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ZAPPING VIDEO

video Roubaix 2008

25 septembre 2007 2 25 /09 /septembre /2007 12:25
Intense moment d' émotion ce dimanche matin à l' occasion de la messe d' au revoir de F. BONDUELLE, curé de la Paroisse Saint Joseph, dans le quartier de l' Alma à Roubaix.
 M. le curé, prêtre ouvrier, très impliqué dans la vie sociale, le projet du canal, le collectif de l' Union, nous quitte pour les Frères de la Côte. 
Il a voulu marquer son départ par des témoignages de solidarité vrais et de grande humanité. L' un des plus poignants fut l' épisode de la caravane. En plein hiver dernier, bravant la tempête de neige, sur les routes glissantes de la Flandre intérieure, il a récupéré, avec un peu d' aide une caravane pour abriter une famille de réfugiés sans abri, dans le quartier......Quelques oreilles au premier rang ont  certainement beaucoup sifflé.
L' église Saint Joseph, " celle du charpentier et des travailleurs " est le seul momument roubaisien classé à l' inventaire des Monuments historiques. 
Elle continue sa lente dégradation, malgré la mobilisation des " Compagnons de Saint Joseph " qui y organisent  régulièrement des activités culturelles pour sensibiliser l' opinion, la pugnacité aussi de Denise Bouchez et Christian Carlier pour obtenir des mesures minimum  de sauvegarde, dont on sait déjà qu'elles sont insuffisantes et pas à la hauteur des problèmes. 
A quoi sert il donc d' avoir dans cette équipe un élu délégué au Patrimoine, qui devrait faire montre d' une vigilance notariale et d' un engagement efficace ? Manifestement, nous n' avons pas, avec lui,  la même définition  ni du Patrimoine, ni des priorités.

Base des Prés du Hem, Armentières, Mosaïc ; Jardin des Cultures, friches industrielles, Ugine Kulhmann, Roubaix, Tourcoing, Wattrelos, Lille,  Office du Tourisme de Roubaix, navigation fluviale et de plaisance, lofts, Canal de Roubaix, Tourcoing, Marcq en Baroeul, Seclin, l’Espierre, Maxence Van der Meerch, Quand les sirènes se taisent, Parc de la Deûle, Maisons Folies, Condition Publique , Colisée, écluses et ponts de la Marque Urbaine, Blue Links, coopération transfrontalière franco-belge, A 24, O.G.M , écologie : Grenelle de l’environnement, Eglise Saint Joseph, ZAC de l’Union, Alma, 3 Ponts, Pile, Epeule,Sartel Carihem,Moulin Potennerie, A.I.R., Comité de Quartier, biodiversité, trame verte et bleue, espace naturel, communauté urbaine de Lille, diversité, Islam, Musulmans, citoyenneté, école de la réussite, participation des habitants, base des six bonniers, Lac du Héron, bataille de Bouvines, Randonnées pédestres, Lys, Escaut, protection de l’eau, habitat haute qualité environnementale, précarité, logement social, habitat insalubre, permis de louer, braderie de Lille, Grand stade, Euralille, Lille Europe, Atelier populaire d’urbanisme, changement climatique, réchauffement climatique, radios locales, blog 2, halal, chrome,pollution aux  métaux lourds, centre de valorisation énergétique (CVE), centre de valorisation organique (CVO), déchetterie, éco-quartiers, verts, altermondialisme, colonialisme, indigènes, République, archives de la navigation et des canaux, pastel FM, ouech, kabylie, kabyles, berbères, Afrique, Sénégal, Maghreb, Coopération décentralisée, Droits de l’Homme, relations Nord/Sud, Prix du paysage, pavillon bleu, école de voile en eaux intérieures, la Louvière de Don, le citadelle de Lille, Parc Barbieux, Musée la Piscine, André Diligent, Pouss cup, Lille Métropole Habitat, le Fresnoy Mackellerie, Hameaux de la Mémoire, chemins de halage, vélos routes, voies vertes, laïcité, vigilance laïque, Europe du Nord Ouest, nation républicaine, loi de 1905, construction de mosquées, liberté d’expression, liberté de cultes, loisirama, champs captants, discriminations, qualité de vie, émissions arabophones, berbérophones, lusophones, francophones, Algérie, Maroc, Tunisie, Maghreb,Portugal, Turquie,Espagne,  démocratie participative, réfugiés climatiques, solidarité avec les sans abris, non aux expulsions, respect des différences, architecture bio-climatique, protection de la faune et de la flore, non au nucléaire, énergies alternatives, biodiversité , pays arabes, harkis, rapatriés,bouira, ville de roubaix, Paris-Roubaix,ps-roubaix,upc-roubaix,les usines,

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22 septembre 2007 6 22 /09 /septembre /2007 15:38
Il est tout à fait utile, maintenant que les masques tombent, d' attirer votre attention sur le "décryptage" méthodique d' une manipulation politique, au travers d' une contre enquête à la prose publiée dans Valeurs Actuelles, qui se situe dans le droit fil d' un nauséabond ouvrage de Philippe AZIZ, " Le Paradoxe de Roubaix", publié dans les années 90.
 A une époque où l' agitation permanente comme politique  et l' incontinence médiatique comme amplificateur, empêchent la réflexion, il est bon faire un  "ARRET SUR IMAGES", pour tenter de comprendre comment les choses ont pû se jouer.
 Je vous propose ci dessous un " ARRET SUR ECRAN ", pour prendre vos distances avec les opérations de propagande. Bonne lecture.
 

Les Verts de ROUBAIX :

Une présence de musulmans qui dérange.


Contre enquête.


Il existe manifestement un gros malentendu entre les Verts de ROUBAIX et certains « républicains ». Chrétiens, cultureux, agnostiques, jeunes, athées, sportifs, et musulmans se retrouvent chez les verts. Ils y font de la politique. C’est ce qu’on fait dans un parti politique.

En dehors, chacun fait ce qu’il veut dés lors qu’il respecte les principes républicains que naturellement tous les militants respectent. Chacun milite donc où il veut : associations de solidarité, associations culturelles, associations sportives, associations de quartier, associations de jeunes, …

La plupart des engagements ne font l’objet d’aucun commentaire de la part de quiconque. Ce qui fait visiblement débat, c’est le fait que des musulmans qui s’assument et se déclarent comme tels soient militants Verts. Il y a aussi chez les Verts de ROUBAIX des chrétiens et des athées qui s’assument comme tels mais apparemment cela n’intéresse personne.

La question a été largement agitée par Messaoud BOURAS, un roubaisien qui se défini comme « dissident vert » et « musulman laïc ». Son histoire personnelle contribue certainement à expliquer ses ressentiments (il parle d’un divorce, d’une femme musulmane, de problèmes de garde d’enfants…). Il est très écouté par des personnes telles que Caroline FOUREST.

Localement, sur le plan politique, il est relayé ou accompagné ou amplifié par Christian MAES, conseiller municipal MRC de ROUBAIX.

Il communique beaucoup par e-mail et certaines personnes lui ont accordé une oreille attentive à diverses occasions.

Le nœud du débat tourne autour de deux positions :


  • Globalement, les Verts de ROUBAIX estiment qu’il est bon que le groupe des Verts soit un lieu où se rencontrent toutes les diversités roubaisiennes. Ils pensent donc notamment que la participation de jeunes musulmans à un parti politique « classique » participe à la sécularisation de l’engagement militant de ces jeunes1. En d’autres termes, ils pensent qu’un(e) bon(ne) musulman(e) peut faire un(e) bon(ne) militant(e) et un(e) bon(ne) élu(e), et que c’est bon pour la République.


  • Les détracteurs des Verts de ROUBAIX pensent qu’un musulman qui fait de la politique c’est l’islam politique en marche. Ils pensent qu’ils sont l’aile politique des islamistes et qu’ils mettent en péril la laïcité et la République.


Après les rumeurs locales, les rumeurs Internet, la presse locale, c’est maintenant la presse nationale qui s’attaque à la question du particularisme des Verts Roubaisiens.

Libération a ouvert la marche par un entretien avec Messaoud BOURAS.

Marianne a suivi par un dossier.

Valeurs Actuelles consacre un dossier de six pages à une enquête de Benjamin Mathieu intitulée : Des « Verts » tendance islam.2

 Les éléments du Dossier de Valeurs Actuelles

Les éléments :
Le dossier est composé d’un article général et de trois encadrés3.

Huit photos présentent les personnes dont on parle4. :

Quatre photos visent à contextualiser le dossier. Avant de s’attacher à l’étude du texte, elles méritent qu’on leur consacre un peu d’attention :


Des photos qui posent un certain contexte :

Une photo du Coran prise par-dessus l’épaule d’un homme qui le lit.

La légende qui figure sous cette photo est « FINANCEMENT PUBLIC DU PROSELITISME  Les associations subventionnées par la municipalité remplissent-elles leurs obligations statutaires ?

La légende n’a rien à voir avec la photo. Le message escompté est donc une association des deux. Une question est apparemment posée avec une photo qui induit une idée de la réponse.

Une Photo dont la légende est : « l’église Saint Martin ».

Sur cette photo, on voit au premier plan une musulmane qui traverse dans le passage pour piétons. Elle pousse une poussette.

Les ombres portées et la couleur de la lumière montrent que l’on doit se trouver vers la fin de l’après-midi, aux environ de l’été. La disposition des bacs avec les arbustes permet de situer la période aux environs de l’été 2005.

L’endroit où se trouve la dame est la grand-place de ROUBAIX, non pas du côté de l’église mais du côté de la mairie. Il n’y a que là qu’on peut voir des bordures de trottoir comme celles que l’on voit de part et d’autre du passage pour piétons sur lequel elle se trouve.

La photo a été prise depuis la mairie (devant la mairie, près de la sortie du parking). Cette photo n’est pas une photo d’agence, elle est indiquée comme étant la propriété de « VA » (Valeurs Actuelles, le revue qui publie le dossier). Si le photographe avait voulu une photo de Saint-Martin, de l’endroit où il était il pouvait en prendre une belle. La proportion entre la taille de la dame et celle du morceau de façade de l’église montre que le journaliste de Valeurs Actuelles a zoomé la dame sur fond d’église.

Cette photo ne représente pas simplement « l’église Saint-Martin ». On peut raisonnablement penser qu’elle a pour rôle d’alimenter certaines représentations particulières d’un lectorat orienté. Toujours rien à voir avec les Verts….


Une Photo d’une musulmane dans la manifestation contre le spectacle d’Enrico MACIAS, à ROUBAIX.


Il s’agit d’une dame du quartier de l’Hommelet (association de parents d’élèves, comité de quartier,…). Cette photo est encore un élément choisi de contextualisation, mais une contextualisation bien étrange et partiale dans un article qui titre sur les Verts.

Ceux qui ont suivi cette affaire qui remonte au 26 novembre 2000 5 savent que si Verts il y avait ce jour là, c’était dans la salle pour défendre l’artiste et non parmi ceux qui voulaient l’empêcher de s’exprimer. Slimane TIR notamment était dans la salle. C’est une fois encore où il condamnait - cette fois-ci en acte - des amalgames honteux et indignes. Le spectacle avait été annoncé le matin encore par Radio Pastel qui soutenait l’artiste.

Du côté de Rencontre et Dialogue - puisqu’il en est question dans l’article – personne ne se trouvait à cette manifestation parce que ce soir là Tarik RAMADAN était présent à ROUBAIX et donnait conférence dans la salle Wattremez. Pour les roubaisiens qui auraient voulu s’extérioriser en tant que musulman ce soir là, le choix était donc simple : soit le débat avec Rencontre et Dialogue et Tarik RAMADAN, soit la manifestation devant le Colisée6. On est, finalement à l’opposé des amalgames que Valeurs actuelles voudrait suggérer.

Cette photo a été placée là parce que sur l’affichette que tient la dame il est écrit « sionisme = nazisme » et que ce genre de propos rappellent les propos condamnables d’Hassan IQUIOUSSEN.

Une Photo d’immeubles avec devant une dizaine d’enfants, tous visiblement d’origine magrébine.

La légende de cette photo est « l’une des cités de ROUBAIX où les islamistes sont très actifs ».

Il s’agit encore d’un document de « contextualisation ».

Sans commentaire…

Comme on le voit, aucune de ces photos ne concerne les Verts. Elles ne sont donc pas là pour illustrer par l’image des faits exposés par écrit, elles n’y renvoient d’ailleurs pas. Elles représentent des éléments choisis de contexte roubaisien. Le Coran, une musulmane devant une église, une autre qui manifeste contre Enrico MACIAS, des enfants magrébins qui jouent devant des HLM. Ce ne sont pas les Verts qui sont visés par ces photos mais l’Islam.

Des éléments de contexte dans le corps même du texte

Dans le texte de l’article lui-même, des éléments écrits jouent le même rôle que les photos de contextualisation. Ces éléments de texte n’ont rien à voir avec les Verts de ROUBAIX. Ils sont là non pas pour prouver ou démontrer une quelconque collusion des Verts avec les islamistes, mais pour associer directement ou indirectement l’islamisme à des violences commises à ROUBAIX.


Il s’agit du cas de Monsieur MARX victime d’antisémitisme, de la stèle à la mémoire des harkis souillée de peinture rouge, et de Messaoud BOURAS également agressé. Aucune de ces violences n’est rattachable de près ni de loin au Verts. Leur présence dans le texte pourrait cependant le laisser supposer. Pour les non roubaisiens, il faut donc un décryptage :


Monsieur Marx.


Il n’y a aucune raison objective de remettre en cause l’exemple de Monsieur MARX. Ses difficultés sont connues et Monsieur MARX a d’ailleurs déjà écrit plusieurs fois à la presse locale et s’est notamment solidarisé avec Messaoud BOURAS. En revanche, les menaces et les agressions dont il souffre n’ont rien à voir avec les Verts de ROUBAIX. D’ailleurs, Monsieur MARX ne le dit pas, le journaliste ne le dit pas non lus, en fait personne ne le dit, simplement le cas de Monsieur MARX est cité comme exemple ou illustration7 dans un article dont le titre parle des Verts de ROUBAIX.


Le raisonnement c’est : Monsieur MARX a été victime d’antisémitisme (le contexte – son fils s’est fait nommer « SHARON » par des roubaisiens – montre que l’on est dans le cadre d’un effet secondaire de la crise palestinienne et qu’il s’agit bien d’un conflit où les parties prenantes sont juifs et musulmans). Hassan IQUIOUSEN a tenu des propos condamnables sur les juifs. Hassan IQUIOUSSEN a été invité par Rencontre et Dialogue. Des membres de rencontre et dialogue sont membres des Verts…. (Et on laisse au lecteur le soin de conclure que les Verts auraient leur part de responsabilité dans les agressions antisémites...).


Il s’agit apparemment d’une chaîne logique. Or il suffirait qu’un seul maillon de cette chaîne soit rompu pour que l’ensemble du raisonnement s’effondre.


Cette chaîne logique est effectivement rompue puisque les Verts de ROUBAIX, ont condamné les propos antisémites. Ils l’ont fait à plusieurs reprises publiquement, notamment par la voix de Slimane TIR, lors du conseil municipal du 16 décembre 2004, à l’occasion du débat sur la délibération n°473 relative aux « subventions versées par la ville aux associations – attribution d’une avance sur subvention ». Il a dit, dans une intervention où il était pris à partie au sujet d’Hassan IQUIOUSSEN : « vous me demandez de condamner les propos, les dérapages antisémites d’une certaine personne, moi je n’ai aucun état d’âme, je les condamne. Je les ai condamnés en d’autres endroits ».8

 

Ce qu’il y a de particulièrement choquant, c’est qu’il est fort probable que le journaliste avait connaissance exacte de l’intégralité des propos tenus par Slimane TIR et qu’il a fait le choix délibéré de ne pas en parler. 9

 

S’il en parlait, l’exemple de Monsieur Marx n’avait plus rien à faire dans un article sur les Verts de ROUBAIX. D’un autre côté, le journaliste ne dit pas non plus explicitement que les Verts sont en cause. Il se contente de présenter une chaîne apparemment logique mais qui ne doit cette apparence de logique qu’au fait qu’on supprime les éléments qui gênent le raisonnement.


Résumé : On veut faire croire que les Verts cautionnent l’antisémitisme alors qu’ils le condamnent publiquement.



La stèle à la mémoire des harkis.


Une stèle à la mémoire des harkis a bien été « maculée de peinture rouge », comme il est dit dans l’article. Là non plus, cela n’a rien à faire dans un article sur les Verts de ROUBAIX.


Ici, la chaîne logique suggérée par l’ordonnancement des propos du journaliste est la suivante : la stèle à la mémoire des harkis a été souillée par des personnes qui ont voulu porter atteinte aux harkis en raison de ce qu’ils représentent. Les Islamistes et Indigènes de la République (manipulés par les Islamiste), qui exploitent le ressentiment et la haine anticoloniale à des fins politiques, poussent à ce genre d’actes. L’Université Populaire et Citoyenne (U.P.C.) a donné la parole peu de temps après à des personnes qui développent des thèses compatibles avec certaines thèses des Indigènes de la République.10 Des membres de l’U.P.C. sont membres des Verts. (Donc sous entendu : les Verts de ROUBAIX seraient liés aux violents islamistes et responsables d’une certaine façon de ce qui est arrivé à la stèle).

Là aussi, si l’on possède l’ensemble des éléments, on voit que la chaîne logique est irrémédiablement rompue.


Contrairement à ce que laisse comprendre l’article, l’acte commis sur la stèle des harkis n’est pas un acte isolé à ROUBAIX, et rien ne permet de supposer une thèse Islamiste. Depuis au moins deux ans, toute une série d’actes ont été commis. En septembre 2004 et en avril 2005, la pharmacie des Trois Ponts a été maculée de tags injurieux (« Negro »,…) à l’égard du pharmacien, Serge Takenne, d’origine camerounaise.

Ces tags ont été attribués par le pharmacien à « des jeunes qu’il empêche de zoner devant [sa] pharmacie », en revanche Nord-Eclair préférait ne pas conclure et titrer « tags racistes ou gestes imbéciles ? ». Les auteurs n’ont jamais été retrouvés.


En février 2005, apparemment dans la nuit du mardi 22 au mercredi 23, des tombes du carré musulman du cimetière de HEM ont été taguées et l’on pouvait y lire : « SS » ; « Adolf Hitler » ; « 1488 » ainsi que des croix gammées. La presse a largement couvert cette affaire. 11 Les auteurs n’ont jamais été retrouvés.


Le 26 février 2005, des inscriptions, et notamment des croix gammées ont été taguées à l’entrée du cabinet médical du Docteur Nour-Eddine TALEB-HAMED (à HEM) ainsi que sur la façade du laboratoire médical BAXOU situé en face du cabinet et dont le dirigeant est d’origine asiatique. La ville de HEM a fait effacer rapidement ces tags et la presse n’a pas couvert l’évènement. Monsieur TALEB a écrit à plusieurs élus et militants locaux pour s’en étonner.12 Les auteurs des faits n’ont jamais été retrouvés.


Rien ne permet de conclure que ces faits sont liés. Apparemment toutes les inscriptions ont été taguées à l’encre rouge mais il peut ne s’agir que d’un hasard.


En tout état de cause, ces faits concernent des personnes qui ne sont pas automatiquement des harkis. Pour les tombes de HEM, il s’agit de familles de harkis. On n’imagine pas des islamistes profaner des tombes de musulmans.


Rappelons par ailleurs que l’appel des indigènes de la République remonte au 19 janvier 2005, qu’il visait une mobilisation pour mai 2005 et qu’il n’a manifestement pas pu être à l’origine des profanations de février 2005, aucun autre discours que l’appel d’origine n’ayant été diffusé à cette époque (d’ailleurs personne ne l’a jamais envisagé dans le cadre de l’enquête ni dans la presse ni nulle part ailleurs) et que ces profanations visaient des tombes de familles de harkis.


Il n’y aucune raison aujourd’hui pour que dans un même contexte des attaques anti-harkis soient soudain imputables au discours des Indigènes de la République. En s’enfermant dans des accusations à but politicien, on cache ce qui objectivement ressemble plus à un ensembles d’actes d’un petit ramassis de néonazis qui, on le sait, ont toujours cherché à détruire la complexité qui fait la beauté de la société humaine pour la ramener à un ordre simplifié à la portée de leur cerveau.


Résumé : On veut faire croire que les Verts seraient indirectement responsables d’actes condamnables alors que ces actes sont probablement le fait d’un ou plusieurs néonazis ou de quelque déséquilibré.


Les agressions physiques et les menaces dont a été victime Messaoud BOURAS.


Les vifs propos, dont certains peuvent a bon droit être effectivement qualifiés de « menace », sont bel et bien réels. Ils émanent d’un Monsieur SEGUINI qui a un site Internet13 avec un forum où il est question de ROUBAIX. Des échanges entre M. BOURAS et M. SEGUINI ont eu lieu sur ce site. M. BOURAS a fait une publicité de ces échanges, notamment par voie de mails, auprès d’un certain nombre de roubaisiens.


Ce monsieur SEGUINI n’a rien à voir avec les Verts. D’ailleurs, le journaliste ne le dit pas. M. BOURAS ne le dit pas non plus. En fait, personne ne le dit. Cette histoire sert à contextualiser le « combat » de M. BOURAS. Le seul problème, c’est que le titre de l’article n’est pas « le combat de Messaoud BOURAS » mais « Des Verts tendance islam ». Le lecteur inattentif peut finalement croire que ce sont les petits copains des Verts qui menacent et agressent. Ce n’est pas ce qui est dit dans l’article.


A la lecture de l’article, il apparaît que le but du jeu serait de faire d’un petit amalgame entre des agressions au moins verbales dont je viens d’expliquer d’où elles viennent14 et une assignation devant les tribunaux par l’association Rencontre et Dialogue que Messaoud BOURAS a qualifiée de « négationniste ». L’association s’estime diffamée. La réponse de Messaoud BOURAS est du type « ben si on peut même plus rien dire ! » ce qu’il exprime par les propos suivants : « Ce que je revendique, c’est que des organisations subventionnées laissent s’exprimer des musulmans critiques. … ». Jusqu’à preuve du contraire, c’est très exactement ce qu’elles font dans le cadre des lois en vigueur et, s’il y a doute sur le respect des lois, elles demandent aux tribunaux de la République de trancher.


Quoiqu’il en soit, toujours rien à voir avec les Verts.



Résumé : Aucun Vert ni aucune personne proche des Verts de ROUBAIX n’est soupçonnée d’avoir menacé ni d’avoir agressé qui que ce soit.




Des encadrés pour apporter un éclairage particulier


Les encadrés ne parlent pas des Verts de Roubaix. Ils complètent le tableau du contexte tel qu’il est vu par le journaliste.


L’encadré avec un « rappel » sur « le gang de ROUBAIX ».


Nul besoin de préciser que cela n’a rien à voir avec les Verts. Une fois de plus d’ailleurs, il n’est écrit nulle part que cela avait à voir avec les Verts. Il s’agit encore d’un élément de « contexte ». L’idée c’est de dire qu’on est à ROUBAIX alors on va « rappeler » ce qu’est ROUBAIX. On met en exergue un fait divers marquant qui regroupe tous les fantasmes : le cas du jeune Lionel DUMONT devenu Abou Hamza terroriste islamiste.


Ce fait divers interroge sûrement. Au lieu de chercher à comprendre, en n’analysant pas et en citant ce cas, on induit l’idée selon laquelle finalement les Verts, sujet du dossier, on quelque chose à voir avec des parcours de vie comme celui de Lionel DUMONT.


Ce n’est dit nulle part, et donc inattaquable.


Ce qui est induit avec ce cas, c’est qu’un petit roubaisien depuis cinquante générations peut devenir islamiste et que peut être le contact expose au glissement. Donc il ne faut pas discuter, il faut combattre. Ce sous entendu possible vient à l’encontre de la position des Verts de ROUBAIX qui laissent à chacun rendre à Dieu ce qui est à Dieu, du moment qu’il rend à la République ce qui est à la République.


En résumé : Les Verts ne sont pas désignés comme responsables de ce qui reste sans doute le plus grave fait divers roubaisien de la fin du siècle. Ca n’a évidemment rien à voir avec les Verts.



L’encadré avec l’entretien de Messaoud BOURAS


Messaoud BOURAS reproche à la ville de ROUBAIX de ne pas l’avoir embauché15.


Il reproche à la justice de ne pas lui avoir donné la garde de ses enfants.


Il se dit menacé de mort. Cela renvoie à ses différents avec le « Ptitconcitoyen » comme il l’explique lui-même en soulignant que les menaces figurent sur le même site qui menace également l’islamologue Anne-Marie Delcambre16.


Ensuite, il parle de l’affaire des caricatures.


L’élément de contexte apporté par cet entretien est un déplacement dans le temps. Un certain nombre d’éléments de l’article17 permettent de penser que l’article a été rédigé aux alentours de l’été 2005. Le fait d’aborder la question des caricatures vient actualiser l’ensemble du dossier.


Tout cela n’a rien à voir avec les Verts qui ne sont d’ailleurs visés à aucun moment, sauf dans le sous-titre où M. BOURAS est présenté comme « Dissident des Verts ».


Comme pour le reste, rien n’est dit (sans doute parce qu’il n’y a rien à dire) et tout est suggéré.


L’encadré avec l’entretien de Christian MAES


Comme celui de M. BOURAS, l’entretien avec C. MAES est récent. On y évoque l’affaire de la stèle des harkis survenue en février dernier.


Christian MAES reproche à l’U.P.C. un manque d’ouverture coupable et une connivence avec les indigènes de la République.


Il les rend responsables de ce qui est arrivé à la stèle des harkis. Cette petite théorie ne résiste pas un instant à la confrontation des faits, comme on l’a démontré plus haut.


Il reproche à l’U.P.C. son action déstructurante et son manque d’ouverture18.


Il renvoie néanmoins à un climat général qui, selon lui, règne actuellement en France.


Interrogé sur Rencontre et Dialogue, il reproche le même manque d’ouverture que celui qu’il reproche à l’U.P.C.


Il part ensuite sur une diatribe sur les Verts et des associations militantes religieuses pour conclure par : « Pour l’instant la remise en question des principes n’a pas eu lieu ».


Finalement, il ne dit rien de précis mais fait juste état de ses craintes. Il ne reproche rien au Verts directement, sauf peut-être de jouer avec le feu parce qu’il se situe dans la mouvance de ceux qui pense que le musulman fait de la politique pour islamiser la société parce que c’est culturel et qu’il ne sait pas faire la différence entre pouvoir religieux et pouvoir politique, tandis que les Verts de ROUBAIX agissent d’une façon qui dit que l’intégration passe par la reconnaissance et qu’un musulman convaincu peut comme n’importe qui d’autre participer à la vie politique et que c’est bon pour la République et que cela aura sans doute en plus pour effet de séculariser son engagement militant : il est ce qu’il est et il reste ce qu’il veut être et la société l’inclus parce qu’il en est un acteur qui en accepte les règles.




Le corps du texte du dossier de Valeurs Actuelles


L’article en lui-même met en cause l’Association Rencontre et Dialogue en s’appuyant sur des propos inacceptables tenus par Hassan IQUIOUSSEN. Le Président de Rencontre et Dialogue avait dit à l’époque le caractère condamnable des propos du prédicateur mais avait refusé une rupture avec Hassan IQUIOUSSEN dès lors que ce dernier exprimait des regrets au sujet de ses propres propos.


On est ici sur un débat tactique. Tarik RAMADAN et ses amis disent qu’ils ne veulent pas se couper d’une partie de la base des musulmans européens et veulent les ramener progressivement à accepter une adaptation démocratique du fait religieux, que cela ne peut se faire que progressivement, qu’il faut s’adapter étape par étape. Leurs détracteurs disent qu’ils ont un double langage.


Quoiqu’il en soit, cela ne concerne pas les Verts de Roubaix qui ont, en parole et en acte, toujours condamné les dérives antisémites et les discours de repli communautaire.


Le journaliste parle ensuite de l’U.P.C. qu’il présente, de façon erronée, sans doute mal documentée, comme un relais des indigènes de la République.


On est toujours dans le même type de débat.


L’U.P.C. discute avec ceux qui font débat. Ce qui est vécu comme une ouverture par l’U.P.C. est vécu par ses détracteurs comme un enfermement dans la logique non communément admise de tel ou tel invité.


Quoiqu’il en soit, il n’est toujours pas question des Verts.


Les Verts de ROUBAIX ne défrayent pas le quotidien de la chronique locale sur la question de l’Islam. Leurs actions et leurs montées au créneau se font essentiellement sur les thèmes de la jeunesse tant sur l’offre de service que sur la participation, du développement durable, de la question sociale, de l’aménagement de la ville, du cadre de vie, la coopération décentralisée, etc…


Le reste de l’article, à part les « exemples » déjà analysés plus haut, concerne soit des généralités sur les islamistes en France, soit des questions de positionnement politiques.


Christian MAES pour le MRC roubaisien parle de la « forte présence de population issue de l’immigration magrébine » chez les Verts.


Max-André Pick pour l’UMP dit que « Slimane TIR, le leader écologiste, veut être le premier maire maghrébin de ROUBAIX. Mais comme il n’existe pas de vote communautariste à ROUBAIX, il s’arrange pour le créer ». C’est sans doute aussi stupide que de dire : « René VANDIERENDONCK veut être le premier maire d’origine belge de ROUBAIX. Mais comme il n’existe pas de vote communautariste à ROUBAIX, il s’arrange pour le créer ».


Max-André PICK nous dit tranquillement que Slimane TIR veut être non pas « Maire de ROUBAIX » mais « Maire maghrébin de ROUBAIX ». Il dit tranquillement que s’il veut être Maire, il ne peut pas compter sur un rapport de force politique classique, mais qu’il a nécessairement et fatalement besoin d’un « vote communautariste ». Ce raisonnement implique que Slimane TIR est d’abord considéré comme maghrébin, et ensuite seulement comme politique. Max-André PICK qui saura par ailleurs l’enjoindre à l’assimilation sous couvert de modernité, (ce qui implique de considérer chaque individu pour lui-même en fonction de ce qu’il est et en fonction des groupes auxquels il choisi de s’affilier ou de se désaffilier), ce même Max-André PICK va assigner Slimane TIR à la communauté maghrébine : « il veut devenir le premier maire maghrébin » mais « il n’y a pas de vote communautaire » alors « il s’arrange pour le créer ». Ce propos de Max-André PICK devrait faire réfléchir parce qu’il contient en lui un venin qui aujourd’hui empoisonne la République.


Côté socialistes, c’est Michel DAVID qui est interviewé. Contrairement aux deux précédents, il ne se place pas sur le champ d’un communautarisme supposé mais sur celui du rapprochement supposé entre les Verts de Roubaix et des courants de pensée. Son analyse rejoint l’idée d’une démarche qui doit aboutir finalement à un renforcement de « l’aile modérée de l’islam représentée par RAMADAN » qui rendra « envisageable d’isoler les djihadistes »19.


Encore une fois, ce n’est même pas la question. Les Verts de ROUBAIX ne prennent pas parti dans les débats à caractère religieux. Ils acceptent parmi eux des personnes qui ont des convictions religieuses. Ils ne prennent pas parti sur ces questions. Cependant si des propos ou des actes sont prononcés ou fait à l’occasion de prises de positions publiques touchant à la religion et que ces propos mettent en cause un quelconque principe républicain, ils ne s’interdissent pas de le condamner en parole et en acte. Non seulement ils ne se l’interdisent pas mais ils le font systématiquement, publiquement, officiellement (revoir si nécessaire les exemples plus haut, notamment sur les prises de position publiques de Slimane TIR). En dehors de cette limite nécessaire, ils respectent la liberté de conscience garantie par l’article 1er de la loi de 1905.


La fin de l’article de Valeurs Actuelles aurait pu se contenter d’expliquer que

  • Les socialistes roubaisiens ont besoin des Verts de ROUBAIX pour gagner la mairie.

  • Et la gauche a besoin de ROUBAIX pour garder la Communauté Urbaine

  • Donc la gauche de la Communauté Urbaine besoin des Verts de ROUBAIX

tout cela n’est peut être pas intégralement faux.


Au lieu de cela, alors même que - on l’a vu – il n’y a rien dans l’article qui vienne véritablement étayer la thèse de l’irrésistible montée de l’islamisme politique20 , Valeurs Actuelles fait le choix de pousser son petit raisonnement un cran plus loin :

  • Les verts de Roubaix acceptent l’ingérence du religieux dans la politique

  • Or les socialistes roubaisiens ont besoin des Verts de ROUBAIX pour gagner la mairie.

  • Et la gauche a besoin de ROUBAIX pour garder la Communauté Urbaine

  • Donc la gauche de la Communauté Urbaine maintient un certain statu quo sur l’ingérence du religieux dans le politique.


Bien sûr, comme l’argument ne résiste pas à l’analyse (pas plus que le reste de l’article), il est posé au conditionnel : « un certain statu quo serait donc de mise ».



Voilà les éléments que je voulais apporter en complément de la prétendue « enquête » parue dans Valeurs actuelles.

1 En cela, la démarche des Verts de ROUBAIX se trouve validée au niveau international par des analyses telles que celle de International Crisis Group. Voir notamment le rapport Europe n° 172 de cette O.N.G. en date du 9 mars 2006 : « La France face à ses musulmans : Emeutes, jihadisme et dépolitisation. http://www.crisisgroup.org/home/index.cfm?id=4014&l=2


2 Valeurs actuelles n° 3616 du 17 mars 2006, dossier dont le texte est repris sur le site de l’hebdomadaire à la page http://www.valeursactuelles.com/magazine/france/visu_france.php?position=2&nb=3&num=3616


3 Un encadré avec un interview de Messaoud BOURAS, un autre avec un interview de Christian MAES et un troisième avec un « rappel » sur le « gang de ROUBAIX ».


4 - Les responsables de l’U.P.C, Majdouline SBAI (« présidente locale des Verts »), Vincent BOUTRY, …

- Ali RAHNI (seul et avec Tarik RAMADAN)

- Siham ANDALOUCI

- Hassan IQUIOUSSEN (il s’agit d’une photo AFP prise dans le hall de la mosquée d’ ESCAUDIN, près de valenciennes)

- René VANDIERENDONCK avec Jean Louis BORLOO.

- Messaoud BOURAS (sur la grand-place de Lille)

- Christian MAES (dans son bureau en mairie)


5 Les choses étaient d’ailleurs tellement claires qu’à l’époque personne n’a même insinué que les Verts auraient pu, même indirectement, faire preuve de tiédeur dans leur détermination à défendre les principes républicains. S’il y avait eu le moindre doute, l’occasion était rêvée : on abordait la période électorale.

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16 septembre 2007 7 16 /09 /septembre /2007 15:27
Georges Frêche, président (ex-PS) de la région Languedoc-Roussillon, a été relaxé jeudi par la cour d'appel de Montpellier. Il était poursuivi pour injure raciale, après avoir traité des harkis de "sous-hommes", en février 2006. "Vous êtes allés avec les gaullistes. Ils ont massacré les vôtres en Algérie. Ils les ont égorgés comme des porcs. Vous faites partie de ces harkis qui ont vocation à être cocus jusqu'à la fin des temps" avait encore lâché Georges Frêche lors d'un hommage à un ancien leader pied-noir.
 
En janvier 2007, il avait été condamné à une amende de 15.000 euros. Lors de l'audience du 21 juin, en appel,  l'avocat général avait soutenu que "c'est bien une injure raciale que de prononcer le terme de sous-hommes". "Il est évident que c'est bien la communauté harkie dans son ensemble qui a été visée par Georges Frêche", avait-il ajouté en estimant que ce dernier avait "bien eu la volonté de blesser".
 
En défense, son avocat avait soutenu que ces propos ne concernaient qu'une ou deux personnes. La cour d’appel de Montpellier a décidé de lui donner raison.  G. Freche a été relaxé.

C' est une décision judiciaire indigne qui ajoute l' outrage institutionnel à l' injure raciste comme argument politique, désormais légalisée.

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15 septembre 2007 6 15 /09 /septembre /2007 22:27
En cette période de Ramadhan, la ferveur ne semble pas que religieuse. De grandes enseignes de la distribution se lancent avec de gros moyens dans cette opportunité pour faire de très bonnes affaires dans le commerce ethnique et 100% hallal, à coups de cahier spécial : 24 pages pour l'un, 18 pages pour l' autre.
On y trouve de tout, y compris des tapis de prière à moins de 2 euros !!! 
On ne sait pas encore si la distribution est ciblée sur certaines villes ou certains quartiers de villes au peuplement caractéristique, mais il est clair que l' argent n' a pas d' odeur et que le " marché " a manifestement une longueur d' avance sur les postures conservatrices voire réactionnaires d' une bonne partie de la classe politique. 
Alors Carrefour, Auchan, Géant les vrais fers de lance de l' égalité républicaine........... devant les gondoles des temples de la consommation ?
 
On attend avec impatience les communiqués outragés sur la laïcité bafouée.

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8 septembre 2007 6 08 /09 /septembre /2007 20:27
Certains dans la gauche socialiste proclament que nous " n' avons pas les mêmes valeurs ".  A eux d' en apporter la démonstration et de poser les arguments.
En matière de culture, comme dans d' autres domaines de la vie et de l' activité municipale, nous revendiquons pleinement notre droit à l' expression démocratique et à la différence de point vue. Contrairement à l' obligation d' allégeance exigée par d' auncuns, nous continuons à penser qu' il n' est pas indispensable d' être d' accord sur tout pour travailler ensemble. 
Des projets aussi lourds que l' extension future du Musée " La Piscine" mérite un vrai débat public  qu' il faudra bien mener. 
L' acceptation de la donation " Bouchard " en fait partie. J' ai voté contre, avec les membres du groupe des Elus verts, sur la base de l' amendement rédigé par mon collègue Christian CARLIER et défendu lors du Conseil Municipal de Mars 2007. 
Amendement que je publie ci dessous.



PRESENTATION de l’AMENDEMENT

Le musée connaît un grand succès, sanctionné par sa fréquentation par des visiteurs venant de partout.

Et puisqu’il est à Roubaix, et donc fidèle à ses traditions, il se singularise par les efforts faits pour que toutes celles et ceux dont la fréquentation des musées n’est pas une habitude y soient les bienvenus.

On ne peut que s’en féliciter et le musée est maintenant un élément important de la bonne image de notre ville.

Avec le succès, il est toujours facile de s’endormir sur ses lauriers. Aussi, il faut affirmer bien fort qu’il est légitime de réfléchir dés à présent sur des perspectives raisonnables de développement afin qu’il reste vivant, dynamique et attractif.

Mais il arrive aussi que le succès étourdisse.

Vous avez dans la section de fonctionnement du budget primitif qui vous est présenté une prévision de dépense de 274.000 euros pour l’accueil des œuvres de l’Atelier Bouchard.

Il s’agit, si nous avons bien compris, du coût du déménagement de Paris à Roubaix de la fameuse donation Bouchard.

Le 6 octobre 2005, le conseil a voté une délibération relative au projet d’agrandissement du musée et à cette proposition de donation Bouchard.

Si nous relisons ensemble cette délibération, nous pouvons constater qu’elle autorise la préparation de la donation et prévoie « naturellement » le retour au conseil pour décision après avoir eu connaissance des résultats des études et démarches préalables.

Elle n’autorise donc pas l’acceptation de la donation.

Nous n’avons pas délibéré et nous pourrions d’ailleurs difficilement le faire puisque nous ne disposons pas du descriptif de cette donation, de ses conditions et charges, pas plus d’ailleurs que nous ne disposons du projet scientifique et culturel et de l’étude de programmation dont nous avions passé commande en octobre 2005.

Nous n’avons pas voté et pourtant, c’est comme si c’était fait.

Nous n’avons pas voté et nous devons engager des dépenses.

Mais qu’importe finalement, puisque la rumeur pense pour nous et qu’elle nous susurre que Bouchard est un artiste essentiel et que Roubaix et son petit musée de province ont une fois de plus bien joué en faisant la nique aux parisiens.

Alors Henri Bouchard, génie méconnu ? Ou artiste académique qui n’apportera pas grand chose au musée sinon de l’enfermer dans une perspective au détriment d’autres ?

Je n’aurai pas l’outrecuidance de trancher mais j’ai quand même bien envie d’un débat, disons ouvert, sur ce que représente Bouchard dans l’histoire de l’art et sur ce qu’il peut réellement apporter à Roubaix.

Mérite t il que nous lui consacrions à terme tant d’argent ? Mérite t il que nous prenions ces risques ? Peut il vraiment être la base d’un projet pédagogique à l’intention de notre jeunesse ?

Car le chant des sirènes ne nous dit pas tout.

Il ne nous dit pas que Henri Bouchard a joué un rôle essentiel dans la conception de ce qui fut sans doute le plus imposant monument à la gloire de la colonisation française en Algérie.

Un monument érigé à Boufarik, au cœur de la Mitidja, la grande plaine des domaines agricoles coloniaux, au « point où la colonisation a rencontré le plus de difficultés et les a vaincues avec le plus de succès », comme l’écrira lui-même Henri Bouchard.

Un monument de 45 mètres de long et de 9 de haut surmonté de l’inscription « Au génie colonisateur français ,» avec pour ceux qui n’auraient pas bien compris le sens du message 2 autres inscriptions : « Aux héros, aux pionniers de la civilisation », « Aux réalisateurs de la plus grande France ».

Un monument inauguré le 5 mai 1930 par le président de la République en ouverture des cérémonies du centenaire de la colonisation de l’Algérie.

Un monument démoli après 1962.

Le chant des sirènes ne nous dit pas non plus que Henri Bouchard a eu un rôle actif dans la collaboration artistique pendant l’occupation.

En novembre 1941, il fut du voyage des artistes en Allemagne à l’invitation de Goebbels et il a participé avec éclat à sa relation dans la presse.

Le 7 février 1942, il publie dans L’Illustration un article de 4 pages, sous le titre « La vie de l’artiste dans l’Allemagne actuelle ».

Quelques mots de l’introduction : il s’agit de dire ce qu’il a vu, à savoir « la vie presque féerique que le gouvernement du Reich sait faire à ses artistes qui semble être là les enfants chéris de la nation ».

Quelques mots de sa conclusion : « c’est ainsi qu’un grand pays estimant la valeur et l’effort de la création artistique, comprenant sa nécessité dans les fastes de son histoire met sur un piédestal l’artiste, son savoir, son bonheur, sa culture intellectuelle, ses œuvres et la dignité de sa vie ».

Cela nous permet d’avoir quelques indications sur le niveau de son engagement.

Il fit partie du Comité d’Honneur de l’exposition Arno Breker (le mythique sculpteur préféré d’Hitler) à Paris en mai 1942.

Il occupa des responsabilités institutionnelles comme la présidence du Salon des Artistes Français.

Il s’investit avec constance dans les tentatives de mise en place d’une Corporation ou d’un Ordre des Artistes où il défendit avec « brutalité » des positions « rigides ». Le panégyrique de la Chambre de culture des arts plastiques qui avait organisé les artistes allemands en une sorte de corporation, lui aussi dans l’article de l’Illustration, donne là encore quelques indications sur ses sources d’inspiration, il y est question de contrôler les expositions, les galeries, d’interdire l’abus de la critique…

Sa participation aux événements emblématiques de la collaboration artistique motiva la demande de son arrestation et de son jugement par le comité directeur du Front National des Arts réuni le 3 octobre 1944 sous la présidence de Picasso.

Alors gênant tout ca, gênant pour Roubaix, gênant pour le musée, gênant pour cet art académique qui voulait tant s’inscrire dans une certaine tradition française.

Et très gênant même au moment où on nous ressert le plat de l’identité nationale.

Alors, avant d’avancer plus avant dans cette voie, je le crains bien de façon très imprudente, si on prenait le temps de réfléchir, de réfléchir à l’avenir du musée, à son nécessaire développement certes, de réfléchir à son sens surtout.

Henri Bouchard est elle la bonne carte à jouer ? Est elle la seule ?

C’est le sens de cet amendement : pouce et on réfléchit.

Christian CARLIER

29 mars 2007

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3 septembre 2007 1 03 /09 /septembre /2007 22:04
Un ami me transmet un article en ligne de puis plusieurs semaines sur le blog de M Messaoud Bouras. Un groupuscule d' extrème droite l' a manifestement pris en main et se livre à d' interessantes révélations sur les moeurs et pratiques de leur ex- ami. C' est le réglement de comptes débridé et une nouvelle illustation de l' histoire de l' arroseur arrosé. 
Comme j ai été une des
 nombreuses cibles de leurs attaques et de leurs  campagnes de diffamations, je vous invite à en prendre connaissance.
Nul doute que tout cela sera publié dans Valeurs Actuelles, Marianne, Liberation ou Nord Eclair....... qui ont largement relayé avec un discernement pour le moins inégalement aiguisé. 
On lira bientôt des démentis de journalistes " abusés", mea cupa , car trop pressés, et de républicains
 " viscéraux" qui n' ont fait, " en toute bonne foi, que réaffirmer les principes et les valeurs" ..... 

Une bonne nouvelle n' arrivant jamais seule, il est avéré que son complice le fameux "djihadiste" qui, selon ses dires le menaçait au nom des "islamistes de Roubaix", a fait l' objet, ce 28 Août 2007 d' une ordonnance judiciaire en vue d' une expertise psychiatrique.

Base des Prés du

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11 août 2007 6 11 /08 /août /2007 13:02

Lors de sa récente visite de travail en Afrique sub-saharienne, le président de la République française, Nicolas Sarkozy, a prononcé à Dakar un discours adressé à « l’élite de la jeunesse africaine ». Ce discours a profondément choqué une grande partie de ceux à qui il était destiné, ainsi que les milieux professionnels et l’intelligentsia africaine francophone. Viendrait-il à être traduit en anglais qu’il ne manquerait pas de causer des controverses bien plus soutenues compte tenu des traditions de nationalisme, de panafricanisme et d’afrocentrisme plus ancrées chez les Africains anglophones que chez les francophones. Achille Mbembe, professeur de sciences politiques et d’histoire à l’Université de Witvatersrand de Johannesburg, en fait, ici, une critique argumentée.Le texte d’Achille Mbembe a été publié sur le site de la section de Toulon de la Ligue des Droits de l' Homme, le 1er août 2007 


L’Afrique de Nicolas Sarkozy
« Le viol souvent commence par le langage »

En auraient-ils eu l’opportunité, la majorité des Africains francophones aurait sans doute voté contre Nicolas Sarkozy lors des dernières élections présidentielles françaises.

Ce n’est pas que son concurrent d’alors, et encore moins le parti socialiste, aient quoi que ce soit de convaincant à dire au sujet de l’Afrique, ou que leurs pratiques passées témoignent de quelque volonté que ce soit de refonte radicale des relations entre la France et ses ex-colonies. Le nouveau président français aurait tout simplement payé cher son traitement de l’immigration lorsqu’il était le ministre de l’intérieur de Jacques Chirac, ses collusions avec l’extrême droite raciste et son rôle dans le déclenchement des émeutes de 2005 dans les banlieues de France.

Pour sa première tournée en Afrique au sud du Sahara, il a donc atterri à Dakar précédé d’une très mauvaise réputation - celle d’un homme politique agité et dangereux, cynique et brutal, assoiffé de pouvoir, qui n’écoute point, dit tout et le double de tout, ne lésine pas sur les moyens et n’a, à l’égard de l’Afrique et des Africains, que condescendance et mépris.

Mais ce n’était pas tout. Beaucoup étaient également prêts à l’écouter, intrigués sinon par l’intelligence politicienne, du moins la redoutable efficacité avec laquelle il gère sa victoire depuis son élection. Surpris par la nomination d’une Rachida Dati ou d’une Rama Yade au gouvernement (même si à l’époque coloniale il y avait plus de ministres d’origine africaine dans les cabinets de la république et les assemblées qu’aujourd’hui), ils voulaient savoir si, derrière la manœuvre, se profilait un grand dessein – une véritable reconnaissance, par la France, du caractère multiracial et cosmopolite de sa société.

Il était donc attendu. Dire qu’il a déçu est une litote. Certes, le cartel des satrapes (d’Omar Bongo, Paul Biya et Sassou Nguesso à Idris Déby, Eyadéma Fils et les autres) se félicite de ce qui apparaît clairement comme le choix de la continuité dans la gestion de la « Françafrique » - ce système de corruption réciproque qui lie la France à ses affidés africains.

Mais si l’on en juge par les réactions enregistrées ici et là, les éditoriaux, les courriers dans la presse, les interventions sur les chaînes de radios privées et les débats électroniques, une très grande partie de l’Afrique francophone – à commencer par la jeunesse à laquelle il s’est adressé – a trouvé ses propos franchement choquants. Et pour cause. Dans tous les rapports où l’une des parties n’est pas assez libre ni égale, le viol souvent commence par le langage – un langage qui, sous prétexte d’amitié, s’exempte de tout et s’auto-immunise tout en faisant porter tout le poids de la cruauté au plus faible.

Régression

Mais pour qui n’attend rien de la France, les propos tenus à l’université de Dakar sont fort révélateurs. En effet, le discours rédigé par Henri Guaino (conseiller spécial) et prononcé par Nicolas Sarkozy dans la capitale sénégalaise offre un excellent éclairage sur le pouvoir de nuisance – conscient ou inconscient, passif ou actif – qui, dans les dix prochaines années, pourrait découler du regard paternaliste et éculé que continuent de porter certaines des « nouvelles élites françaises » (de gauche comme de droite) sur un continent qui n’a cessé de faire l’expérience de radicales mutations au cours de la dernière moitié du XXe siècle notamment.

Dans sa « franchise » et sa « sincérité », Nicolas Sarkozy révèle au grand jour ce qui, jusqu’à présent, relevait du non-dit, à savoir qu’aussi bien dans la forme que dans le fond, l’armature intellectuelle qui sous-tend la politique africaine de la France date littéralement de la fin du XIXe siècle. Voici donc une politique qui, pour sa mise en cohérence, dépend d’un héritage intellectuel obsolète, vieux de près d’un siècle, malgré les rafistolages.

Le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar montre comment, enfermé dans une vision frivole et exotique du continent, les « nouvelles élites françaises » prétendent jeter un éclairage sur des réalités dont elles ont fait leur hantise et leur fantasme (la race), mais dont, à la vérité, elles ignorent tout. Ainsi, pour s’adresser à « l’élite de la jeunesse africaine », Henri Guaino se contente de reprendre, presque mot à mot, des passages du chapitre consacré par Hegel à l’Afrique dans son ouvrage La raison dans l’histoire – et dont j’ai fait, récemment encore et après bien d’autres, une longue critique dans mon livre De la postcolonie (pp. 221-230).

Selon Hegel en effet, l’Afrique est le pays de la substance immobile et du désordre éblouissant, joyeux et tragique de la création. Les nègres, tels nous les voyons aujourd’hui, tels ils ont toujours été. Dans l’immense énergie de l’arbitraire naturel qui les domine, ni le moment moral, ni les idées de liberté, de justice et de progrès n’ont aucune place ni statut particulier. Celui qui veut connaître les manifestations les plus épouvantables de la nature humaine peut les trouver en Afrique. Cette partie du monde n’a, à proprement parler, pas d’histoire. Ce que nous comprenons en somme sous le nom d’Afrique, c’est un monde anhistorique non développé, entièrement prisonnier de l’esprit naturel et dont la place se trouve encore au seuil de l’histoire universelle.

Les « nouvelles élites françaises » ne sont pas convaincues d’autre chose. Elles partagent ce préjugé hégélien. Contrairement à la génération des « Papa-Commandant » (de Gaulle, Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand ou Chirac) qui épousait tacitement le même préjugé tout en évitant de heurter de front leurs interlocuteurs, les « nouvelles élites » de France estiment désormais que l’on ne peut rendre compte de sociétés aussi plongées dans la nuit de l’enfance qu’en s’exprimant sans frein, dans une sorte de vierge énergie. Et c’est bien ce qu’elles ont à l’idée lorsque, désormais, elles défendent tout haut l’idée d’une nation « décomplexée » par rapport à son histoire coloniale.

À leurs yeux, on ne peut parler de l’Afrique qu’en suivant, en sens inverse, le chemin du sens et de la raison, peu importe que cela se fasse dans un cadre où chaque mot prononcé l’est dans un contexte d’ignorance. D’où la tendance à saturer les mots, à recourir à une sorte de pléthore verbale, à procéder par la suffocation des images – toutes choses qui octroient au discours de Nicolas Sarkozy à Dakar son caractère heurté, bégayant et abrupt.

J’ai en effet beau faire la part des choses. Dans le long monologue de Dakar, je ne trouve d’invitation à l’échange et au dialogue que rhétorique. Derrière les mots se cachent surtout des injonctions, des prescriptions, des appels au silence, voire à la censure, une insupportable suffisance dont, je l’imagine, on ne peut faire preuve qu’à Dakar et à Libreville, et certainement pas à Pretoria ou à Luanda.

Aux sources de l’ethnologie coloniale

À côté de Hegel existe un deuxième fonds que recyclent sans complexe les « nouvelles élites françaises ». Il s’agit d’une somme de lieux communs formalisés par l’ethnologie coloniale vers la fin du XIXe siècle. C’est au prisme de cette ethnologie que se nourrit une grande partie du discours sur l’Afrique, voire une partie de l’exotisme qui constitue l’un des visages privilégiés du racisme à la française.

Cet amas de préjugés, Lévy Brühl tenta d’en faire un système dans ses considérations sur « la mentalité primitive » ou encore « prélogique ». Dans un ensemble d’essais concernant les « sociétés inférieures » (Les fonctions mentales en 1910 ; puis La mentalité primitive en 1921), il s’acharnera à donner une caution pseudo-scientifique à la distinction entre « l’homme occidental » doué de raison et les peuples et races non-occidentaux enfermés dans le cycle de la répétition et du mythe.

Se présentant – coutume bien rodée – comme « l’ami » des Africains, Leo Frobenius (que dénonce avec virulence le romancier Yambo Ouologuem dans Le devoir de violence) contribua largement à diffuser une partie des ruminations de Lévy Brühl derrière le masque du « vitalisme » africain. Certes, considérait-il que la « culture africaine » n’est pas le simple prélude à la logique et à la rationalité. Toujours est-il qu’il considérait qu’après tout, l’homme noir est un enfant. Comme son contemporain Ludwig Klages (auteur, entre autres, de L’éros cosmogonique, L’homme et la terre, L’esprit comme ennemi de l’âme), il estimait que l’homme occidental avait payé d’une dévitalisation génératrice de comportements impersonnels la démesure dans l’usage de la volonté – le formalisme auquel il doit sa puissance sur la nature.

De son côté, le missionnaire belge Placide Tempels dissertait sur « la philosophie bantoue » dont l’un des principes était, selon lui, la symbiose entre « l’homme africain » et la nature. Aux yeux du bon père, la force vitale constitue l’être de l’homme bantu. Celle-ci se déploie du degré proche de zéro (la mort) jusqu’au niveau ultime de celui qui s’avère un « chef ».

Telles sont d’ailleurs, en plus de Pierre Teilhard de Chardin, les sources principales de la pensée de Senghor qu’Henri Guaino se fait fort de mobiliser dans l’espoir de donner aux propos présidentiels une caution autochtone. Ignore-t-il donc l’inestimable dette que, dans sa formulation du concept de la négritude ou dans la formation de ses notions de culture, de civilisation, voire de métissage, le poète sénégalais doit aux théories les plus racistes, les plus essentialistes et les plus biologisantes de son époque ?

Mais il n’y a pas que l’ethnologie coloniale. Au demeurant, celle-ci se nourrit de nombreux récits de voyage et nourrit à son tour toute une culture populaire dont les films, la publicité, les bandes dessinées, la peinture et la sculpture, la photographie ou les expositions ne sont qu’un aspect. Ici, on s’efforce de créer un objet qui, loin de permettre d’effectuer le travail de reconnaissance de l’Autre, fait plutôt de ce dernier un objet substitutif, de donner libre cours à des fantasmes.

Le conseiller spécial du président français reprend à son compte cette technique aussi bien que l’essentiel des thèses (qu’il prétend par ailleurs réfuter) des idéologues de la différence et des pontifes de l’ontologie africaine. Puis il procède comme si l’idée selon laquelle il existerait une essence nègre, une « âme africaine » dont « l’homme africain » (Muntu) serait la manifestation la plus vivante – comme si cette idée somme toute farfelue n’avait pas fait l’objet d’une critique radicale par les meilleurs des philosophes africains, à commencer par Fabien Éboussi Boulaga dont l’ouvrage, La crise du Muntu, est à cet égard un classique.

Dès lors, comment s’étonner qu’au bout du compte, sa définition du continent et de ses gens soit une définition purement négative ? En effet, « l’homme africain » du président Sarkozy est surtout reconnaissable soit par ce qu’il n’a pas, ce qu’il n’est pas ou ce qu’il n’est jamais parvenu à accomplir (la dialectique du manque et de l’inachèvement), soit par son opposition à « l’homme moderne » (sous-entendu « l’homme blanc ») – opposition qui résulterait de son attachement irrationnel au royaume de l’enfance, au monde de la nuit, aux bonheurs simples et à un âge d’or qui n’a jamais existé.

Pour le reste, l’Afrique des « nouvelles élites françaises » est essentiellement une Afrique rurale, féérique et fantôme, mi-bucolique et mi-cauchemardesque, peuplée de paysans, faite d’une communauté de souffrants qui n’ont rien commun sauf leur commune position à la lisière de l’histoire, prostrés qu’ils sont dans un hors-monde - celui des sorciers et des griots, des êtres fabuleux qui gardent les fontaines, chantent dans les rivières et se cachent dans les arbres, des morts du village et des ancêtres dont on entend les voix, des masques et des forêts pleines de symboles, des poncifs que sont la prétendue « solidarité africaine », « l’esprit communautaire » , « la chaleur » et le respect des aînés.

La politique de l’ignorance

Le discours se déroule donc dans une béatifique volonté d’ignorance de son objet, comme si, au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, l’on n’avait pas assisté à un développement spectaculaire des connaissances sur les mutations, sur la longue durée, du monde africain.

Je ne parle pas de la contribution des chercheurs africains eux-mêmes à la connaissance de leurs sociétés, ni de la critique interne de leurs cultures – critique à laquelle certains d’entre nous ont contribué. Je parle des milliards de son propre trésor que le gouvernement français a commis dans cette grande œuvre et ne m’explique guère comment, au terme d’un tel investissement, on peut encore, aujourd’hui, parler de l’Afrique en des termes aussi peu intelligents.

Que cache cette politique de l’ignorance volontaire et assumée ?

Comment peut-on se présenter à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar au début du XXIe siècle et parler à l’élite intellectuelle africaine comme si l’Afrique n’avait pas de tradition intellectuelle et critique propre et comme si Senghor et Camara Laye étaient les derniers mots de l’intelligence africaine au cours du XXe siècle ?

Par ailleurs, où sont donc passées les connaissances accumulées au cours des cinquante dernières années par l’Institut de Recherche sur le Développement, les laboratoires du Centre National de la Recherche Scientifique, les nombreux appels d’offres thématiques réunissant chercheurs africains et français qui ont tant servi à renouveler notre connaissance du continent – initiatives souvent généreuses auxquelles il m’est d’ailleurs arrivé, plus d’une fois, d’être associé ?

Comment peut-on faire comme si, en France même, Georges Balandier n’avait pas montré, dès les années cinquante, la profonde modernité des sociétés africaines ; comme si Claude Meillassoux, Jean Copans, Emmanuel Terray, Pierre Bonafé et beaucoup d’autres n’en avaient pas démonté les dynamiques internes de production des inégalités ; comme si Catherine Coquery-Vidrovitch, Jean-Suret Canale, Almeida Topor et plusieurs autres n’avaient pas mis en évidence et la cruauté des compagnies concessionnaires, et les ambigüités des politiques économiques coloniales ; comme si Jean-François Bayart et la revue Politique africaine n’avaient pas tordu le cou à l’illusion selon laquelle le sous-développement de l’Afrique s’explique par son « désengagement du monde » ; comme si Jean-Pierre Chrétien et de nombreux géographes n’avaient pas administré la preuve de l’inventivité des techniques agraires sur la longue durée ; comme si Alain Dubresson, Annick Osmont et d’autres n’avaient pas décrit, patiemment, l’incroyable métissage des villes africaines ; comme si Alain Marie et les autres n’avaient pas montré les ressorts de l’individualisme ; comme si Jean-Pierre Warnier n’avait pas décrit la vitalité des mécanismes d’accumulation dans l’Ouest-Cameroun et ainsi de suite.

Déni de responsabilité

Quant à l’antienne sur la colonisation et le refus de la « repentance », voilà qui sort tout droit des spéculations de Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut et autres Daniel Lefeuvre. Mais à qui fera-t-on croire qu’il n’existe pas de responsabilité morale pour des actes perpétrés par un État au long de son histoire ? À qui fera-t-on croire que pour créer un monde humain, il faut évacuer la morale et l’éthique par la fenêtre puisque dans ce monde, il n’existe ni justice des plaintes, ni justice des causes ?

Afin de dédouaner un système inique, la tentation est aujourd’hui de réécrire l’histoire de la France et de son empire en en faisant une histoire de la « pacification », de « la mise en valeur de territoires vacants et sans maîtres », de la « diffusion de l’enseignement », de la « fondation d’une médecine moderne », de la mise en place d’infrastructures routières et ferroviaires. Cet argument repose sur le vieux mensonge selon lequel la colonisation fut une entreprise humanitaire et qu’elle contribua à la modernisation de vieilles sociétés primitives et agonisantes qui, abandonnées à elles-mêmes, auraient peut-être fini par se suicider.

En traitant ainsi de la colonisation, on prétend s’autoriser, comme dans le discours de Dakar, d’une sincérité intime, d’une authenticité de départ afin de mieux trouver des alibis - auxquels on est les seuls à croire – à une entreprise passablement cruelle, abjecte et infâme. L’on prétend que les guerres de conquête, les massacres, les déportations, les razzias, les travaux forcés, la discrimination raciale institutionnelle – tout cela ne fut que « la corruption d’une grande idée » ou, comme l’explique Alexis de Tocqueville, « des nécessités fâcheuses ».

Demander que la France reconnaisse, à la manière du même Tocqueville, que le gouvernement colonial fut un « gouvernement dur, violent, arbitraire et grossier », ou encore lui demander de cesser de soutenir des dictatures corrompues en Afrique, ce n’est ni la dénigrer, ni la haïr. C’est lui demander d’assumer ses responsabilités et de pratiquer ce qu’elle dit être sa vocation universelle.

D’autre part, il faut être cohérent et cesser de tenir à propos de la colonisation des propos à géométrie variable – certains pour la consommation interne et d’autres pour l’exportation. Qui convaincra-t-on en effet de sa bonne foi si, en sous-main des proclamations de sincérité telles que celles de Dakar, l’on cherche à dédouaner le système colonial en cherchant à nommer, à titre posthume comme maréchal, des figures aussi sinistres que Raoul Salan ou en cherchant à construire un mémorial à des tueurs comme Bastien Thiry, Roger Degueldre, Albert Dovecar et autres Claude Piegts ?

Conclusion

La majorité des Africains ne vit ni en France, ni dans les anciennes colonies françaises. Elle ne cherche pas à émigrer dans l’Hexagone. Dans l’exercice quotidien de leur métier, des millions d’Africains ne dépendent d’aucun réseau français d’assistance. Pour leur survie, ils ne doivent strictement rien à la France et la France ne leur doit strictement rien. Et c’est bien ainsi.

Ceci dit, un profond rapport intellectuel et culturel lie certains d’entre nous à ce vieux pays où, d’ailleurs, nous avons été formés en partie. Une forte minorité de citoyens français d’origine africaine, descendants d’esclaves et d’ex-colonisés y vivent, dont le sort est loin de nous être indifférent, tout comme celui des immigrés illégaux qui, malgré le fait d’avoir enfreint la loi, ont néanmoins droit à un traitement humain.

Depuis Fanon, nous savons que c’est tout le passé du monde que nous avons à reprendre ; que nous ne pouvons pas chanter le passé aux dépens de notre présent et de notre avenir ; qu’il n’y a pas de mission nègre comme il n’y a pas de fardeau blanc ; que nous n’avons ni le droit ni le devoir d’exiger réparation de qui que ce soit ; que le nègre n’est pas, pas plus que le blanc ; et que nous sommes notre propre fondement.

Aujourd’hui, y compris parmi les Africains francophones dont la servilité à l’égard de la France est particulièrement accusée et qui sont séduits par les sirènes du nativisme et de la condition victimaire, beaucoup d’esprits savent pertinemment que le sort du continent, ou encore son avenir, ne dépend pas de la France. Après un demi-siècle de décolonisation formelle, les jeunes générations ont appris que de la France, tout comme des autres puissances mondiales, il ne faut pas attendre grand-chose. Personne ne sauvera les Africains malgré eux.

Elles savent aussi que jugées à l’aune de l’émancipation africaine, certaines de ces puissances sont plus nuisibles que d’autres. Et que compte tenu de notre vulnérabilité passée et actuelle, le moins que nous puissions faire est de limiter ce pouvoir de nuisance. Une telle attitude n’a rien à voir avec la haine de qui que ce soit. Au contraire, elle est le préalable à une politique de l’égalité sans laquelle il ne saurait y avoir un monde commun.

Si donc la France veut jouer un rôle positif dans l’avènement de ce monde commun, il faut qu’elle renonce à ses préjugés. Il faut que ses nouvelles élites opèrent le travail intellectuel nécessaire à cet effet. On ne peut pas parler à l’ami sans s’adresser à lui. Etre capable d’amitié, c’est, comme le soulignait Jacques Derrida, savoir honorer en son ami l’ennemi qu’il peut être. Cela est un signe de liberté.

Pour l’heure, le prisme à partir duquel elles regardent l’Afrique, la jugent ou lui administrent des leçons n’est pas seulement obsolète. Il ne fait aucune place à des rapports d’amitié qui seraient coextensifs à des rapports de justice et de respect. Tant que cet aggiornamento n’est pas réalisé, ses clients et affidés locaux continueront de l’utiliser pour de tristes fins. Mais personne, ici, ne la prendra vraiment au sérieux et, encore moins, l’écoutera.

Achille Mbembe

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3 août 2007 5 03 /08 /août /2007 23:53

« Un élu qui n’a pas froid aux yeux »

 

 

« Mardi 10 Juillet, 21H30, le TGV Bordeaux-Lille s’approche de la gare TGV de Haute Picardie près d’Amiens. A son bord, une délégation de la Communauté Urbaine de Lille de retour du festival des « Jardins de Chaumont » sur Loire, conduite par Monsieur Slimane TIR, Vice-Président.

Dans le bar du TGV, un individu particulièrement excité exige d’être servi par l’employée qui refuse. La situation dérape en quelques secondes….

L’individu lève le ton, se met à crier et arrose copieusement la barmaid d’ une bordée d’ injures. Soudain, il lui assène un crochet du gauche en plein visage et tente de passer derrière le bar pour continuer de la battre ;

Monsieur TIR, présent dans le wagon-bar TGV intervient prestement, ceinture l’individu surexcité, l’éloigne et le neutralise.

Le TGV est stoppé plus d’une demi-heure, dans l’attente de la gendarmerie qui embarquera l’agresseur. »

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3 août 2007 5 03 /08 /août /2007 22:15

 Petit extrait du discours de l' Omniprésident à Dakar qui se passe de commentaires :
"...
le drame de l'Afrique, c'est  que l'homme africain
n'est pas assez entré dans l'histoire. Le paysan africain [.] dont 
l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que
l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin
des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout
recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine ni
pour l'idée de progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, [
il ] reste immobile au milieu d'un ordre immuable où tout semble être
écrit d'avance. Jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne
lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un 
destin..
."

Discours qui a suscité de très vives réactions au Sénégal. Paroles prononcées juste en face de l'île de GOREE, au large de Dakar. J' y ai pris quelques images en 2005, dans la maison des Esclaves, lieu tristement célèbre dans toute l' Afrique de l' Ouest pour son rôle dans la traite négrière, devenu musée en 1990.
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17 avril 2007 2 17 /04 /avril /2007 11:14

grigri.JPGJ'ai eu le grand plaisir  de recevoir un  cadeau insolite ce vendredi 13 : M Serigne DIOP,  président de la CRAO m'a offert lors du lancement de la quinzaine sénégalaise à Roubaix  un gri-gri mouride pour mes 51 ans, en tant qu' ami du "Sénégal et des Sénégalais".

Sympathique attention.Gageons  qu' avec le "gri-gri" laotien du lendemain reçu à l' occasion de l 'année du Cochon , j'ai fait le plein. 

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