spectacle avait été annoncé le matin encore par Radio Pastel qui soutenait l’artiste.

Du côté de Rencontre et Dialogue - puisqu’il en est question dans l’article – personne ne se trouvait à cette manifestation parce que ce soir là Tarik RAMADAN était présent à ROUBAIX et donnait conférence dans la salle Wattremez. Pour les roubaisiens qui auraient voulu s’extérioriser en tant que musulman ce soir là, le choix était donc simple : soit le débat avec Rencontre et Dialogue et Tarik RAMADAN, soit la manifestation devant le Colisée6. On est, finalement à l’opposé des amalgames que Valeurs actuelles voudrait suggérer.

Cette photo a été placée là parce que sur l’affichette que tient la dame il est écrit « sionisme = nazisme » et que ce genre de propos rappellent les propos condamnables d’Hassan IQUIOUSSEN.

Une Photo d’immeubles avec devant une dizaine d’enfants, tous visiblement d’origine magrébine.

La légende de cette photo est « l’une des cités de ROUBAIX où les islamistes sont très actifs ».

Il s’agit encore d’un document de « contextualisation ».

Sans commentaire…

Comme on le voit, aucune de ces photos ne concerne les Verts. Elles ne sont donc pas là pour illustrer par l’image des faits exposés par écrit, elles n’y renvoient d’ailleurs pas. Elles représentent des éléments choisis de contexte roubaisien. Le Coran, une musulmane devant une église, une autre qui manifeste contre Enrico MACIAS, des enfants magrébins qui jouent devant des HLM. Ce ne sont pas les Verts qui sont visés par ces photos mais l’Islam.

Des éléments de contexte dans le corps même du texte

Dans le texte de l’article lui-même, des éléments écrits jouent le même rôle que les photos de contextualisation. Ces éléments de texte n’ont rien à voir avec les Verts de ROUBAIX. Ils sont là non pas pour prouver ou démontrer une quelconque collusion des Verts avec les islamistes, mais pour associer directement ou indirectement l’islamisme à des violences commises à ROUBAIX.


Il s’agit du cas de Monsieur MARX victime d’antisémitisme, de la stèle à la mémoire des harkis souillée de peinture rouge, et de Messaoud BOURAS également agressé. Aucune de ces violences n’est rattachable de près ni de loin au Verts. Leur présence dans le texte pourrait cependant le laisser supposer. Pour les non roubaisiens, il faut donc un décryptage :


Monsieur Marx.


Il n’y a aucune raison objective de remettre en cause l’exemple de Monsieur MARX. Ses difficultés sont connues et Monsieur MARX a d’ailleurs déjà écrit plusieurs fois à la presse locale et s’est notamment solidarisé avec Messaoud BOURAS. En revanche, les menaces et les agressions dont il souffre n’ont rien à voir avec les Verts de ROUBAIX. D’ailleurs, Monsieur MARX ne le dit pas, le journaliste ne le dit pas non lus, en fait personne ne le dit, simplement le cas de Monsieur MARX est cité comme exemple ou illustration7 dans un article dont le titre parle des Verts de ROUBAIX.


Le raisonnement c’est : Monsieur MARX a été victime d’antisémitisme (le contexte – son fils s’est fait nommer « SHARON » par des roubaisiens – montre que l’on est dans le cadre d’un effet secondaire de la crise palestinienne et qu’il s’agit bien d’un conflit où les parties prenantes sont juifs et musulmans). Hassan IQUIOUSEN a tenu des propos condamnables sur les juifs. Hassan IQUIOUSSEN a été invité par Rencontre et Dialogue. Des membres de rencontre et dialogue sont membres des Verts…. (Et on laisse au lecteur le soin de conclure que les Verts auraient leur part de responsabilité dans les agressions antisémites...).


Il s’agit apparemment d’une chaîne logique. Or il suffirait qu’un seul maillon de cette chaîne soit rompu pour que l’ensemble du raisonnement s’effondre.


Cette chaîne logique est effectivement rompue puisque les Verts de ROUBAIX, ont condamné les propos antisémites. Ils l’ont fait à plusieurs reprises publiquement, notamment par la voix de Slimane TIR, lors du conseil municipal du 16 décembre 2004, à l’occasion du débat sur la délibération n°473 relative aux « subventions versées par la ville aux associations – attribution d’une avance sur subvention ». Il a dit, dans une intervention où il était pris à partie au sujet d’Hassan IQUIOUSSEN : « vous me demandez de condamner les propos, les dérapages antisémites d’une certaine personne, moi je n’ai aucun état d’âme, je les condamne. Je les ai condamnés en d’autres endroits ».8

 

Ce qu’il y a de particulièrement choquant, c’est qu’il est fort probable que le journaliste avait connaissance exacte de l’intégralité des propos tenus par Slimane TIR et qu’il a fait le choix délibéré de ne pas en parler. 9

 

S’il en parlait, l’exemple de Monsieur Marx n’avait plus rien à faire dans un article sur les Verts de ROUBAIX. D’un autre côté, le journaliste ne dit pas non plus explicitement que les Verts sont en cause. Il se contente de présenter une chaîne apparemment logique mais qui ne doit cette apparence de logique qu’au fait qu’on supprime les éléments qui gênent le raisonnement.


Résumé : On veut faire croire que les Verts cautionnent l’antisémitisme alors qu’ils le condamnent publiquement.



La stèle à la mémoire des harkis.


Une stèle à la mémoire des harkis a bien été « maculée de peinture rouge », comme il est dit dans l’article. Là non plus, cela n’a rien à faire dans un article sur les Verts de ROUBAIX.


Ici, la chaîne logique suggérée par l’ordonnancement des propos du journaliste est la suivante : la stèle à la mémoire des harkis a été souillée par des personnes qui ont voulu porter atteinte aux harkis en raison de ce qu’ils représentent. Les Islamistes et Indigènes de la République (manipulés par les Islamiste), qui exploitent le ressentiment et la haine anticoloniale à des fins politiques, poussent à ce genre d’actes. L’Université Populaire et Citoyenne (U.P.C.) a donné la parole peu de temps après à des personnes qui développent des thèses compatibles avec certaines thèses des Indigènes de la République.10 Des membres de l’U.P.C. sont membres des Verts. (Donc sous entendu : les Verts de ROUBAIX seraient liés aux violents islamistes et responsables d’une certaine façon de ce qui est arrivé à la stèle).

Là aussi, si l’on possède l’ensemble des éléments, on voit que la chaîne logique est irrémédiablement rompue.


Contrairement à ce que laisse comprendre l’article, l’acte commis sur la stèle des harkis n’est pas un acte isolé à ROUBAIX, et rien ne permet de supposer une thèse Islamiste. Depuis au moins deux ans, toute une série d’actes ont été commis. En septembre 2004 et en avril 2005, la pharmacie des Trois Ponts a été maculée de tags injurieux (« Negro »,…) à l’égard du pharmacien, Serge Takenne, d’origine camerounaise.

Ces tags ont été attribués par le pharmacien à « des jeunes qu’il empêche de zoner devant [sa] pharmacie », en revanche Nord-Eclair préférait ne pas conclure et titrer « tags racistes ou gestes imbéciles ? ». Les auteurs n’ont jamais été retrouvés.


En février 2005, apparemment dans la nuit du mardi 22 au mercredi 23, des tombes du carré musulman du cimetière de HEM ont été taguées et l’on pouvait y lire : « SS » ; « Adolf Hitler » ; « 1488 » ainsi que des croix gammées. La presse a largement couvert cette affaire. 11 Les auteurs n’ont jamais été retrouvés.


Le 26 février 2005, des inscriptions, et notamment des croix gammées ont été taguées à l’entrée du cabinet médical du Docteur Nour-Eddine TALEB-HAMED (à HEM) ainsi que sur la façade du laboratoire médical BAXOU situé en face du cabinet et dont le dirigeant est d’origine asiatique. La ville de HEM a fait effacer rapidement ces tags et la presse n’a pas couvert l’évènement. Monsieur TALEB a écrit à plusieurs élus et militants locaux pour s’en étonner.12 Les auteurs des faits n’ont jamais été retrouvés.


Rien ne permet de conclure que ces faits sont liés. Apparemment toutes les inscriptions ont été taguées à l’encre rouge mais il peut ne s’agir que d’un hasard.


En tout état de cause, ces faits concernent des personnes qui ne sont pas automatiquement des harkis. Pour les tombes de HEM, il s’agit de familles de harkis. On n’imagine pas des islamistes profaner des tombes de musulmans.


Rappelons par ailleurs que l’appel des indigènes de la République remonte au 19 janvier 2005, qu’il visait une mobilisation pour mai 2005 et qu’il n’a manifestement pas pu être à l’origine des profanations de février 2005, aucun autre discours que l’appel d’origine n’ayant été diffusé à cette époque (d’ailleurs personne ne l’a jamais envisagé dans le cadre de l’enquête ni dans la presse ni nulle part ailleurs) et que ces profanations visaient des tombes de familles de harkis.


Il n’y aucune raison aujourd’hui pour que dans un même contexte des attaques anti-harkis soient soudain imputables au discours des Indigènes de la République. En s’enfermant dans des accusations à but politicien, on cache ce qui objectivement ressemble plus à un ensembles d’actes d’un petit ramassis de néonazis qui, on le sait, ont toujours cherché à détruire la complexité qui fait la beauté de la société humaine pour la ramener à un ordre simplifié à la portée de leur cerveau.


Résumé : On veut faire croire que les Verts seraient indirectement responsables d’actes condamnables alors que ces actes sont probablement le fait d’un ou plusieurs néonazis ou de quelque déséquilibré.


Les agressions physiques et les menaces dont a été victime Messaoud BOURAS.


Les vifs propos, dont certains peuvent a bon droit être effectivement qualifiés de « menace », sont bel et bien réels. Ils émanent d’un Monsieur SEGUINI qui a un site Internet13 avec un forum où il est question de ROUBAIX. Des échanges entre M. BOURAS et M. SEGUINI ont eu lieu sur ce site. M. BOURAS a fait une publicité de ces échanges, notamment par voie de mails, auprès d’un certain nombre de roubaisiens.


Ce monsieur SEGUINI n’a rien à voir avec les Verts. D’ailleurs, le journaliste ne le dit pas. M. BOURAS ne le dit pas non plus. En fait, personne ne le dit. Cette histoire sert à contextualiser le « combat » de M. BOURAS. Le seul problème, c’est que le titre de l’article n’est pas « le combat de Messaoud BOURAS » mais « Des Verts tendance islam ». Le lecteur inattentif peut finalement croire que ce sont les petits copains des Verts qui menacent et agressent. Ce n’est pas ce qui est dit dans l’article.


A la lecture de l’article, il apparaît que le but du jeu serait de faire d’un petit amalgame entre des agressions au moins verbales dont je viens d’expliquer d’où elles viennent14 et une assignation devant les tribunaux par l’association Rencontre et Dialogue que Messaoud BOURAS a qualifiée de « négationniste ». L’association s’estime diffamée. La réponse de Messaoud BOURAS est du type « ben si on peut même plus rien dire ! » ce qu’il exprime par les propos suivants : « Ce que je revendique, c’est que des organisations subventionnées laissent s’exprimer des musulmans critiques. … ». Jusqu’à preuve du contraire, c’est très exactement ce qu’elles font dans le cadre des lois en vigueur et, s’il y a doute sur le respect des lois, elles demandent aux tribunaux de la République de trancher.


Quoiqu’il en soit, toujours rien à voir avec les Verts.



Résumé : Aucun Vert ni aucune personne proche des Verts de ROUBAIX n’est soupçonnée d’avoir menacé ni d’avoir agressé qui que ce soit.




Des encadrés pour apporter un éclairage particulier


Les encadrés ne parlent pas des Verts de Roubaix. Ils complètent le tableau du contexte tel qu’il est vu par le journaliste.


L’encadré avec un « rappel » sur « le gang de ROUBAIX ».


Nul besoin de préciser que cela n’a rien à voir avec les Verts. Une fois de plus d’ailleurs, il n’est écrit nulle part que cela avait à voir avec les Verts. Il s’agit encore d’un élément de « contexte ». L’idée c’est de dire qu’on est à ROUBAIX alors on va « rappeler » ce qu’est ROUBAIX. On met en exergue un fait divers marquant qui regroupe tous les fantasmes : le cas du jeune Lionel DUMONT devenu Abou Hamza terroriste islamiste.


Ce fait divers interroge sûrement. Au lieu de chercher à comprendre, en n’analysant pas et en citant ce cas, on induit l’idée selon laquelle finalement les Verts, sujet du dossier, on quelque chose à voir avec des parcours de vie comme celui de Lionel DUMONT.


Ce n’est dit nulle part, et donc inattaquable.


Ce qui est induit avec ce cas, c’est qu’un petit roubaisien depuis cinquante générations peut devenir islamiste et que peut être le contact expose au glissement. Donc il ne faut pas discuter, il faut combattre. Ce sous entendu possible vient à l’encontre de la position des Verts de ROUBAIX qui laissent à chacun rendre à Dieu ce qui est à Dieu, du moment qu’il rend à la République ce qui est à la République.


En résumé : Les Verts ne sont pas désignés comme responsables de ce qui reste sans doute le plus grave fait divers roubaisien de la fin du siècle. Ca n’a évidemment rien à voir avec les Verts.



L’encadré avec l’entretien de Messaoud BOURAS


Messaoud BOURAS reproche à la ville de ROUBAIX de ne pas l’avoir embauché15.


Il reproche à la justice de ne pas lui avoir donné la garde de ses enfants.


Il se dit menacé de mort. Cela renvoie à ses différents avec le « Ptitconcitoyen » comme il l’explique lui-même en soulignant que les menaces figurent sur le même site qui menace également l’islamologue Anne-Marie Delcambre16.


Ensuite, il parle de l’affaire des caricatures.


L’élément de contexte apporté par cet entretien est un déplacement dans le temps. Un certain nombre d’éléments de l’article17 permettent de penser que l’article a été rédigé aux alentours de l’été 2005. Le fait d’aborder la question des caricatures vient actualiser l’ensemble du dossier.


Tout cela n’a rien à voir avec les Verts qui ne sont d’ailleurs visés à aucun moment, sauf dans le sous-titre où M. BOURAS est présenté comme « Dissident des Verts ».


Comme pour le reste, rien n’est dit (sans doute parce qu’il n’y a rien à dire) et tout est suggéré.


L’encadré avec l’entretien de Christian MAES


Comme celui de M. BOURAS, l’entretien avec C. MAES est récent. On y évoque l’affaire de la stèle des harkis survenue en février dernier.


Christian MAES reproche à l’U.P.C. un manque d’ouverture coupable et une connivence avec les indigènes de la République.


Il les rend responsables de ce qui est arrivé à la stèle des harkis. Cette petite théorie ne résiste pas un instant à la confrontation des faits, comme on l’a démontré plus haut.


Il reproche à l’U.P.C. son action déstructurante et son manque d’ouverture18.


Il renvoie néanmoins à un climat général qui, selon lui, règne actuellement en France.


Interrogé sur Rencontre et Dialogue, il reproche le même manque d’ouverture que celui qu’il reproche à l’U.P.C.


Il part ensuite sur une diatribe sur les Verts et des associations militantes religieuses pour conclure par : « Pour l’instant la remise en question des principes n’a pas eu lieu ».


Finalement, il ne dit rien de précis mais fait juste état de ses craintes. Il ne reproche rien au Verts directement, sauf peut-être de jouer avec le feu parce qu’il se situe dans la mouvance de ceux qui pense que le musulman fait de la politique pour islamiser la société parce que c’est culturel et qu’il ne sait pas faire la différence entre pouvoir religieux et pouvoir politique, tandis que les Verts de ROUBAIX agissent d’une façon qui dit que l’intégration passe par la reconnaissance et qu’un musulman convaincu peut comme n’importe qui d’autre participer à la vie politique et que c’est bon pour la République et que cela aura sans doute en plus pour effet de séculariser son engagement militant : il est ce qu’il est et il reste ce qu’il veut être et la société l’inclus parce qu’il en est un acteur qui en accepte les règles.




Le corps du texte du dossier de Valeurs Actuelles


L’article en lui-même met en cause l’Association Rencontre et Dialogue en s’appuyant sur des propos inacceptables tenus par Hassan IQUIOUSSEN. Le Président de Rencontre et Dialogue avait dit à l’époque le caractère condamnable des propos du prédicateur mais avait refusé une rupture avec Hassan IQUIOUSSEN dès lors que ce dernier exprimait des regrets au sujet de ses propres propos.


On est ici sur un débat tactique. Tarik RAMADAN et ses amis disent qu’ils ne veulent pas se couper d’une partie de la base des musulmans européens et veulent les ramener progressivement à accepter une adaptation démocratique du fait religieux, que cela ne peut se faire que progressivement, qu’il faut s’adapter étape par étape. Leurs détracteurs disent qu’ils ont un double langage.


Quoiqu’il en soit, cela ne concerne pas les Verts de Roubaix qui ont, en parole et en acte, toujours condamné les dérives antisémites et les discours de repli communautaire.


Le journaliste parle ensuite de l’U.P.C. qu’il présente, de façon erronée, sans doute mal documentée, comme un relais des indigènes de la République.


On est toujours dans le même type de débat.


L’U.P.C. discute avec ceux qui font débat. Ce qui est vécu comme une ouverture par l’U.P.C. est vécu par ses détracteurs comme un enfermement dans la logique non communément admise de tel ou tel invité.


Quoiqu’il en soit, il n’est toujours pas question des Verts.


Les Verts de ROUBAIX ne défrayent pas le quotidien de la chronique locale sur la question de l’Islam. Leurs actions et leurs montées au créneau se font essentiellement sur les thèmes de la jeunesse tant sur l’offre de service que sur la participation, du développement durable, de la question sociale, de l’aménagement de la ville, du cadre de vie, la coopération décentralisée, etc…


Le reste de l’article, à part les « exemples » déjà analysés plus haut, concerne soit des généralités sur les islamistes en France, soit des questions de positionnement politiques.


Christian MAES pour le MRC roubaisien parle de la « forte présence de population issue de l’immigration magrébine » chez les Verts.


Max-André Pick pour l’UMP dit que « Slimane TIR, le leader écologiste, veut être le premier maire maghrébin de ROUBAIX. Mais comme il n’existe pas de vote communautariste à ROUBAIX, il s’arrange pour le créer ». C’est sans doute aussi stupide que de dire : « René VANDIERENDONCK veut être le premier maire d’origine belge de ROUBAIX. Mais comme il n’existe pas de vote communautariste à ROUBAIX, il s’arrange pour le créer ».


Max-André PICK nous dit tranquillement que Slimane TIR veut être non pas « Maire de ROUBAIX » mais « Maire maghrébin de ROUBAIX ». Il dit tranquillement que s’il veut être Maire, il ne peut pas compter sur un rapport de force politique classique, mais qu’il a nécessairement et fatalement besoin d’un « vote communautariste ». Ce raisonnement implique que Slimane TIR est d’abord considéré comme maghrébin, et ensuite seulement comme politique. Max-André PICK qui saura par ailleurs l’enjoindre à l’assimilation sous couvert de modernité, (ce qui implique de considérer chaque individu pour lui-même en fonction de ce qu’il est et en fonction des groupes auxquels il choisi de s’affilier ou de se désaffilier), ce même Max-André PICK va assigner Slimane TIR à la communauté maghrébine : « il veut devenir le premier maire maghrébin » mais « il n’y a pas de vote communautaire » alors « il s’arrange pour le créer ». Ce propos de Max-André PICK devrait faire réfléchir parce qu’il contient en lui un venin qui aujourd’hui empoisonne la République.


Côté socialistes, c’est Michel DAVID qui est interviewé. Contrairement aux deux précédents, il ne se place pas sur le champ d’un communautarisme supposé mais sur celui du rapprochement supposé entre les Verts de Roubaix et des courants de pensée. Son analyse rejoint l’idée d’une démarche qui doit aboutir finalement à un renforcement de « l’aile modérée de l’islam représentée par RAMADAN » qui rendra « envisageable d’isoler les djihadistes »19.


Encore une fois, ce n’est même pas la question. Les Verts de ROUBAIX ne prennent pas parti dans les débats à caractère religieux. Ils acceptent parmi eux des personnes qui ont des convictions religieuses. Ils ne prennent pas parti sur ces questions. Cependant si des propos ou des actes sont prononcés ou fait à l’occasion de prises de positions publiques touchant à la religion et que ces propos mettent en cause un quelconque principe républicain, ils ne s’interdissent pas de le condamner en parole et en acte. Non seulement ils ne se l’interdisent pas mais ils le font systématiquement, publiquement, officiellement (revoir si nécessaire les exemples plus haut, notamment sur les prises de position publiques de Slimane TIR). En dehors de cette limite nécessaire, ils respectent la liberté de conscience garantie par l’article 1er de la loi de 1905.


La fin de l’article de Valeurs Actuelles aurait pu se contenter d’expliquer que

  • Les socialistes roubaisiens ont besoin des Verts de ROUBAIX pour gagner la mairie.

  • Et la gauche a besoin de ROUBAIX pour garder la Communauté Urbaine

  • Donc la gauche de la Communauté Urbaine besoin des Verts de ROUBAIX

tout cela n’est peut être pas intégralement faux.


Au lieu de cela, alors même que - on l’a vu – il n’y a rien dans l’article qui vienne véritablement étayer la thèse de l’irrésistible montée de l’islamisme politique20 , Valeurs Actuelles fait le choix de pousser son petit raisonnement un cran plus loin :

  • Les verts de Roubaix acceptent l’ingérence du religieux dans la politique

  • Or les socialistes roubaisiens ont besoin des Verts de ROUBAIX pour gagner la mairie.

  • Et la gauche a besoin de ROUBAIX pour garder la Communauté Urbaine

  • Donc la gauche de la Communauté Urbaine maintient un certain statu quo sur l’ingérence du religieux dans le politique.


Bien sûr, comme l’argument ne résiste pas à l’analyse (pas plus que le reste de l’article), il est posé au conditionnel : « un certain statu quo serait donc de mise ».



Voilà les éléments que je voulais apporter en complément de la prétendue « enquête » parue dans Valeurs actuelles.

1 En cela, la démarche des Verts de ROUBAIX se trouve validée au niveau international par des analyses telles que celle de International Crisis Group. Voir notamment le rapport Europe n° 172 de cette O.N.G. en date du 9 mars 2006 : « La France face à ses musulmans : Emeutes, jihadisme et dépolitisation. http://www.crisisgroup.org/home/index.cfm?id=4014&l=2


2 Valeurs actuelles n° 3616 du 17 mars 2006, dossier dont le texte est repris sur le site de l’hebdomadaire à la page http://www.valeursactuelles.com/magazine/france/visu_france.php?position=2&nb=3&num=3616


3 Un encadré avec un interview de Messaoud BOURAS, un autre avec un interview de Christian MAES et un troisième avec un « rappel » sur le « gang de ROUBAIX ».


4 - Les responsables de l’U.P.C, Majdouline SBAI (« présidente locale des Verts »), Vincent BOUTRY, …

- Ali RAHNI (seul et avec Tarik RAMADAN)

- Siham ANDALOUCI

- Hassan IQUIOUSSEN (il s’agit d’une photo AFP prise dans le hall de la mosquée d’ ESCAUDIN, près de valenciennes)

- René VANDIERENDONCK avec Jean Louis BORLOO.

- Messaoud BOURAS (sur la grand-place de Lille)

- Christian MAES (dans son bureau en mairie)


5 Les choses étaient d’ailleurs tellement claires qu’à l’époque personne n’a même insinué que les Verts auraient pu, même indirectement, faire preuve de tiédeur dans leur détermination à défendre les principes républicains. S’il y avait eu le moindre doute, l’occasion était rêvée : on abordait la période électorale.

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commentaires

Roubaisien. 06/01/2008 10:00

Ce monsieur Roubaisien n’a rien à voir avec les Verts. D’ailleurs, le journaliste ne le dit pas. M. BOURAS ne le dit pas non plus. En fait, personne ne le dit. Cette histoire sert à contextualiser le « combat » de M. BOURAS. Le seul problème, c’est que le titre de l’article n’est pas « le combat de Messaoud BOURAS » mais « Des Verts tendance islam ». Le lecteur inattentif peut finalement croire que ce sont les petits copains des Verts qui menacent et agressent. Ce n’est pas ce qui est dit dans l’article.


Mon prénom n'a rien à faire sur le blog d'une personne m'ayant souillé corporellement et allant jusqu'au viol.
Comme vous ne réagissez pas, j'en fais état au parquet.
Je persiste dans mes accusations vous concernant.
Je ne suis pas votre supplétif sexuel dans votre écurie d'Augia.
Et que vous le voulez ou non, vous ne serez plus élu dans ma ville de naissance.
Le citoyen ne vous à pas adopté.
Bien le bonjour à "randa.

Roubaisien 29/12/2007 15:56

Veuillez enlevez mon prénom de votre blog.
C'est bien votre ex servante bouras, qui est venu m'agresser et une plainte en a suivi.
Mais c'est de chez vous, que la polémique a débuté.
Et j'interviens avec un pseudo et non sur mon identité sur la toile.
Pour le reste, les choses suivent leur cour...

Slimane TIR 29/12/2007 23:58


qui etes vous ?


Marcel Leblanc 04/11/2007 12:18

vous avez raison il faut denoncer ces operations " déguelasses ". Continuez votre combat. Un proverbe arabe ne dit il pas : la caravane passe, les chiens aboient.

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